230 ème anniversaire de la révolte de 1792 : 4ème journée le mercredi 22 août 1792

Nous retrouvons notre colonne d’insurgés qui a dormi à Cerizay et reprend la route dès l’aube en passant par Combrand et la Petite Boissière.

La colonne arrive à Châtillon sur Sèvre avant 8 heures. Elle se met à piller les locaux du district puis se tourne vers les maisons de Jean Baptiste Poupard, Président du département des Deux Sèvres, et Philippe Mounier, aussi élu départemental. A noter que pendant le pillage  les femmes des deux notables sont présentes et qu’il ne leur est fait aucun mal[1]. La troupe dévalise aussi un armurier de tout son stock.

Vers 11 heures, la colonne d’insurgés part en direction de Rorthais où la maison du curé constitutionnel est pillée. C’est alors qu’arrive à Châtillon un détachement de gendarmes et de gardes nationaux de Cholet sous le commandement du Lieutenant Boisard. Ils foncent sur l’arrière garde des révoltés et tirent au canon. Puis Boisard organise une escouade de cavalerie qui sabre les trainards jusqu’à  Rorthais puis fait demi-tour. Un gendarme de Cholet, Jugé, est tué et 4 autres blessés[2]. Chez les insurgés, le bilan est de 22 morts.[3]   

Cette journée du 22 août marque une forte extension de la révolte à toutes les paroisses du nord ouest des Deux Sèvres et quelques paroisses du sud du Maine et Loire. De nombreux groupes de paysans révoltés arpentent tout le bressuirais. Aux Aubiers, Savary de Calais, seigneur de Puy Louet, et un des frères Richeteau de la Coindrie, fils du seigneur de la Coudre, prennent le commandement d’un groupe de paysans et viennent se joindre à la colonne de Baudry d’Asson qui avance vers Bressuire.

Le matin, la ville a reçu en renfort 90 gardes nationaux d’Airvault. Au milieu de l’après-midi, un détachement de gendarmes et de gardes nationaux part en direction de Châtillon par la porte du Péré. A peine sont-ils sortis que l’avant-garde des révoltés leur tombe dessus et commence un combat qui va durer 2 heures. Les bressuirais sont obligés de faire demi-tour et comptent 3 tués. Le bilan est beaucoup plus lourd pour les insurgés.[4]  

Au soir de la journée, de nouveaux renforts arrivent à Bressuire  venant de Parthenay et de Thouars. Ces derniers, sur leur chemin, ont tué 4 ennemis qui se sauvaient.

Ce 22 août est une date tragique. En une demi-journée la révolte a basculé dans l’hyper violence et a connu des dizaines de victimes. On a passé le stade de la guerre civile.

Quand le soleil se couche, Bressuire est encerclée par les insurgés.

A bientôt pour la suite…

J-Philippe Poignant


[1] Xavier Maudet, Les guerres de Vendée à Châtillon sur Sèvre, tome 2, 2019, page 55.

[2] Lettre du lieutenant Boisard aux administrateurs du département de Maine et Loire.

Archives Nationales F7 3682/1-11 diffusées par AD 85 en ligne.

[3] Bilan compris dans les actes d’accusation des procès des révoltés au tribunal criminel de Niort. AD79 L2 supplément U6

[4] Lettre de la municipalité de Bressuire au département des Deux Sèvres, le 22 août à 7 heures du soir. AN F7 3690 1-7 diffusés par AD 85 en ligne.

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