François Vidal (1779-1865). Maire de Pugny de 1813 à 1840

François Vidal est né le 26 juin 1779 à Pugny, issu de l’union de Louis Vidal, maréchal à Pugny, et de Jeanne Renaudin, mariés à Pugny en 1773. Son grand-père Claude Renaudin était lui-même maréchal à Chanteloup.

Acte de baptême de François Vidal en 1779

Malgré son jeune âge, François Vidal prit probablement part aux combats des guerres de Vendée, puisque son père fut arrêté lors d’une rafle républicaine fin 1793. Emprisonné au donjon de Niort dans des conditions sanitaires épouvantables, il y est mort à 58 ans le 18 février 1794 (30 pluviôse an II).

Acte de décès de Louis Vidal en 1794 AD79 Niort Décès 1793-1794 Page 96/133

Le 18 janvier 1803, François Vidal, devenu également maréchal, s’est marié à Pugny à Marie Louise Blais, de la paroisse de Vernoux. Ils eurent ensemble 12 enfants et une très nombreuses descendance.

François Vidal a été maire de Pugny de 1813 à 1840 avec une brève interruption en 1815 et en 1826. Durant ce très long mandat, il a connu 5 régimes politiques et deux insurrections dans le bocage en 1815 et 1830.

Nous avons pu retrouver 2 anecdotes qui évoquent François Vidal dans ses fonctions de maire de Pugny dans les volumes 2 et 3 de l’histoire des Deux Sèvres de Jules Richard, écrits en 1848 et 1864. Cette histoire locale qui va de 1790 à 1830, mentionne peu de maires de petites communes. Mais François Vidal devait être bien connu pour son fort caractère…

Il a tout d’abord été destitué début 1815 par le préfet des Deux Sèvres pour avoir voulu mettre en application une promesse princière. En mars 1814, Napoléon 1er, suite à ses nombreuses défaites depuis la retraite de Russie, a abdiqué. Il a été remplacé par Louis XVIII, frère de Louis XVI, qui est revenu au pouvoir après plus de 20 ans d’exil. Les royalistes , dont le comte d’Artois, frère de Louis XVIII et futur Charles X, ont été tellement surpris de ce renversement de situation qu’ils ont promis n’importe quoi au peuple pour se faire bien voir, dont la suppression de plusieurs impôts. Suite à cette promesse, François Vidal a refusé le prélèvement des impôts à Pugny pour 1815, d’où sa sanction.

Volume 2 de l’”Histoire des Deux Sèvres” de Jules Richard, 1848 Page 275

Mais en mars 1815, Napoléon est revenu brièvement au pouvoir pendant les 100 jours, qui se sont terminés dans un bain de sang lors du désastre de Waterloo le 18 juin. Le bocage vendéen s’était alors  soulevé pour le roi. Comme François Vidal a probablement participé activement à cette révolte,  il a été réintégré comme maire fin 1815 après le retour de Louis XVIII et un changement de préfet…

Une seconde anecdote remonte à 1822 et nécessite quelques explications : en février 1822, le général bonapartiste Berton a essayé de soulever la garnison de Thouars et de Saumur contre le roi Louis XVIII. Ce soulèvement a vite tourné à l’échec : Berton a disparu  et les troupes révoltées se sont dispersées dans la nature. Pour retrouver Berton, le commandant de la gendarmerie des Deux Sèvres a eu l’idée de déguiser en civils des gendarmes  pour faire de l’espionnage. François Vidal a découvert  sur le territoire de la commune de Pugny  trois de ces espions qu’il a pris pour des fuyards de la révolte. Il a rassemblé une troupe d’hommes du bourg pour les arrêter et les a fait mettre en prison, même si les gendarmes ont vivement protesté de leur arrestation…

Volume 3 de l’histoire des Deux Sèvres de Jules Richard 1864, pages 195 et 196

Cette aventure de gendarmes pris à leur propre piège a bien amusé le sous préfet de Parthenay de l’époque. Berton a été arrêté quelques temps plus tard et guillotiné à Poitiers fin 1822.

On peut imaginer sans se tromper que cette histoire de gendarmes capturés par François Vidal  et les hommes de Pugny a du faire rire pendant longtemps lors des longues veillées d’hiver…

En 1830, Le roi Charles X a été renversé et remplacé par Louis Philippe. De 1830 à 1833, cela a provoqué des troubles royalistes en Vendée et dans le bocage poitevin. Un des chefs de ces chouans était le « général » Diot de Boismé, dont on sait qu’il s’est caché dans les bois de Pugny.

Là encore François Vidal a du avoir bien des soucis, car toute la région était en état de siège, des soldats campaient à La Chapelle Saint Laurent et à Moncoutant et patrouillaient dans la campagne. Toutes les armes des habitants de Pugny avaient été confisquées…

Une fois la paix revenue, François Vidal a pu s’occuper d’affaires plus constructives. On retrouve sa signature sur un acte de 1836 qui établit le bail d’une maison dans le bourg de Pugny pour loger l’instituteur de la première école publique. En 1840, il quitta ses fonctions de maire qu’il avait exercé 27 ans.

Son fils Augustin fut à son tour maire de Pugny pendant 17 ans de 1848 à 1865. François Vidal y est décédé le 30 décembre 1865 à l’âge de 86 ans.

Une bonne partie de sa nombreuse descendance habite toujours dans le bocage.

J-P Poignant

François Vidal, Maire de Pugny de 1813 à 1840