La verrerie royale de la Chapelle Seguin.

La Chapelle Seguin est un petit village de la commune de l’Absie. Autrefois c’était une paroisse et l’Absie n’était qu’un village construit autour d’une abbaye. Mais en 1836, l’Absie est devenu le chef-lieu communal et la Chapelle-Seguin a sombré dans l’oubli.

Et pourtant, il aurait pu en être autrement. En effet, quelques années avant la révolution, la Chapelle Seguin a connu une notoriété régionale grâce à l’installation dans son bourg d’une verrerie qui a employé jusqu’à 40 ouvriers. Pour lancer la production, des verriers allemands, lorrains, parisiens ou sarthois s’y sont installés. Il s’y est produit une suite d’événements qui auraient dû rester dans les mémoires, si la révolution et la guerre civile vendéenne n’avaient pas bouleversé toute la région.

C’est cette histoire que nous allons vous raconter.

L’annonce de l’installation

Le périodique les « Affiches du Poitou » du 20 mai 1779 comprend l’article suivant issu d’un courrier dont l’auteur est « des environs de l’abbaye de l’Absie ».L’orthographe originale a été conservée.

Vous pouvez annoncer, M., une manufacture intéressante qui va s’établir dans le bourg de La Chapelle-Seguin, près d’ici. On s’occupe déjà des bâtimens nécessaires. C’est une verrerie. On y fera du verre à vitres & des bouteilles.”

Le particulier qui fait cette entreprise a choisi ce local apparemment, à cause du voisinage des bois de l’Absie, de la forêt de Vouvant, & d’une mine de charbon de terre découverte récemment auprès de ce dernier endroit. C’est aussi sur la route directe de Saumur à la Rochelle, à peu près à moitié chemin de l’une & de l’autre. Les villes de Niort, Fontenay, Partenay, sont aussi peu loin de là. Ces villes consommeront de ces verres & bouteilles. Sans doute que l’entrepreneur a trouvé à sa portée les terres convenables.”

Il a déjà des marchés faits pour le transport des matières & des ouvrages. Tout le monde fait des vœux pour qu’il réussisse. Ce sera une branche de travail & de commerce nouvele pour cette contrée. Il seroit bien juste de l’encourager.

Entête du n°20 des affiches du Poitou.

Qui est à l’initiative de cette verrerie ?

L’entrepreneur est un « gentilhomme verrier », Bertrand de Chazelle (1730-1804), écuyer, seigneur de la Faurie (Dordogne). Issu d’une famille noble du Périgord, un de ses ancêtres a été reconnu dès 1572 comme maître verrier. En 1749, son père, Daniel de Chazelle, a déjà essayé d’installer une verrerie à Béruges (Vienne). Mais elle n’a fonctionné que quelques années.

Bertrand de Chazelles s’est marié en 1770 à Thorigné (79) à Marie-Anne Frapin. Il était alors installé à Celles sur Belle où le couple a eu 5 enfants.

Signatures de Bertrand de Chazelle et de sa femme sur
leur acte de mariage à Thorigné en 1770.

Pour créer son affaire, Bertrand de Chazelle dispose de soutiens prestigieux :

  • le comte d’Artois, frère du roi Louis XVI et futur Charles X ;
  • l’intendant du Poitou La Bourdonnaye de Blossac, le préfet de région de l’époque (il s’agit ici du père, intendant du Poitou de 1751 à 1782 ; son fils lui succédera de 1782 à 1784).

Dans les années 1770, le verre des vitres et des bouteilles utilisé dans l’ouest de la France est importé d’Allemagne. Le projet a donc aussi un objectif politique. Malgré ses soutiens, l’activité nécessite une autorisation royale. Il faudra donc attendre un arrêt du conseil de Louis XVI du 17 septembre 1780 pour que le projet puisse voir le jour.

Matières premières et financement

Pour produire du verre, il faut du sable et du charbon pour alimenter les fours et porter la température jusqu’à 1500 degrés. Pour 1 tonne de verre, il faut 700kg de sable. :

Le sable est issu d’un point extraction local dans la vallée de la Sèvre Nantaise et il s’avère d’excellente qualité. Il existe plusieurs lieux traditionnels de prélèvements possibles aux alentours. Est-ce dans le champ en contre bas de la verrerie ? Ou alors dans une parcelle nommée « la sable » à 500 mètres de la verrerie? Est-ce dans la sablière plus importante de Moutiers/Moncoutant à l’emplacement actuel de Pescalis ?

Le combustible est du charbon de bois. On trouve à cette époque de nombreux charbonniers qui s’activent dans la forêt de l’abbaye de l’Absie et les autres bois des environs. Même si l’article des « Affiches du Poitou » évoque la découverte de « charbon de terre » à Faymoreau (Vendée), cette ressource ne sera exploitée qu’en 1827.

Il faut additionner au sable du silicate de soude obtenu par le lessivage de cendres de bois ou de fougères.

Extrait des affiches du Poitou du 30 novembre 1780 qui décrit la qualité de la matière première locale pour la fabrication de verre blanc.

Pour démarrer l’activité et se faire une clientèle, Bertrand de Chazelle lance une souscription de 4000 livres tournois remboursables en bouteilles à destination des notables locaux. Cela nous permet de savoir que la centaine de bouteilles était livrée moyennant la somme de 22 livres et 4 sols soit l’équivalent aujourd’hui de 3.50€ l’unité.

Chronologie de l’activité de la verrerie

Les registres paroissiaux de la Chapelle Seguin, tenus à cette période par l’abbé Burnet Merlin, permettent de mieux connaitre la famille de Chazelle et le personnel de la verrerie. En croisant les registres paroissiaux avec d’autres documents, on arrive à en reconstituer la vie entre 1781 et 1787.

Le 13 juillet 1781, est baptisée Marie Constantine de Chazelle, née de la veille. Il s’agit du 6ème enfant du couple. La marraine est Constantine Biraud, fille de Jacques Biraud alors notaire royal à l’Absie. La famille de Chazelle est donc désormais installée à la Chapelle Seguin. Il semble qu’elle s’est déjà mêlée aux familles de notables locaux. On peut supposer que la verrerie est en cours de construction et a peut-être déjà lancée sa production.

Le 28 octobre 1781 a lieu la sépulture de « Vénérable homme Jean Baptiste Ruppel, environ 60 ans, allemand de nation, ancien souffleur et fournier à la verrerie royale nouvellement établie en notre paroisse, époux en son vivant de dame Barbe Blaskowitz. Assistent à la sépulture Mrs Joseph Ruppel son fils, François Andrés, Pierre Gabriel Barrière, ouvriers en verre à vitre et bouteilles, La Pointe et autres souffleurs en bouteille… »

M. de Chazelle s’est donc assuré les services de verriers qualifiés allemands pour lancer sa production. C’est en fait toute une colonie de « travailleurs immigrés » qui s’est installée à la Chapelle Seguin. La famille Ruppel avait déjà beaucoup voyagé puisqu’on la retrouve en Belgique près de Bruxelles en 1770.

Le 26 juin 1782 a lieu la sépulture de « Pierre Lapointe, lorrain de nation, garçon verrier de 48 ans ». En marge, le curé a noté que le défunt a été tué d’un coup de barre de fer par le nommé Barrière, parisien … Cela confirme l’origine lointaine de la main d’œuvre, et une ambiance au travail particulière… A peine la verrerie est-elle installée qu’elle est le lieu d’un meurtre. On imagine ce que la population locale a dû en penser…

Acte de sépulture de Pierre Lapointe le 26 juin 1782. A gauche la mention des circonstances du décès (Tué d’un coup de barre de fer par le noommé Barrière parisien). On y voit également les signatures de Frantz Andreß et de Joseph Ruppel.

Le 6 mars 1783, a lieu le baptême de « Marianne Andritz, fille de Maître François Andritz, ouvrier en verre, vitres et bouteilles travaillant à la verrerie royale. La marraine est l’illustre dame Marie-Anne Frapin, épouse de messire Bertrand de Chazelle.» Le père de l’enfant est en fait l’homme dénommé précédemment François Andrés. Il signe Frantz Andreß et est lui aussi allemand, né en 1748 à Illingen dans la Sarre. Le curé semble avoir du mal avec l’accent germanique …

A cette période, on peut penser que la production de la verrerie est vraiment lancée. Cela n’empêche pas Bertrand de Chazelle de toujours rechercher des fonds car il semble que les investisseurs ne se sont pas bousculés pour s’associer au lancement de son entreprise.

Le 5 juin 1783, il s’adresse au contrôleur des finances du royaume, équivalent actuel du ministre des finances pour obtenir une subvention de 15 000 livres tournois (l’équivalent actuel de 250 000€). Il est appuyé par une pétition signée par toute la noblesse locale (de Lescure, Grignon, de la Rochebrochard, de la Fenêtre, d’Etrie…)

Le 4 septembre 1783 a lieu la sépulture de « Jacques Hocqmillaire, allemand, ouvrier en verre à vitre, âgé de 34 ans ». Sont présents son frère Jean-François Hocquemiller, Frantz Andreß, Joseph Soudé, François (Frantz) Matis, Quentin Rousseau, tous ouvriers à la verrerie.

Cet acte nous apporte de nombreuses informations sur le personnel de la verrerie et nos recherches sur le site Généanet nous ont permis de découvrir les éléments suivants :

  • Il existe une famille Hocquemiller, souffleurs de verre, dont certains sont nés à Illingen. Les deux frères Hocquemiller sont donc probablement cousins de Frantz Andreß. La famille résidait à Villers-Cotterêts (Aisne) en 1780.
  • Frantz Matis est né le 14 décembre 1751 à Dannelbourg (Moselle) d’une famille de verriers. Frantz Andreß était son témoin de mariage en 1779 à Villers-Cotterêts (Aisne).
  • Il semble qu’en 1780 la verrerie de Villers-Cotterêts a arrêté son activité ce qui explique la présence simultanée des familles Hocquemiller, Matis et Andreß qui se connaissent depuis longtemps.
  • Joseph Soudé est né en 1757 à Coudrecieux dans la Sarthe, lui aussi dans une famille de verriers. Ce village à 20 km du Mans abrite alors une verrerie depuis 1732.

Ces verriers ont-ils été recrutés seulement pour apporter leur expertise lors du lancement de l’activité ? Sont-ils restés jusqu’à la fin ? Cet acte est le dernier qui les mentionne à La Chapelle Seguin.

Nous avons découvrir que Frantz Matis est décédé en 1815 dans la Nièvre. On retrouve la famille Hocquemiller à Anor (Nord) après la révolution. Joseph Soudé est retourné à Coudrecieux où il est décédé en 1817.

Le 19 décembre 1783, comme la subvention royale tant désirée se fait toujours attendre, c’est l’intendant du Poitou La Bourdonnaye de Blossac(le fils) qui intervient à nouveau auprès du roi.

Puis le 27 juin 1784, l’évêque de Saint Omer, Alexandre de Bruyère, ancien abbé de l’Abbaye de l’Absie, s’adresse à Calonne, alors principal ministre de Louis XVI. Là encore est jointe une pétition de vitriers de Niort, Poitiers et Fontenay le Comte. On y apprend que les verres sont « très beaux, imitant ceux de l’Alsace », que les pétitionnaires « ont la satisfaction de tirer de cette verrerie des carreaux de toute grandeur », que « cet établissement est avantageux pour le Poitou, qu’il dispense d’acheter ces carreaux à très gros frais de pays étrangers ».

Mais l’argent n’arrive pas.

Le 23 janvier 1785, le nouvel intendant du Poitou Boula de Nanteuil relance la demande. On apprend grâce à lui que la verrerie connait des déboires : l’écroulement du premier four, les difficultés avec les matériaux de proximité, la rigueur des hivers qui déteriore les chemins.Les tombereaux de charbon de bois semblent avoir bien du mal à arriver.

Malgré cela, il soutient activement la demande de la manufacture qui « est la seule de cette espèce qu’il y ait en Poitou… et qui occupe environ 40 personnes… ».

Les intendants du Poitou La Bourdonnaye de Blossac (père) et Boula de Nanteuil, qui ont encouragé et soutenu l’installation de la verrerie auprès du conseil royal.(photos Wikipédia et Maraichine normande)

Le 5 mai 1785 a lieu le baptême de « Marie Anne, fille de Jean Seigneur et de dame Marianne Paillard. La marraine est dame Marianne Frapin épouse de messire Bertrand de Chazelle, propriétaire de la verrerie royale”. Le parrain est Hilarion Burnet Merlin, bourgeois, le frère du curé. Les parents sont originaires de la Brie, près de Provins et résident à la verrerie. Leur acte de mariage de 1777 à Voulton mentionne qu’ils sont issus de familles de paysans aisés.

Le 6 mai 1785, un incendie détruit « tous les bâtiments, les ustensiles et plusieurs centaines de bouteilles ». Dans un nouveau courrier à Paris le 9 juin 1785, l’intendant Boula de Nanteuil mentionne que « la sécheresse de la saison et la rareté de l’eau ont empêché M. de Chazelle d’arrêter les progrès du désastre ». Quelques semaines après, arrive de Paris la réponse suivante : « décision du 21 juin, rien à faire ».

Pourtant il semble bien que la production reprend à la verrerie au bout de quelques mois. De nouveaux actes paroissiaux mentionnent son existence.

Le 12 juillet 1786 a été baptisée en danger de mort par la sage-femme à la verrerie, Jeanne Françoise Petronille Seigneur, fille de Jean Seigneur, bourgeois, et de dame Marianne Paillard”. Ces nouvelles précisions laissent à penser que Jean Seigneur seconde Bertrand de Chazelle dans la direction de la verrerie. Le parrain est François Lagoutte, menuisier, originaire de la Vienne, installé à la Chapelle Seguin depuis au moins 1768, année de son mariage. La marraine est Marie Jeanne Fourestier, une jeune servante d’une famille de la Chapelle Seguin alors âgée de 13 ans.

La famille Seigneur quittera plus tard la Chapelle Seguin et retournera dans sa région d’origine. On retrouve Jean Seigneur à Provins dans les années 1790. Il y mourra en 1825.

Le 15 février 1787, a eu lieu la « sépulture d’Antoine Chevet dit Secondin, bucheron d’environ 73 ans décédé d’hier à la verrerie royale ». Sont présents aux obsèques ses fils Claude et Léonard. En fait Antoine Chevet était probablement né en 1717 à Saint Secondin, dans le sud de la Vienne, d’où son surnom. Cela nous prouve que ceux qui s’occupaient de l’approvisionnement en charbon de bois à la verrerie étaient eux aussi issus d’autres régions.

Le 22 mars 1787 : a eu lieu la sépulture de Jacques Roy, « garçon décédé d’hier à la verrerie royale y travaillant en qualité de manœuvre âgé d’environ 32 ans ». Jacques Roy était originaire par son père de Vernoux en Gâtine et de Pougne par sa mère. Cet acte mentionne donc pour la première fois un employé de la verrerie vraiment gâtinais.

Le 4 mai 1787 a eu lieu la sépulture de « dame Marie Anne Frapin, épouse de messire Bertrand de Chazelle ». Elle avait 45 ans. A noter qu’ont signé l’acte de sépulture son mari, son fils Jean-Baptiste Bertrand, ses cousins Guillaume de Vard, d’Angoulême et François du Coudray. Pour marquer l’importance de la défunte, ce sont trois prêtres qui ont officié ce jour-là, l’abbé Burnet Merlin étant appuyé par le curé de la Chapelle Saint Etienne et par le chapelain de l’abbaye de l’Absie.

La verrerie a été dévastée par un second incendie durant l’année 1787, sans que nous ayons plus de précision sur la date. Cette fois, l’activité ne s’en est pas remise et la production s’est définitivement arrêtée. Cette nouvelle catastrophe a englouti ce qui restait de la fortune de Bertrand de Chazelle. Le malheureux a ainsi perdu en quelques mois sa femme et l’entreprise qu’il s’était donné tant de mal à créer et à faire vivre.

Le 29 janvier 1788, on retrouve encore une mention de la verrerie dans un acte paroissial. Il s’agit du mariage de Claude Chevet, fils d’Antoine Chevet évoqué précédemment, et de Renée Maury, fille d’un paysan de Largeasse. Le fils de Chazelle est signataire de l’acte. Claude Chevet est mentionné comme « cy-devant fondeur à la verrerie royale établie dans cette paroisse ». Le curé Burnet-Merlin parle de la profession du marié au passé. Il s’agit du dernier acte où il mentionne la verrerie et où la famille de Chazelle apparait.

Extrait de l’acte de mariage de Claude Chevet le 29 janvier 1788 qui mentionne pour la dernière fois la verrerie dans les registres paroissiaux de La Chapelle Seguin.

La fin de vie de Bertrand de Chazelle

On retrouve Bertrand de Chazelle le 14 juin 1788, à Cours, près de Champdeniers. Il s’y est remarié avec Marie-Françoise d’Ellenne de Monbail, née en 1734 à Clessé. Ce remariage peut sembler rapide, mais c’était une pratique courante à l’époque. L’acte mentionne que Bertrand de Chazelle réside encore à l’époque à la Chapelle Seguin. C’est la dernière trace qui le relie à la verrerie.

Nous n’avons rien pu découvrir sur ce qu’il est devenu pendant la révolution. La généalogie familiale a seulement pu nous informer que son fils ainé, Jean Baptiste Bertrand, a été tué pendant les guerres de Vendée, sans que l’on en sache plus sur les circonstances.

En septembre 1802, lors du mariage de son seul fils survivant, François, à Celles sur Belle on retrouve à nouveau la trace de « Bertrand Chazelle ». Effet de la révolution, il ne porte plus la particule de son nom. Il est mentionné qu’il demeure à Beauvoir sur Niort où il est instituteur. Alors âgé de plus de 70 ans, c’est probablement le seul moyen qu’il ait pu trouver pour survivre et échapper à la misère la plus totale.

Extrait de l’acte de mariage du François de Chazelle en 1802 à Celles sur Belle. Son père est mentionné comme instituteur âgé de 71 ans.

Selon le dictionnaire historique et généalogique du Poitou par H. Beauchet-Filleau, Bertrand de Chazelle est décédé le 1er novembre 1804. Le lieu n’est pas précisé.

Son fils François et sa fille Constantine, née à La Chapelle Seguin, lui ont assuré une nombreuse descendance.

J-Philippe Poignant

Remerciements :

Cet article est le fruit d’un travail collectif. Un grand merci à Isabelle Gorin pour son aide. C’est elle qui m’a donné l’idée de cet article, m’a apporté les informations du registre paroissial de la Chapelle Seguin et m’a fait rencontrer M. et Mme Fazillaud. Elle tenait à ce qu’il reste une histoire de ce bâtiment tout juste démoli. Voilà qui est fait.

Toute ma gratitude à M. et Mme Fazillaud, derniers occupants de la verrerie jusqu’en 1986. Ce sont eux qui ont trouvé dans leur jardin les restes de verre pétrifié dont nous vous présentons les photos. Ils nous ont également gentiment confié les photos anciennes de la verrerie et le livre de Raoul Dubois sur l’histoire de l’Absie. Madame Fazillaud est née et a vécue plus de la moitié de sa vie à la verrerie.

Merci à Albéric Verdon. Son extraordinaire blog https://gatine-parthenay.pagesperso-orange.fr/ nous a rapidement orientés sur les articles des « Affiches du Poitou » qui décrivent la création de la verrerie. Albéric nous a également précisé la datation probable des bâtiments dernièrement rasés.

Sources :

  • Création de la verrerie : Affiches du Poitou n°20 du 20 mai 1779 et n°48 du 30 novembre 1780 https://gallica.bnf.fr/
  • Généalogie de la famille de Chazelle, mention des 2 incendies de 1785 et 1787, ruine de M. de Chazelle, mort de son fils aîné, et décès en 1804 : Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Tome 2. H. Beauchet-Filleau.1895 p366. https://gallica.bnf.fr/
  • Les actes paroissiaux et d’état-civil de la famille de Chazelle ont été retrouvés avec la base de données Généa 79 du cercle généalogique des Deux Sèvres.
  • Acte du premier mariage de Bertrand de Chazelle AD79-86 en ligne. Thorigné BMS 1732-1792. Vue 124/184.
  • Actes de naissance des premiers enfants de Bertrand de Chazelle, et du mariage de son fils François : AD79-86 en ligne, Celles sur Belle, BMS 1773-1783, vue 15, 29, 40, 41 et 53 /119. Mariages 1803-1822 vue 2 et 3/247
  • Actes paroissiaux mentionnant la famille de Chazelle et le personnel de la verrerie : AD79-86 en ligne La Chapelle Seguin, BMS 1770-anX, vues 81, 82, 85, 90, 93, 105, 121, 122, 126 /243.
  • Demande de la subvention, contenu des pétitions et détail du premier incendie : 1000 ans d’histoire de l’Absie par Raoul Dubois, pages 31 à 33.
  • Acte du second mariage de Bertrand de Chazelle : AD79-86 en ligne, Cours, BMS 1770-1790 vue 140/159
  • Mentions de l’abandon de la verrerie en 1787, de la levée de fonds, de la demande de subvention et de l’incendie de mai 1785 : Essai sur l’organisation du travail en Poitou, Prosper Boissonade. 1900, tome 1 p72 et tome 2 p529. https://gallica.bnf.fr/
  • Les informations sur l’état-civil des familles Ruppel, Andreß, Hocquemiller, Matis, Soude, Seigneur, Chevet et Roy sont issues de https://www.geneanet.org/
  • Acte de mariage de la famille Seigneur en 1777 à Voulton près de Provins (Seine & Marne) : AD 77 en ligne, BMS Voulton 1771-1785, vue 147/309
  • Descriptif de la fabrication de verre : article sur la verrerie de Villers Cotterêt au XVIIIème siècle, https://www.histoireaisne.fr
Porte d’entrée de la cuisine situé à l’aile gauche de l’ancien bâtiment. Le linteau mentionne l’année 1609 et deux initiales. Il s’agit probablement d’un remploi au XVIIIème siècle.
Le bâtiment de la verrerie dans les années 1990. La partie centrale semble être du XVIIIème siècle. On peut penser que c’est là qu’habitait la famille Seigneur. On ne sait pas où résidait la famille de Chazelle.
La partie droite du bâtiment, plus ancienne, était probablement du XVIème siècle.
L’arrière du bâtiment dans les années 1990
Le bâtiment de la verrerie en octobre 2021
L’emplacement du bâtiment en janvier 2022
La sèvre nantaise a 200 mètres de la verrerie, au pont de la Chapelle Seguin en janvier 2022. la rive gauche a une pente plus douce que la rive droite. Les conséquences du prélèvement de sable pour alimenter la verrerie ?
Vue aérienne du site de la verrerie. On voit bien la proximité de la Sèvre à 200 mètres. Photo Google Maps.
Sable siliceux partiellement fondu. Le verre ne devient liquide qu’à partir de 1500 degrés. Bloc trouvé dans le jardin à l’arrière de la verrerie.
Bloc trouvé dans le jardin de la verrerie issu de verre en fusion renversé. Il est constitué de pierre locale et de verre à bouteille. La couleur verte est liée à l’emploi d’oxyde de fer.
Fragment d’une cuve en calcaire contenant une couche de verre cristallisé de 20cm. Bloc trouvé dans le jardin à l’arrière de la verrerie.

0

admin Auteur