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le château et les publications locales (part 2)

Ce mois ci nous évoquerons un ouvrage d’Hélène et Jean MICHENEAU, concernant “L’Histoire de l’Eglise Réformée dans le Moncoutantais”

Histoire de l'église réformée dans le Moncoutantais
Histoire de l’église réformée dans le Moncoutantais

L’ouvrage comprend 68 pages et a été imprimé en Mars 2003.

Dans cette étude nous trouvons une carte  des châteaux ayant appartenu à des seigneurs protestants. Le château de Pugny est un de ceux la.

carte des châteaux de seigneurs protestants
carte des châteaux de seigneurs protestants

Une photo du château apparait dans l’ouvrage

Photo du porche d'entrée construit par Guy de SAINTE MAURE en 1557
Photo du porche d’entrée construit par Guy de SAINTE MAURE en 1557

On y trouve également une carte des lieux de prêche ou Pugny figure:

Carte des lieux de prêche
Carte des lieux de prêche

 

L’ouvrage fait de nombreuses références au château de Pugny et à ses propriétaires protestants.

Journées Européennes du Patrimoine 2016

Château de PUGNY

 

A l’occasion des journées européennes du patrimoine 2016, une visite conférence est organisée au château le samedi 17 et le dimanche 18 septembre 2016 à 14 heures 30,  sur le thème « Histoire commune du château et des habitants de PUGNY ».

 

Le thème de cette année « Patrimoine et citoyenneté » nous renvoie aux sources même de cette manifestation créée en 1984 : celle d’une appropriation par tous d’un bien commun, d’une histoire commune. Le patrimoine et la citoyenneté sont deux notions dont la jonction raconte notre histoire, notre passé, mais dessine aussi notre présent et notre avenir.

 

 

Visite conférence gratuite uniquement sur réservation  (places limitées).

Réservation par téléphone auprès de l’association A.C.P (les Amis du Château de PUGNY) : 05.17.31.62.14

Ou par mail : ericniger@yahoo.fr

 

 

Vente du 5 Février 1731

Le 5 Février 1731, les propriétaires des terres et châtellenies de Pugny et du Breuil Bernard, à savoir:

Jean-Charles de crussol, duc d’Uzès, Anne-Marie-Marguerite de Baîllon, son épouse, François-Charlles de Crussol, Comte d’Uzès, Louis de Pardaillan-Gondrin, duc d’Antin, et Julie-Françoise de Crussol d’Uzès, son épouse,

vendent à François Denis de Mauroy, chevalier, maitre de camp de cavalerie et à Anne de Mauroy sa sœur, l’ensemble des biens décrits ci après pour la somme de 130 000 livres.

descriptif de la vente
descriptif de la vente

Vous trouverez une estimation de la vente dans la rubrique “Seigneurs et propriétaires du château”

le château et les publications locales (part 1)

Le château de Pugny comme partie intégrante de la richesse du patrimoine des Deux-Sèvres n’est plus à démontrer.

Il a d’ailleurs été à de nombreuses reprises objet d’études ou mentionné dans des ouvrages locaux.

Nous commençons ce jour un état non exhaustif des publications mentionnant l’attrait historique ou architectural du château.

Le 17 Octobre 1992, était inaugurée, dans les salles du château de Genève, à Moncoutant, la belle et intéressante exposition sur les demeures du Moncoutantais. De cette initiative résulte un ouvrage publié en 1993 par l’association :KANCEL: Châteaux et demeures du Moncoutantais.

couverture du recueil
couverture du recueil

Les textes de Pascal PAINEAU et les dessins de Charles-Pierre TORRE, rendent hommage aux châteaux , manoirs et logis du Moncoutantais.

La page 14 de l’ouvrage est dédiée au château de Pugny:

Dessin de Charles-Pierre TORRE
Dessin de Charles-Pierre TORRE

Pascal PAINEAU décrit le château:

“Il ne reste malheureusement que des vestiges du château de Pugny, Installé depuis le Haut Moyen Age sur un escarpement, il se présente sous la forme d’un rectangle atteignant les cent mètres dans sa partie la plus longue. Aux quatre extrémités des murailles s’élevaient autrefois d’imposantes tours qui ont toutes été rasées. L’une d’elle appelée tour de la Boulangerie, renfermait plusieurs fours. Elle était munie d’un passage voûté sous lequel passait le chemin menant aux métairies voisines. A l’autre extrémité de la muraille, on pouvait admirer jusqu’à sa démolition en 1953, l’imposant donjon de cinq étages. Sur le côté le plus long, entre deux petites tours dont l’une a également disparue, s’ouvrent un grand portail du XVI° siècle et une porte piétonnière qui donnent sur la cour du château. Une pierre sculptée aux armoiries des Sainte-Maure datée 1557 surmontant le porche et une autre pierre provenant des cuisines avec les mêmes armoiries, la même date, prouvent que Guy de Sainte-Maure, seigneur du lieu en cette deuxième moitié du XVI° siècle, a entrepris alors de grosses restaurations au château médiéval. Face à l’entrée, l’habitation principale longue d’environ 60 mètres est malheureusement à l’état de vestiges : seule une partie des cuisines et des caves sont encore visibles.  A gauche en entrant, entre la tour de la Boulangerie et le donjon , se dressent les écuries qui pouvaient abriter 40 chevaux. De l’autre côté de la cour, en face, se trouvent les bâtiments où logeaient les domestiques. Les différents seigneurs de Pugny sont assez bien connus : vers la fin du XIII° siècle, ce sont les Coloigne qui possèdent la seigneurie. Cent ans plus tard, Geoffroy de Coloigne n’ayant pas d’héritier, le domaine passe à son beau-frère Guillaume d’Appelvoisin. Les descendants de ce dernier garderont le château jusqu’aux environs de 1500, époque à laquelle il échoit à Léon de Sainte-Maure, baron de Montausier. Le dernier Sainte-Maure à posséder l’édifice fut Charles, gouverneur de louis XIV. En 1694, la seigneurie passe aux Tellier de Louvois et , en 1716, aux Crussol d’Uzès. Le 5 février 1731, elle est vendue 130 000 livres à François-Denis de Mauroy. Son fils ainé, Jean-Denis, mort en 1818, sera le dernier seigneur de Pugny. Il émigrera lors de la Révolution et son château, incendié par les Républicain en août 1792, sera vendu comme bien national.”

Nous remercions chaleureusement Mme BOISSONNEAU pour ses recherches concernant l’exposition de 1992 et son don de l’ouvrage mentionné ci dessus.

Le soulèvement d’Août 1792 de Moncoutant au Moulin-cornet

Ce mois ci nous publions une étude de Pascal PAINEAU qui retrace avec précision les raisons de l’incendie du château par les gardes nationaux qui allaient au secours de Bressuire le 25 Août 1792:

“En Août 1792, les habitants d’une quarantaine de paroisses montent à l’assaut de Bressuire, citadelle révolutionnaire au milieu d’une contrée hostile. Après un siège laborieux, les assaillants sont finalement défaits et durement réprimés par des contingents de soldats appelés en renforts.

Cette révolte du bressuirais d’Août 1792, mérite une attention toute particulière, surtout parce qu’elle fait figure de répétition générale avant le soulèvement vendéen de mars 1793. D’ailleurs à y regarder de près, les causes qui ont motivé les deux insurrections sont très proche. L’une comme l’autre sont surtout la conséquence des déceptions ressenties par les populations rurales et le résultat de trois années d’incompréhension, de maladresse accumulées par les autorités révolutionnaires.

Une communauté solidaire

On le sait maintenant, le bocage bas poitevin est riche d’hommes et l’élevage, principale activité de la contrée, connaît, sous l’Ancien Régime, un développement remarquable. Mais vers la fin du XVIII° siècle, une crise due aux aléas climatiques va briser net cet essor. A ces problèmes rencontrés par l’élevage s’ajoutent les difficultés du textile de mauvaise qualité produit dans la région. La perte du Canada ou il était en partie expédié, le manque d’adaptation de ce produit aux nouvelles réalités marquent un manque à gagner important pour un bon nombre de paysans. Apparemment ces derniers s’inscrivent dans une hiérarchie sociale homogène: à la différence de la Plaine toute proche, les laboureurs du Bocage, dont la majorité vit sous le régime du métayage, sont loin d’être des coqs de village. Quant aux paysans moyens et aux journaliers, ils y mènent une existence moins misérable que dans le plat pays. Au XIX°   siècle, après la guerre de Vendée, on a voulu opposer ces métayers du Bocage attachés à leurs nobles maitres dans une région profondément religieuse, aux paysans d’une plaine déchristianisée. En réalité, les efforts entrepris dans le bocage par l’église de la Contre-Réforme sont loin de porter leurs fruits. Il faut remarquer d’ailleurs que Grignon de Monfort et ses missionnaires, dont on a voulu faire des inspirateurs du mouvement vendéen, se sont plus intéressés aux campagnes rochelaises qu’au Bocage. D’ailleurs, jusque vers 1750, celui-ci est si déficitaire en vocations cléricales qu’il doit accueillir des prêtres issus d’autres diocèses. En outre cela ne déplait pas aux Monfortains considérés comme des marginaux par l’église officielle, la piété des Bocains est moins intérieure, moins rationnelle qu’en Plaine, mais elle est plus collective, plus extériorisée, plus rituelle.

Enfin cette communauté Bocaine peu hiérarchisée entretient volontiers une culture rurale où l’on se montre rebelle à la conscription, à la pénétration des idées des Lumières. On méconnait l’écrit qui, en revanche fait une belle percée chez les paysans Plainauds. Au total, ce petit pays se singularise des terroirs voisins par quelques différences qui se seraient sans doute émoussées sans la coupure révolutionnaire. Dans le Bressuirais, comme ailleurs dans le Poitou, la révolution est saluée avec enthousiasme.

Les ferments de la révolte.

Mais après les débuts prometteurs de 1789, les paysans perdent leurs illusions durant 1790 et 1791. Le rachat des droits seigneuriaux et l’établissement de nouveaux impôts directs vont à l’encontre de leurs espérances. Certes, la révolution a supprimé l’ancien système fiscal honni mais elle l’a pratiquement rétabli sous la forme de contributions foncières et mobilières qui, installées à la va-vite, sans préparation sérieuse, se révèlent pesantes et injustement réparties.

La vente des biens nationaux qui aurait pu redistribuer la terre de façon plus juste accroit le mécontentement des paysans. Vendus par lots importants, les biens confisqués leur échappent en presque totalité. En fait c’est la bourgeoisie des villes voisines qui profite de l’aubaine pour accroître ses possessions.

Il en est de même pour le rachat des droits féodaux. De par son coût dissuasif, seuls les propriétaires urbains et de rares paysans aisés exploitent cette possibilité pour dégager leurs biens des rentes seigneuriales dont elles étaient grevées.

Ces premières déceptions accentuent très rapidement un clivage très net entre paysans et bourgeois, ou de façon plus générale, entre rural et citadin. Après s’être partagé les dépouilles du Clérgé, les notables des cités, en général des hommes de loi, s’accaparent en plus les responsabilités politiques et deviennent aux yeux des Bocains l’incarnation du nouveau régime.

Mais c’est bien la question religieuse qui va fédérer toutes les oppositions. Depuis 1790, la Révolution tente de créer une Église Constitutionnelle, ce que l’Église Romaine n’accepte pas. Beaucoup de curés du Bocage, soutenus par la communauté avec laquelle ils sont en osmose, n’hésitent pas à clamer leur opposition à la nouvelle politique religieuse de l’Assemblée. Une grosse majorité d’entre eux va alors refuser de prêter le serment à la Constitution Civile du Clergé (2/3 de curés non jureurs dans le district de Châtillon).

De plus dans le Bocage, la paroisse est considérée comme un bloc autonome, ou le social et le religieux sont étroitement imbriqués. De fait, les mesures de suppression et de regroupements de paroisses, donc de fermetures d’églises, sont considérées par les habitants comme une agression contre leurs coutumes, contre leur patrimoine. S’ajoutent à cela les menaces de déportation qui pèsent sur les prêtres réfractaires. persuadés qu’ils vont perdre à la fois leur curé et leur église, les Bocains ont finalement l’impression qu’on tente de leur ôter ce qui fait l’essentiel de leur culture.

Cette opposition à la politique religieuse de la révolution s’accompagne dès 1791 d’une véritable résistance au pouvoir local. Les municipalités tenues par les notables ruraux ont du mal à faire appliquer les décisions. La population coupée de ses nouveaux dirigeants, se refuse à payer l’impôt: dès février 1792, les commissaires qui doivent établir les rôles constatent que de nombreuses paroisses du district de Châtillon n’acceptent pas l’imposition foncière et s’opposent par la force aux opérations préliminaires.

Le soulèvement et la répression

Dès lors, le Bocage bressuirais est en effervescence : Depuis la fin de l’année 1791, on signale divers rassemblements contre les curés assermentés, les “intrus” qui sont l’objet de brimades, contre l’expulsion de leurs curés non-jureurs, contre la suppression des paroisses, contre les impôts, contre les municipaux. “L’explosion est prête à éclater”, comme l’écrit Chasteau, administrateur du département des Deux-Sèvres.

C’est la proclamation de la “Patrie en danger” qui met le feu aux poudres. Celle-ci, on le sait, demande la levée de bataillons de volontaires suite à l’offensive des armées étrangères. Le 22 juillet 1792, le directoire du département des Deux-Sèvres prend un arrêté fixant au 19 août l’enrôlement et demande aux municipalités de faire deux listes : une de ceux qui acceptent de combattre de leur plein gré et une autre avec les noms de ceux qui refusent “cet acte patriote, afin qu’on les connut bien”. Cette première mesure inconséquente, en est suivie d’autres qui visent les curés non-jureurs.

Au jour fixé, le 19 août, des paysans des environs de Moncoutant, envahissent la maison commune et chassent PUICHAUD, l’administrateur du lieu. Tout de suite, l’insurrection s’étend. Les révoltés mettent à leur tête un noble, Baudry d’Asson, qu’ils vont chercher dans son logis. Le 21, les hommes sont plus nombreux à Moncoutant, on se porte alors sur La-Forêt-sur-Sèvre, puis sur Cerizay et, enfin, sur Châtillon, le siège du district. La ville est prise sans coup férir : les maisons des patriotes et des curés constitutionnels, les bureaux de l’administration sont alors pillés. De là, les 4000 à 5000 paysans soulevés se rendent en bandes vers Bressuire

le soulèvement d'Août 1792
le soulèvement d’Août 1792

Dans cette ville de 2000 habitants, une émeute le 28 juillet, a chassé Delouche, le maire de la cité, suspect de contrerévolution. Celui-ci, après des conflits avec des notables locaux, était passé du côté des insurgés. De même, la veille, jour de la foire Saint-Jacques, une bagarre avait opposé les citadins qui voulaient faire porter la cocarde tricolore à des paysans. En s’attaquant à Bressuire, les insurgés s’en prennent donc à la représentation directe du pouvoir révolutionnaire.

Durant deux jours, les 23 et 24 août (ndlr : veille de l’incendie du château de Pugny), les paysans, faiblement armés et manquant d’expérience n’arrivent pas à infléchir la défense de la garde nationale et des soldats présents dans la ville. Ceux-ci tiennent finalement jusqu’à l’arrivée des renforts venus des villes et des départements voisins. Ces troupes aguerries, pourvus d’artillerie font un véritable massacre chez les insurgés (de 100 à 600 morts selon les sources).

La tension accumulée pendant cette bataille des”Moulins-Cornets” se traduit alors par une série d’exécutions sommaires et d’actes de cruauté sur les vaincus. Les prisonniers sont envoyés à Niort où le tribunal criminel se montrera finalement clément. Les autorités ont tout à fait conscience de la gravité de la situation et choisissent plutôt de faire passer les accusés pour des victimes fanatisées, manipulés par les prêtres réfractaires. Quant aux paysans du district, ils se terrent en attendant des jours meilleurs.

Mais la contestation, la résistance au pouvoir révolutionnaire continuent. Obsédée par le complot des nobles et des curés réfractaires réunis, l’administration ne comprend pas l’origine profonde du soulèvement du Bressuirais.

La haine des paysans de cette contrée de la Vendée pour la Révolution va encore être contenue pendant quelques mois, mais tout est en place pour la grande révolte de 1793.

(NDLR: le lendemain 25 août, alors que de nombreux bataillons continuent d’arriver sur Bressuires,  Pugny subit les représailles des patriotes: les gardes nationaux de Pouzauges, de la Chataigneraie et de Fontenay qui se rendent sur Bressuire s’arrêtent au château, et là, à l’instigation du maire de Pouzauges :Josse, se mettent à piller, saccager et finalement incendier le château.)

Une fugue au château

Avis de recherche

Une des magnifiques pierres en provenance des cuisines et qui trônait dans la cour depuis quelques années, a profité du délabrement du château qui a précédé sa vente pour fuguer.

Nous avions espoir de la retrouver cachée dans les hautes herbes ou sous les ronces, mais force est de constater qu’aujourd’hui, les ronces et autres hautes herbes ayant disparues, la pierre a bien fugué et quitté le château dans lequel elle demeurait depuis 1557 !!!

Sa place est pourtant bien au château et non en décoration dans un lieu ou elle se trouve dépossédée de son âme historique.

En effet, insérée dans le mur des cuisines en 1557 par Guy de Sainte Maure, elle a fait partie de la vie des cuisiniers et serviteurs qui, jusqu’à la révolution, ont œuvré dans ces lieux. Elle a été le témoin privilégié des grands évènements historiques du château.

Facilement reconnaissable, elle porte gravés en elle, les armoiries de la famille de Sainte-Maure, le nom de messire Guy de Sainte-Maure et la date de 1557.

Si vous la croisez par hasard, invitez la à rentrer chez elle, sa fugue lui sera pardonnée, faute de quoi nous serions obliger de la faire inscrire  au fichier Interpol des antiquités et objets historiques disparus.

Hygiène et commodités au château

On peut aisément croire que l’hygiène à la fin du moyen âge et au début des temps modernes est une notion abstraite.  Mais force est de constater que 500 ans avant nous les bâtisseurs de châteaux prévoyaient égouts, latrines et évacuations des eaux usées.

Le château de Pugny ne déroge pas à la règle.

Les égouts du château :

Un système d’égouts a été aménagé certainement lors de la construction du château moderne à partir de 1557. Ce conduit part du bâtiment des châtelains pour aller se déverser dans l’étang situé à l’arrière du château côté nord.

tracé des égouts
tracé des égouts

Le système d’évacuations des eaux usées des cuisines du château :

Dans les cuisines construites dans les sous sols du logis seigneurial en 1557, on trouve longeant le mur Est puis le mur Nord un système de canal couvert briqueté qui servait à l’évacuation des eaux usées. Ce canal traverse le mur côté est pour aller se jeter dans le tunnel des égouts.

Canal Est
Canal Est
vue rapprochée
vue rapprochée
Canalisation Nord
Canalisation Nord

La mise à jour du canal par les membres de l’ A.C.P

Un des membres de l' A.C.P au travail
Un des membres de l’ A.C.P au travail
Dégagement du canal Nord
Dégagement du canal Nord

 

Un travail minutieux
Un travail minutieux

La mise à jour des latrines dans la tour gauche de l’entrée SUD :

Généralement les latrines des tours étaient établies dans les angles rentrants formés par la rencontre de ces tours et les courtines. Les matières étaient rejetées :

A/ soit directement dans le fossé extérieur (latrines déportées en encorbellement),latrines A

 

B/soit le conduit des latrines passait à l’intérieur du mur maçonné et débouchait dans une fosse.latrines B

Les architectes de l’époque étaient très attentionnés concernant la construction de ces fosses. Elles étaient généralement voutées en pierre, avec ventilation et pertuis pour l’extraction. Un système de ventilation était également prévu pour éviter que les odeurs partent dans les logis voisins.

Les latrines découvertes dans la tour gauche à l’entrée du château correspondent à la description B.

Vestiges des latrines
Vestiges des latrines
Les latrines
Les latrines

Le conduit aujourd’hui bouché mesure 65 x 50 cm. Il était très certainement recouvert par une dalle en pierre ou en bois réduisant le passage afin d’éviter toute chute.

Vue du conduit d'aération montant.
Vue du conduit d’aération montante.
Le conduit d'aération passant à travers le mur
Le conduit d’aération passant à travers le mur

 

Au pied de la tour en allant vers les courtines on trouve un petit passage vouté très étroit, et les quelques marches descendue, nous nous trouvons dans une salle circulaire voutée.

La légende veut que cette salle fût un cachot, il est plus probable que ce fut la fosse des latrines.

Pertuis menant à la fosse (salle ronde voutée)
Pertuis menant à la fosse (salle ronde voutée)

 

Un mariage compliqué mais salutaire

François de SAINTE-MAURE, (vers 1539 – 1588)  seigneur de Pugny et de Montausier, issu d’une famille huguenote, épouse en 1572 Louise de GILIER, demoiselle de Salles.

Ce mariage ne se fit pas sans difficulté.

Le 2 avril 1572, un contrat de mariage entre les futurs époux est signé devant Charlet à Airvault.

Le mariage est prévu le jeudi suivant à Salles. Mais alors que les convives sont réunis, la famille de la future, elle même protestante, refuse l’union s’ ils n’obtiennent pas avant, une dispense du pape et que le mariage ne se fasse à la face de l’Église Catholique.

Après plusieurs mois de négociations, le mariage est finalement programmé pour le 24 Août 1572 au château de Fougerit, près d’Amailloux.

Cette date ne manquera pas d’évoquer aux historiens un triste et célèbre évènement : le massacre de la Saint-Barthélemy.

Sans cette union, François de SAINTE-MAURE et les membres de sa belle famille auraient très probablement accompagné Henri de NAVARRE à Paris pour les noces du béarnais (le 18 août) avec Marguerite de FRANCE (surnommée la reine margot) où, comme bon nombre de Huguenots ils auraient eu rendez-vous avec la mort. Le mariage de François de SAINTE-MAURE et de Louise de GILIER fut un salut pour beaucoup d’autres seigneurs de la région et barons poitevins, presque tous Réformés : plutôt que de faire le voyage à Paris, ils préférèrent rester dans leur région et assister aux épousailles de l’un des leurs.

 

La famille BOISSONNEAU au Château de Pugny

Après le départ de la famille Beaujault vers 1902, Constant BOISSONNEAU et ses parents s’installeront au château pour exploiter la ferme.

Constant BOISSONNEAU, 3eme enfant de la famille, est né en 1872 à La Ville, ou il vécut jusqu’à l’age de 19 ans. Il partit avec ses parents, ses frères et sœur pour exploiter la ferme de La Colle de Breuil-Chaussée, puis celle de Beaubreau à Moncoutant en 1900.

Le 9 octobre de cette année là, il épousait Lucie Taudière du Verdon de Chanteloup. En 1901 nait Marcellin, leur premier enfant.

On retrouve en 1904 la famille à la ferme du château de Pugny ou naissent successivement Simone et Edmond.

Sur le tableau de recensement de 1906, à la ferme du château, on trouve 3 ménages:

1/ Constant (le patron) et sa femme Lucie, avec 2 enfants : Marcellin et Simone.

2/ Henri (frère du patron) et sa femme Aurélie.

3/ Auguste (frère du patron) et sa femme félicie, ainsi que plusieurs domestiques.

Paul et sa femme Antonine avec leur fils Albert viennent les rejoindre fin 1906.

C’est donc une communauté familiale qui exploite cette ferme pendant “La grande Guerre” jusqu’en 1919. Ce qui facilitera probablement la vie des femmes pendant que les hommes sont “au Front”. Les aînés des familles, notamment Marcelin et Albert, âgés de 13 et 9 ans durent aider leurs mères à assurer les travaux des champs, avec l’aide d’un domestique réformé.

A près la démobilisation des combattants, les foyers de Constant et d’Henri déménagent dans la ferme toute proche de La Rue à Pugny qu’ils avaient acquise en 1912. Auguste et félicie étant déjà repartis à Moncoutant et Paul et Antonine à la ferme d’Etrie de Chanteloup.

Ce fut la fin des BOISSONNEAU au Château.

(Extrait du Livre des BOISSONNEAU, avec l’aimable autorisation de M et Mme BOISSONNEAU de La Rue à Pugny, avec tous nos remerciements pour leur aide dans notre recherche de documentation sur le château)

Les premiers travaux de l’ A.C.P

Parmi les travaux entrepris par l’ A.C.P en ce début d’année 2016, on trouve la mise à nue de la muraille Sud du château.

Dissimulée sous le lierre et les ronces depuis plusieurs dizaines d’années , la muraille apparait aujourd’hui .

Cette muraille est composée de pierres de schiste et de blocs de granit appareillés avec des joints en terre.

Rappelons que l’édification de cette muraille date de la fin du XV ème siècle.

Muraille et douve Sud en février 2015
Muraille et douve Sud en février 2015
Muraille et douve Sud en février 2016
Muraille et douve Sud en février 2016

La mise à nue de la muraille laisse entrevoir d’étranges appareillages avec des blocs taillés. Ces étroites fentes verticales pratiquées dans un mur de soutènement (appelées barbacanes) ont pour fonction de faciliter l’écoulement des eaux d’infiltration provenant de la masse de terre soutenue (l’eau piégée derrière un mur accentue la poussée des terres). Dans cette acception, le terme est alors synonyme de « chantepleure »

Les barbacanes
Les barbacanes
Une barbacane
Une barbacane

Les travaux de débroussaillage entrepris laissent également voir que la muraille s’est effondrée sur plusieurs dizaines de mètres de long

zone d'effondrement de la muraille
zone d’effondrement de la muraille

Il semblerait que sous la partie herbeuse allant de la muraille à la route et correspondant à l’ancienne douve, se trouve le dallage de fond de douve.  Des carottages seront réalisés pour vérifier cette information et  déterminer la hauteur totale de la muraille.

La muraille dans sa partie Est , se trouve dégagée et laisse entrevoir de futurs travaux de réfection  sur sa partie sous l’étable.

Partie Est de la muraille Sud
Partie Est de la muraille Sud

Nous souhaitons bon courage aux membres de l’ A.C.P pour la poursuite des travaux

Histoire d’un drapeau vendéen

Casimir PUICHAUD (1853 – 19..?), avocat à Niort, grand collectionneur et historien local s’est intéressé de près à l’histoire de Pugny et du château. Il publie entre autre en 1899, dans la Revue du Bas Poitou:  L’histoire d’un drapeau vendéen : l’insurrection du mois d’août 1792 ; Affaires de Moncoutant, Châtillon, Bressuire..

Jean Philippe POIGNANT a relevé dans cette publication les passages ayant trait au château et à ses habitants. Nous le remercions vivement pour sa contribution:

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2016/02/Extraits-Histoire-dun-drapeau-vend%C3%A9en.pdf

Le geste d’un gendre à son beau père

En 1480, Guillaume d’APPELVOISIN, alors seigneur de Pugny, n’a pas de fils, mais 2 filles : Anne et Guyonne (dite Hardouine) .

Anne, l’ainée, épousera cette année là Léon de Sainte-Maure, baron de Montausier. La châtellenie passera donc aux Sainte-Maure au décès de Guillaume.

Le 8 avril 1490, sentant venir la mort, Guillaume rédige son testament par lequel il laisse pour douaire à sa femme Yseult de Liniers (fille du seigneur d’Airvault) la terre de Chaligné, il fonde une chapellenie en l’église de Pugny et y élit sa sépulture.

Il meurt la même année et , compte tenu de ses hautes fonctions (il a été élu député de la Noblesse du Poitou quelques années plus tôt)Il y est inhumé au milieu d’une large foule de notables et du peuple.

Devenu seigneur de Pugny, le premier geste de Léon de Sainte-Maure fut d’assurer à son beau-père une sépulture digne de lui. Il entreprit et mena à bien la restauration de l’église. On lui doit également le clocher avec ses fenêtres finement travaillées.

Il fait graver ses armoiries et celles des Appelvoisin sur la clé de voute du chœur de l’église. Cette sculpture est encore visible aujourd’hui.

Blasons familles d'APPELVOISIN (herse) et De SAINTE-MAURE (croissant) sur chœur de l'église de PUGNY
Blasons familles d’APPELVOISIN (herse) et De SAINTE-MAURE (croissant) sur chœur de l’église de PUGNY
PUGNY -L'église
PUGNY -L’église

 

sources :  Pugny-en-poitou revit son passé , Etienne Mulon (1980)

Introduction de la pomme de terre en Gâtine

On ne le sait pas toujours mais l’introduction de la pomme de terre en gâtine s’est faite en 1787, grâce à Clément CENDRES (1754-1794), alors gérant des terres du marquis de Mauroy à PUGNY.

Clément Cendres, prenant exemple sur le Dr Bouteiller, introduit avec succès et profit la culture de la pomme de terre sur les terres du château. Cet essai à grande échelle réussi sera mentionné par Claude DUPIN, préfet des Deux-Sèvres  p 234 du « Mémoire statistique du Département des Deux-Sèvres » publié en1803   (source BNF, catalogue gallica)

extrait de la p 234 du « Mémoire statistique du Département des Deux-Sèvres »
extrait de la p 234 du « Mémoire statistique du Département des Deux-Sèvres »

Le préfet DUPIN, sous le Consulat, veut développer la culture de la pomme de terre en Gâtine, pour améliorer « la subsistance » des paysans.
Il valorise l’initiative de Clément Cendres, exagérant sans doute le volume de la récolte de 1787. Le chiffre de « 400 charretées » signifie grande quantité.
Cendres a « engraissé …moutons, vaches, bœufs ». En 1787, la pomme de terre est destinée aux bestiaux mais ne fait pas encore partie du menu des paysans, encore méfiants vis-à vis de cette nouvelle plante.

DUPIN rend hommage à Clément CENDRES, précurseur de la culture de la pomme de terre. Il le qualifie d’ « industrieux », lui reconnaissant ainsi des qualités d’ingéniosité, d’initiative. Il parle d’ « un exemple utile », à suivre par les paysans.

 

(sources : bersabou et jean-philippe POIGNANT)