La révolte d’août 1792

 

En 1792, la révolution connait un tournant. Alors que le 10 août, Louis XVI est renversé par une nouvelle émeute parisienne, le bocage bressuirais se révolte le 19 du même mois pour protester contre les dérives des révolutionnaires : persécution des prêtres, mesures vexatoires à l’occasion de l’appel aux volontaires pour combattre aux frontières, promesses fiscales non tenues…

Cette révolte de la Saint Louis lors de laquelle fut détruit le château de Pugny débuta à Moncoutant, place de l’église, le dimanche 19 août. De nombreux documents indiquent que les habitants de la paroisse de Pugny et que les occupants du château furent au cœur des événements. Le marquis de Mauroy était pourtant déjà parti en émigration depuis plusieurs mois.

Les archives des autorités départementales relatent un rassemblement de plusieurs milliers de paysans autour du château, probablement le mardi 21 août. C’est alors qu’aurait été remis aux révoltés leur premier drapeau, qui appartenait probablement au marquis, auparavant officier supérieur dans l’armée royale. C’est suite au signalement de ce rassemblement et pour rétablir l’ordre que se dirigèrent vers Pugny les gardes nationales de Fontenay, la Châtaigneraie et Pouzauges. N’y trouvant au château que quelques domestiques, elles le pillèrent et l’incendièrent, le 24 ou le 25 août.  La révolte se termina en bain de sang à Bressuire. Selon les témoins, les combats et les massacres qui suivirent firent de 300 à 600 morts.

Ce premier soulèvement est considéré par de nombreux historiens comme une sorte de répétition générale du soulèvement qui embrasa au printemps 1793 toute la Vendée militaire.

La meilleure et la plus complète des évocations de la révolte de 1792 est une brochure parue en 1899. L’auteur en est Casimir Puichaud, avocat passionné d’histoire (photo extraite du dictionnaire bibliographique des Deux-Sèvres vers 1900). Futur maire de Clazay, il était le fils de Florentin Puichaud, alors maire de Moncoutant. Il descend d’une famille de notables républicains très impliquée dans les guerres de Vendée.

Nous associons à cette brochure un extrait du livre de Jean-Marie Crosefinte « Les drapeaux vendéens », paru en 1988. Il y est question du drapeau remis à Pugny aux révoltés.

Révolte 1792 Casimir Puichaud

Drapeau de Pugny

A noter que le blog « La Maraîchine normande » a déjà publié une transcription de la brochure de Casimir Puichaud en octobre 2015.  Merci à Nadine qui a permis à cet événement d’apparaître pour la première fois sur internet.

Nous profitons de cette évocation pour signaler la publication en septembre 2017 par notre ami Richard, sur le blog « Chemins secrets », de documents exceptionnels des archives nationales concernant la révolte de 1792.

Vous trouverez les liens de tous ces travaux ci-dessous :

http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2015/10/14/32772460.html

http://chemins-secrets.eklablog.com/troubles-au-chateau-de-pugny-en-1792-1ere-partie-a131792208

http://chemins-secrets.eklablog.com/troubles-au-chateau-de-pugny-2-partie-a131846056

http://chemins-secrets.eklablog.com/troubles-au-chateau-de-pugny-3-partie-a131911312

Vous trouverez ensuite ci-dessous l’extrait d’un livre de Dom François Chamard datant de 1898 sur les origines des guerres de Vendée. Ce prieur de l’abbaye de Ligugé, qui a notamment contribué à l’énorme « Histoire de la guerre de la Vendée » de l’abbé Félix Deniau, donne de la révolte une description complète. Mais elle comporte quelques erreurs et est bien plus partiale que celle de Puichaud, en penchant du côté blanc.

Révolte 1792 Chamard

Ensuite vous pourrez découvrir les mêmes événements relatés du côté républicain. Le premier document est issu de « L’histoire des Deux-Sèvres » de  Jules Richard, avocat niortais libéral, paru en 1846. Il évoque les faits avec un détachement qui tranche avec leur gravité et le nombre de morts. « La leçon avait été sévère »… L’écart entre une gravure de ce livre et le contexte de la révolte est stupéfiant.

Nous avons également ajouté un extrait d’une autre « Histoire des Deux-Sèvres », celle d’Antonin Lévrier parue en 1885.  Là encore, même détachement vis à vis de la gravité de la révolte. L’auteur préfère évoquer le rapport pompeux sur Niort fait à la Convention par deux commissaires de l’assemblée. Chez Lévrier comme chez Richard, on trouve la même approche légère qui relativise les faits et leurs causes. Ces extraits permettent de comprendre pourquoi cette révolte, minimisée au fil du temps par les historiens républicains locaux,  a été oubliée du grand public, et n’est plus connue que de quelques amateurs d’histoire.

Révolte 1792 Richard

Révolte 1792 Lévrier

Nous publierons prochainement d’autres documents sur ce soulèvement.

Bonne lecture à tous.

JPP