Charles de Sainte Maure et Julie d’Angennes

La guirlande de Julie.  

Julie Luciana d’Angennes, dite l’incomparable Julie

Le baron Charles de Sainte-Maure (1610-1690),  duc de Montausier, seigneur de Pugny, amoureux fou de Julie Luciana d’Angennes, bel esprit de l’hôtel de Rambouillet, salon tenu par sa mère Catherine de Vivonne (approximativement à l’emplacement de l’actuel pavillon Turgot du Louvre) , courtisa sa belle pendant quatorze ans.

Pour surpasser les nombreux prétendants de la belle Julie , le baron de Sainte-Maure conçu dans le courant de l’année 1632 l’idée d’un recueil de poèmes vantant les charmes de Julie.

Charles de Sainte-Maure (1610-1690)

Cette couronne poétique était composée de madrigaux (Poème de genre, court et sans forme fixe, de la poésie française classique. Généralement adressé à une femme, il a un tour galant ou tendre. Il peut être fondé sur un trait d’esprit)

Plus guerrier que poète,  Charles de Sainte-Maure, composa cependant 16 madrigaux, mais pour charmer la jeune femme qui était l’objet de son admiration et de son culte, et  lui offrir un ouvrage surpassant tout ce qui pouvait se voir alors de plus singulier et de plus délicat en galanterie, il eut l’idée de demander aux habitués du salon de Catherine de Vivonne, parmi lesquels les gens de lettres et quelques beaux-esprits de ses amis Georges de Scudéry, Desmarets de Saint-Sorlin, Conrart, Chapelain, Racan, Tallemant des Réaux, Robert Arnauld d’Andilly, père et fils, Isaac Arnauld de Corbeville, Arnauld de Briottes, le capitaine Montmor et son cousin, l’abbé Habert, Colletet, Claude Malleville, Philippe Habert, le chevalier de Méré, Antoine Godeau, dit le nain de Julie, Pinchesne, peut-être Pierre Corneille et le marquis de Rambouillet, d’écrire des poésies où chaque fleur chanterait les louanges de Julie. Il en résulta un des manuscrits les plus extraordinaires du XVIIe siècle et un des points culminants de la société des Précieuses.

Le texte fut alors calligraphié sur vélin, en ronde, avec une admirable perfection par le célèbre calligraphe Nicolas Jarry et la fleur citée dans chaque poème peinte par Nicolas Robert. Le manuscrit comprenait 90 feuillets in-folio. Après le titre, venaient trois feuillets de garde, suivis du faux-titre formé par une guirlande de fleurs au centre de laquelle étaient écrits ces mots : La guirlande de Julie.

Trois autres feuillets blancs séparaient ce frontispice d’une seconde miniature qui représentait Zéphyre tenant une rose de la main droite et, de la gauche, une guirlande de vingt-neuf fleurs.

Parmi les autres feuillets, vingt-neuf portaient chacun une fleur peinte en miniature ; les autres présentaient un ou plusieurs madrigaux relatifs à chaque fleur. Les madrigaux étaient au nombre de soixante-deux. La reliure, en maroquin rouge, avec les lettres J et L enlacées, était l’œuvre de Le Gascon, l’un des plus habiles relieurs français.

Charles de Sainte-Maure en fit faire deux exemplaires pareils, et chacun fut enfermé dans un sac de peau d’Espagne. À son réveil, Julie trouva ce présent sur sa toilette.

Julie d’Angennes reçu ce recueil en 1641 et finalement épousa son soupirant en 1645.

Après la mort de Charles de Sainte-Maure, qui survécut dix-neuf ans à sa femme, ce précieux volume passa à leur fille, la duchesse de Crussol-d’Uzès, et fut possédé plus tard par le duc de La Vallière. Lors de la vente de la bibliothèque de ce dernier, il fut acheté 14 500 livres par des Anglais. Il a été racheté depuis par la fille du duc de La Vallière. Le manuscrit est actuellement conservé au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

Nous reproduisons ci-dessous les 16 madrigaux écrits par Charles de Sainte Maure:

Madrigal 1

Madrigal 2

Madrigal 3

Madrigal 4

Madrigal 5

Madrigal 6

Madrigal 7

Madrigal 8

Madrigal 9

Madrigal 10

Madrigal 11

Madrigal 12

Madrigal 13

Madrigal 14

Madrigal 15

Madrigal 16

 

Sources : Bnf Gallica. Titre :  La Guirlande de Julie . Date d’édition :  1601-1700 Type :  manuscrit Langue :  français Format :  Parchemin. – 100 f. – 310 × 220 mm. – Reliure de Le Gascon, maroquin rouge semé des chiffres J et L entrelacés de Julie d’Angennes, dédicataire du recueil. Étui XIXe siècle signé Gruel Description :  Numérisation effectuée à partir d’un document original. Droits :  domaine public