Le calice

Description du calice de 1654

 

Calice de Pugny provenance de la Chapelle du Château

Cet objet a été présenté lors de

 l’Exposition de l’Art Sacré en Deux – Sèvres, en 1999, année du Patrimoine.

Il figure dans le catalogue  édité par les Musées de Niort et le Conseil Général des D-S :  Orfèvreries religieuses du XVI – XVIIIe siècle Tome 1. dont voici ci-dessous l’extrait.

Cette  pièce d’orfèvrerie a été fabriquée à Paris au XVII ème siècle (1654) par un maître orfèvre anonyme.

Elle est en argent martelé repoussé, ciselé, estampé et partiellement doré.

Les dimensions de ce calice sont :

– H : 24,7 cm – diamètre du pied: 14 cm – diamètre de la coupe: 8,7 cm

Poinçons : 

Aucun poinçon de maître orfèvre n’est visible.

1/ Poinçon de jurande : sous le pied, difficilement lisible, mais de lecture néanmoins certaine: lettre majuscule I couronnée, barrée à mi-hauteur – Paris, décembre 1653 à décembre 1654 (plutôt que 1677-1678, période pour laquelle un I assez semblable a été utilisé)

2/ Poinçon de décharge : sous le pied et sur la coupe, un fleuron dans un ovale, décharge pour Angers (1693-1695)

Sur l’objet : 

Il s’agit ici de l’une des pièces les plus élaborées en orfèvrerie religieuse conservée en Deux-Sèvres. Elle était ignorée jusqu’à une date récente.

Son auteur, malheureusement anonyme, y fait preuve d’une réelle virtuosité. La décoration obéit à la mode en vigueur à cette époque quel que soit le lieu d’origine de l’objet et il y a beaucoup de similitudes entre cet exemplaire parisien et les très beaux calices angevins à fausse coupe du canton de Mauléon. Tous les décors en relief sont dorés, les fonds conservant la tonalité argent.

Au pied classique à acanthes ajourées, succède la non moins fréquente moulure d’oves. Le bombement du pied présente trois têtes d’angelots, rapportées, alternant avec des instruments de la Passion liés par un ruban flottant : couronne d’épines et clous, cimeterre et roseau, croix avec l’éponge et la lance.

Têtes d’angelots de petite taille, rapportées,  alternent sur le nœud avec des chutes de fruits sur les guirlandes partant des ailes. Un culot de feuilles  nervurées occupe la moitié de la hauteur de cet élément.

Le même répertoire que sur le pied est repris sur la fausse-coupe dont la bordure est constituée de palmettes. Les têtes d’angelots alternent avec les instruments de la Passion disposés ou attachés en sautoir : verges et fouet, colonne et échelle, marteau et tenailles.  Ces éléments sont surmontés d’une graine ou d’un fleuron.

L’ensemble de ce décor repoussé au relief sculptural doré se détache sur un fond amati.

Ce calice provient de l’église du Breuil-Bernard qui conserve aussi l’ensemble plateau-burettes, calice, armoriés provenant à l’origine de la chapelle du château voisin de Pugny et datées des années 1666-1667.

On peut se demander si cette belle pièce, parvenue en parfait état, mais sans patène,  n’aurait pas été offerte par la même famille à l’église paroissiale, une douzaine d’années auparavant.

L’absence de poinçons hormis la lettre annuelle de Paris difficilement décelable dans les repoussés du décor, a probablement mené au marquage de cette pièce quarante ans après sa fabrication à Angers, à titre de recense et peut être à l’occasion d’une redorure.