230 ème anniversaire de la révolte de 1792 : 1ère journée le dimanche 19 août 1792.

Il y a 230 ans, le 19 août, débutait à Moncoutant une révolte qui allait marquer le début des guerres de Vendée et entrainer la destruction du château de Pugny. Voici en quelques lignes la description de cette première journée de révolte.

Le 20 avril 1792, la France a déclaré la guerre à l’Autriche, alliée à la Prusse. Début juillet les armées françaises ont été battues aux frontières et le 11 juillet, l’assemblée nationale a déclaré la patrie en danger. Une loi du 22 juillet prévoit le recrutement de volontaires dans chaque canton, et à défaut un tirage au sort sur les hommes célibataires de plus de 18 ans. Cette loi est perçue par beaucoup de jeunes paysans comme le rétablissement de la milice, un système de recrutement de soldats détesté que la révolution avait aboli début 1791.

Ce tirage au sort doit avoir lieu le dimanche 19 août à Moncoutant pour les hommes de la commune, ainsi que pour Saint Paul en Gâtine, La Chapelle Seguin (l’Absie), Les Moutiers sous Chantemerle, La Chapelle Saint Etienne et Le Breuil Bernard.

Depuis de nombreux mois, les esprits sont échauffés par la réforme religieuse de la constitution civile du clergé. Les prêtres doivent prêter serment aux autorités révolutionnaires et certains s’y refusent soutenus par leur évêque et par le pape. Une répression forte s’est mise en place depuis le printemps contre les prêtres réfractaires. Cependant, sur le canton de Moncoutant, il n’y en a pas. Le plus proche est à Pugny, à 5 kilométres.

Le 10 août , Paris a connu une insurrection qui a provoqué le renversement du roi Louis XVI. Cette nouvelle est connue à Moncoutant vers le 15 août et alourdit encore le climat ambiant.

Ce dimanche 19 août, à Moncoutant, le temps est chaud et orageux. Comme les autorités révolutionnaires craignent des troubles, un détachement de gendarmes de Bressuire est là pour maintenir l’ordre.

Avant que les opérations de recrutement commencent, ce sont au moins 300 à 400 hommes qui sont présents sur la place de l’église.

Une partie d’entre eux est dans une auberge toute proche. Les autorités diront que les jeunes hommes y ont été poussés à se révolter par Adrien Delouche, ancien maire de Bressuire, hostile aux autorités révolutionnaires. Il s’agit certainement d’une légende, mais le tavernier doit cependant faire de bonnes affaires. Si un meneur s’est révélé, il est probable que ce soit François Armand de Hanne de la Saumorière, un jeune noble de 24 ans qui habite près du bourg à Moncoutant. Il doit lui aussi tirer au sort.

Au moment de débuter les opérations de recrutement, une masse de jeunes entoure soudainement les gendarmes et les désarme avant qu’ils n’aient eu le temps de réagir.

Puis la foule se précipite vers la maison de Pierre Puichaud du Vivier, un commerçant aisé élu au conseil départemental, chez qui les opérations de recrutement doivent se tenir.

Puichaud n’est pas dans sa maison, qui est saccagée. Les papiers, les registres et les listes qui doivent servir au recrutement sont brulés. Jacques Richou, un médecin chirurgien bien connu essaie de s’opposer au pillage. Selon les sources, il est gravement blessé ou alors épargné par les révoltés du fait de son grand âge.

Sans doute surpris de leur audace et de leur réussite, que peuvent faire désormais les révoltés? Quand les autorités auront été prévenues, elles vont sans doute envoyer des gardes nationaux ou des gendarmes qui useront certainement de leurs armes pour ramener l’ordre.

Il semble que les insurgés partent alors de Moncoutant et se dirigent vers un château qui pourraient abriter des armes. Peut-être ont-ils sonné le tocsin avant de quitter le bourg …

A bientôt pour la suite.

J-Philippe Poignant

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