230ème anniversaire de la révolte de 1792 : 3ème journée le mardi 21 août 1792

Alors que le soleil se lève, les deux grands groupes d’insurgés formés la veille vont se rejoindre à Moncoutant.

Ceux de La Ronde et de Saint Marsault ont à leur tête Baudry d’Asson, qui va s’avérer être le véritable commandant de cette première partie de révolte.   

Ceux de Pugny arrivent ensuite, probablement menés par des domestiques du château. On peut penser que d’autres groupes plus petits d’autres paroisses se joignent à la troupe.

A Moncoutant, la maison Puichaud est à nouveau pillée mais certains témoignages évoquent le saccage de celle d’un des deux fils de Puichaud du Vivier.

Ensuite Baudry d’Asson décide d’aller à Chatillon sur Sèvre (devenu Mauléon), chef-lieu du district, pour s’emparer et détruire tous les documents qui permettraient de faire le recrutement de soldats pour aller aux frontières. Il semble que certains habitants du bourg de Moncoutant, dont Philippe Cacault, notaire et beau-frère de Pierre Puichaud du Vivier sont contraints de suivre les insurgés.  

On peut imaginer une colonne de plusieurs milliers d’hommes, essentiellement composée de paysans, se dirigeant vers la Forêt sur Sèvre en traversant les villages protestants de Puy Mary et de la Guierche. La route droite d’aujourd’hui n’existe pas encore.

Arrivée au bourg de Saint Jouin de Milly, Baudry d’Asson entraine sa troupe vers le village de la Falourdière où elle pille la maison de Jean Combaud, marchand protestant acheteur de bien nationaux, et de sa sœur Marie, veuve Gallot.

Baudry d’Asson est vu à cette occasion avec un sac de papiers. Il est probable qu’il ait été endetté auprès de la veuve Gallot, qui administrait une partie de son domaine(1).

Les insurgés se dirigent ensuite vers la Forêt sur Sèvre où ils pillent et incendient la maison de Jacques Bujault, avocat et administrateur du district de Châtillon. Lors de l’arrivée des révoltés,  le fils Bujault âgé de 21 ans essaie de s’interposer avec sa mère, mais sans résultat.

C’est à cette occasion qu’Adrien Delouche, ancien maire de Bressuire qui s’est fortement opposé aux dérives révolutionnaires et qui a été chassé de Bressuire par une émeute, est reconnu par le fils Bujault parmi les insurgés.

C’est à partir de son témoignage que Delouche sera présenté comme un des chefs de la révolte et ensuite condamné à mort. Selon sa défense il était là presque par hasard. Aucun témoignage d’un autre accusé ne l’implique dans les événements.

Après la Forêt sur Sèvre, le plus gros de la troupe se dirige vers Cerizay en passant par Montigny. Là encore, la route droite d’aujourd’hui n’existe pas.

Arrivés à destination vers 20 heures, les insurgés pillent la maison du curé constitutionnel puis celle de Basty-Lafoy, notable républicain. Les gars de Pugny s’illustrent ensuite en molestant l’aubergiste Chevalier et en lui vidant ses barriques sans le payer(2).

Il semble qu’à La Forêt, une partie de la colonne a bifurqué à destination de Bressuire en passant par Courlay. Elle essaie de s’introduire dans la ville vers 23 heures. Mais les remparts et les portes fermées l’en empêchent.

A Cerizay, fatigués par cette longue journée, les révoltés s’endorment sous les Halles et dans les rues du bourg.

Nous sommes au troisième soir et donc à la moitié de la révolte. Un premier bilan s’impose. Il y a au plus une dizaine de maisons de notables pillées et pour certaines incendiées. Beaucoup ont été menacés, certains ont pris des coups et ont été blessés.

Mais il n’y a pas eu de victimes. Pas encore…

A bientôt pour la suite…

J-Philippe Poignant

(1) et (2) : informations communiquées par M. Michel Chatry que je remercie chaleureusement.

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