Histoire du château

Alors que les plus anciennes mentions de l’existence  de Pugny remontent aux X° et XI° siècles, celles de l’existence du château datent de 1379 dans les archives de Saint-Loup.

Primitivement, le château devait probablement se composer, comme beaucoup d’autres de la même période, d’un grand bâtiment et d’une palissade en bois, qui furent progressivement remplacé par le granit et le schiste local.

Château de l’an mil du parc du Puy du Fou qui illustre ce que pouvait être le premier château de Pugny. 

Ce n’est qu’à la fin du XV° siècle que le château de Pugny deviendra une vraie forteresse. C’est à Guillaume d’APPELVOISIN, écuyer du roi  Louis XI, que l’on doit cette transformation. Alors que la guerre de cent ans est terminée, il obtient en 1474 le privilège rare de pouvoir fortifier son château et d’établir une foire à Pugny le jour de la Saint Pierre (patron du prieuré). C’est probablement à cette période qu’un système de digues constituent des étangs qui protègent l’ensemble fortifié.

Un grand remaniement est ensuite effectué vers 1550 par Guy de SAINTE-MAURE. Il fait construire un logis « moderne » de style renaissance sur trois niveaux, desservi par un grand escalier en fer à cheval et avec un grand jardin d’agrément à l’arrière.

De cette époque date également la construction du porche d’entrée sur lequel on  voit encore le blason des Sainte-Maure surmonté de la date de 1557.

Blason de Guy de Sainte Maure surmonté de la date de 1557. Portail d’entrée du château.

Progressivement les héritiers de Sainte-Maure (héritage par les femmes aux familles de Crussol d’Uzés et Le Tellier) ne vont plus que très peu occuper le château. En 1731, il est vendu aux de Mauroy, une famille de militaires nobles originaires de Champagne. L’acte de vente donne une description précise des lieux ce qui nous permet de bien les connaitre, même si hélas il n’en demeure aucune gravure.

Les comtes puis marquis de Mauroy vont faire de Pugny leur principale résidence de province.

La révolution et les prémices des guerres de Vendée vont sceller le destin du château. Début 1792, le marquis émigre avec sa fille pour échapper aux dérives extrémistes des révolutionnaires.

En août 1792, une grande révolte anti-républicaine de plusieurs milliers de paysans éclate à Moncoutant. Elle se rend au château de Pugny pour y recevoir des armes mais ne part qu’avec un drapeau. Elle se porte alors vers Châtillon puis Bressuire où cela se termine par la défaite et un bain de sang de plusieurs centaines de tués.

Le château de Pugny est alors pillé et incendié en représailles par les gardes nationaux républicains de Pouzauges, la Châtaigneraie et Fontenay. Ce jour-là disparaissent définitivement le logis, les écuries et le pigeonnier.

Les ruines du château  sont confisquées au marquis de Mauroy pour être vendues comme bien national. Mais les guerres de Vendée éclatent alors. Pugny et ses environs vont être ravagés. Des destructions supplémentaires des communs  semblent se produire en octobre 1793.

Une fois la paix revenue, les ruines du château, ses terres, les métairies et borderies voisines sont vendues comme bien national en avril 1798.

C’est un riche notable républicain niortais, Joseph Antoine Marché-Duvigneau (1755-1823), qui en fait l’acquisition. Il procède alors probablement au démantèlement des ruines du château (les pierres sculptées qui décoraient la façade et l’escalier en fer à cheval ont disparu) et lance la reconstruction d’une partie des bâtiments.

Il revend rapidement le domaine à Pierre Louis Puichaud Girard (1763-1824). Ce riche bourgeois de Moncoutant, issu d’une vieille famille de notables d’origine protestante, est identifié comme propriétaire en 1810.

Les dernières reconstructions transforment le château en exploitation agricole. Jusqu’à 3 familles vont alors se partager les lieux qui vont abriter jusqu’à 25 personnes.

Vers 1812 s’y installe la famille Beaujault, dont trois générations se succèdent jusqu’au début du XXème siècle. Puis suit la famille Boissonneau pendant une vingtaine d’année. Et enfin à partir des années 1920 les familles  Poignant et Merceron-Roy. Le dernier occupant a quitté les lieux au début des années 2000 mais les descendants de ces familles exploitent encore les terres.

Du côté des propriétaires, les enfants de  Pierre Louis Puichaud-Girard sont décédés sans descendance. C’est un lointain cousin, Florentin Puichaud qui hérite du château vers 1860. Cet homme entreprenant, qui a été maire de Moncoutant pendant de nombreuses années, va se livrer avec son fils Casimir à de nombreuses recherches historiques sur le bocage. Jusqu’en 2015 et le rachat du château par M. Eric Bonneau,  ce sont les descendants de Casimir Puichaud qui en étaient propriétaires.

Dans les années 1930 puis 1950, les dernières tours médiévales du château ont été démolies pour faciliter l’exploitation agricole. A ce jour, de l’ancien et prestigieux monument occupant un vaste rectangle flanqué de 4 tours, seules des ruines subsistent.

Ici était un château renaissance long de 60 mètres qui a vu passer les familles nobles les plus prestigieuses du Poitou. C’était un important lieu de culte protestant où les fidèles pouvaient prier à l’abri des persécutions. Sa bibliothèque était réputée, sa chapelle ensuite retournée au culte catholique abritait de magnifiques objets d’orfèvrerie.

Ses écuries pouvaient accueillir 40 chevaux. S’affairaient dans cet espace des palefreniers, des cuisiniers, des jardiniers dont les descendants vivent encore dans les environs.

C’est là qu’a commencé la culture à grande échelle de la pomme de terre dans le Poitou. Mais c’est surtout un des lieux où ont débuté les guerres de Vendée qui furent le plus grand cataclysme de l’histoire du bocage poitevin.

Bienvenue au château de Pugny.