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Journées Européennes du Patrimoine 2020

Cette année les journées  européennes du patrimoine se dérouleront les 19 et 20 septembre 2020.

A cette occasion, comme les années précédentes, les membres de l’association des Amis du Château de Pugny (A.C.P) vous accueilleront pour une visite des extérieurs du château samedi et dimanche de 14h00 à 17h30. Une buvette sera à votre disposition.

Pour cette année un peu spéciale, sous réserve d’évolution, les mesures préventives contre la covid seront de mise. Les visites se feront par groupes de 10 personnes suivant un itinéraire qui évitera que les groupes se croisent. Du gel hydroalcoolique sera à disposition des visiteurs. Les mesures de distanciation seront appliquées et le port du masque est vivement recommandé.

Pour favoriser le bon déroulement des visites, il est fortement recommandé de réserver votre visite.

Les visites familiales durent généralement 1 heure, et se font obligatoirement avec un guide de l’ACP, pour des questions de sécurité, le château étant actuellement en chantier.

les départs des visites se font toutes les 30 minutes à partir de 14h00. Pensez à réserver le créneau qui vous intéresse sur notre adresse mail: fbchateau.pugny@orange.fr ou par téléphone au 05.17.31.62.14.

Une visite plus technique abordant plus en détail la période protestante et des guerres de Vendée au château sera faite le samedi et le dimanche. Départ 14h30, durée 1h30 à 2h00.

Nos guides vous attendent pour vous faire découvrir ce site riche en histoire ou simplement vous faire part des dernières découvertes.

Bonnes JEP 2020

 

le château a les honneurs de la presse locale

Ce mois de juillet a vu le château à l’honneur de la presse locale:

le 22  juillet , le courrier de l’ouest , sous la plume de Michel Fradin et de Claude Cornuault, nous a fait l’honneur d’un article sur le château, et les chantiers de jeunes qui s’y sont déroulés :

Moncoutant-sur-Sèvre. Patrimoine : un nouveau chantier au château de Pugny

 

Enfin le mag’info N° 3 de la nouvelle commune de Moncoutant sur sèvre contient un article sur le site internet du château.

 

CHANTIER DE JEUNES AU CHÂTEAU (PART 3)

La troisième et dernière journée des chantiers de jeunes s’est terminée hier, une quinzaine d’enfants de l’AMJ de Moncoutant et de l’ACP y ont participé.

2 ateliers ont été privilégiés :

Le nettoyage de l’ancien lavoir :

Les enfants dégagent le pont des branchages et ronces accumulés
Les ronces sont parfois attachantes !
Les contours de l’ancien lavoir se dessinent.
La glaise accumulée dans le lavoir est difficile à extraire.

 

Le résultat à l’issue de ces journées de chantier:

 

Le second atelier proposé était le nettoyage des caves entre les portes “Gilles” et “Stéphane”

Le seuil de porte est méticuleusement nettoyé
Le nettoyage devant la porte “Gilles” se poursuit

En fin d’après midi le seuil est atteint

De l’autre côté Jacques et les enfants dégagent la vieille cheminée:

Mais comment va t on sortir cette pierre ?
En cette chaude après midi, l’ombre est la bienvenue.
Stéphane et Eric ont remis les marches en place
Gilles devant sa porte

Gilles au même endroit à la fin du confinement :

Que de chemin parcouru en quelques semaines !!!

Enfin, Gilles et Christian ont terminé le chantier de nettoyage du mur route de Largeasse

Un très grand merci aux enfants de l’AMJ, à Jimmy, et aux membres de l’ACP qui ont fait de ces 3 journées de chantier une belle réussite.

 

Toiture de la maison Roy

Début juillet, nous avions constaté une défaillance sur la charpente de la maison Roy. Une des fermes était déboîtée au niveau du mur arrière.

Alors que nous allions entamer les travaux de consolidation, le tremblement de terre du 16 juillet, dont l’épicentre se situait à environ 10km, a  fait glisser la ferme sur le plancher de l’étage entraînant la moitié de la toiture avec elle.

Stéphane et Eric ont commencé le déblaiement de l’ancienne toiture, les fermes seront remises en place et la toiture refaite si possible avant l’hiver.

Visite de M Philippe CONTAMINE

Ce samedi, répondant à l’invitation de Jean-Philippe, nous avons eu le plaisir de recevoir sur le site du château M Philippe CONTAMINE et son épouse.

M CONTAMINE, historien, et universitaire français,  spécialiste de la guerre et de la noblesse à la fin du Moyen Âge a, entre autre, effectué des recherches sur Perceval de Coloigne, (vers 1347/ 29 mars 1427) chevalier, seigneur de Pugny et du Breuil Bernard, sénéchal du Poitou, connétable de Chypre .

M CONTAMINE nous a fait l’honneur de visiter le site et de nous apporter quelques précisions sur la datation de certains bâtiments du site.

Parmi quelques membres de l’ACP de gauche à droite :M Albéric VERDON, M Remy BILLAUD, Mme Geneviève CONTAMINE, M Philippe CONTAMINE, et M Michel CHATRY

CHANTIER DE JEUNES AU CHÂTEAU (PART 2)

Pour la seconde fois depuis le début des vacances scolaires, les jeunes de Moncoutant ,sous la direction de Jimmy GEFFARD sont venus au château pour passer une journée de chantier de rénovation.

le but de ces chantiers est que les jeunes du Moncoutantais se réapproprient les sites historiques locaux qui sont souvent lié à leurs racines familiales et que ces derniers deviennent leur propriété affective.

Comme la semaine dernière, le chantier était réparti en 3 ateliers auxquels les jeunes ont participé par roulement. Au total 17 jeunes ont pris part à ces ateliers.

Le nettoyage du mur de la route de Largeasse s’est poursuivi, permettant désormais de voir tout l’arrière du château depuis la route.

Le second chantier, le nettoyage des anciennes caves du bâtiment seigneurial, dirigé par Marc, a reçu dès le matin l’aide précieuse de Jacky Poignant qui a dégagé un énorme bloc de granit qui bloquait la progression du chantier.

Ainsi le chantier a pu débuter dans de bonnes conditions.

l’escalier donnant sur l’extérieur est enfin mis au jour.

 

Enfin concernant le chantier du lavoir, jacky a eu la gentillesse de nous faire un chemin plus accessible en enlevant les arbres morts et les ronces qui obstruaient le passage.

Grâce à cette intervention les jeunes ont pu travailler en toute sécurité:

 

 

 

 

 

 

Chantier de jeunes au château (part 1)

Cette année, l’association des jeunes de Moncoutant, sous la direction de Jimmy Geffard, passent 3 mercredis au château pour effectuer des chantiers de jeunes.

Le premier de ces chantiers a eu lieu hier.

16 jeunes ont répondu présent. Ce premier chantier était réparti en 3 ateliers auxquels les jeunes ont participé par roulement.

Comme l’an passé, un des ateliers consistait au nettoyage du mur le long de la route de Largeasse.

Les enfants en bordure de la route de Largeasse

Le second des ateliers consistait au nettoyage de l’ancien lavoir situé à côté du pont, route de la Penauderie. Willy était en charge de cet atelier:

Un chemin d’accès au lavoir est préparé
L’accès au lavoir est dégagé.
Les travaux à l’intérieur du lavoir commencent
Les plants d’iris se trouvant dans le lavoir sont déplacés et replantés plus en amont.
le lavoir est débarrassé petit à petit de la terre qui le recouvre
Bientôt la boue fait son apparition, le fond du lavoir est trouvé à environ 70 cm de profondeur.

 

Pendant ce temps, le troisième atelier occupe le reste du groupe. Une première équipe dégage le mur faisant dos aux anciennes cuisines:

Jacques Chauvet, Marc et Wilfried Deborde, enseignent aux enfants comment creuser en évitant d’abîmer les pierres de taille.

l’autre équipe dégage devant la porte “gilles”

le résultat en fin de journée :

 

Merci aux membres de l’ACP : Stéphane, Gilles, Bryan, Willy, Marc, Wilfried, Christian, David, Jacques et aminatou,

et surtout un très grand merci à Jimmy et à son équipe qui ont fait un travail remarquable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES GRANDS TRAVAUX D’ÉTÉ DE L’A.C.P (PART 2)

Samedi, les bénévoles ont continué à mettre au jour et nettoyer l’espace entre les portes “Gilles” et “Stéphane”.

Nous avons reçu l’aide de Lionel GUILLOTEAU qui a dégagé les grosses pierres de taille afin de nous permettre de continuer le chantier:

 

 

Pendant ce temps là Gilles garde l’entrée de sa porte:

 

Faisant face à la porte “Gilles” Willy continue à mettre le couloir au jour.

 

Dans le prolongement du couloir, une embrasure de porte est découverte, légèrement excentrée par rapport à la porte “Gilles”

 

Enfin Stéphane et Eric ont commencé à rebâtir le dôme juste derrière la porte “Gilles”. Un galbe a été mis en place et les anciennes pierres récupérées sont remises à leurs anciens emplacements.

 

“Cet été je visite la France” : visites estivales du château

Lancée par le collectif Patrimoine 2.0, la campagne « Cet été, je visite la France » met en lumière les atouts de notre beau pays.

Partez à la découverte des ruines du château de Pugny datant du XIVe et du XVIe siècle, marqués par l’histoire de la région.

Accompagné d’un guide membre de l’A.C.P. (les amis du château de Pugny), vous visiterez les extérieurs du château, les caves et la glacière.

Vous pourrez observer les vestiges d’un premier château élevé au XIVe siècle ainsi que les ruines du “château moderne” construit aux XVe et XVIe siècles par une riche famille huguenote.

Entre autres, sont visibles quelques élévations et un portail relatif au château du XVIe dont l’incendie, en 1792, contribuera au déclenchement, quelques mois plus tard, des guerres de Vendée.

Le château de Pugny sera  ouvert au public les samedis de Juillet et Août pour permettre aux personnes qui voudraient profiter du patrimoine local de pouvoir visiter le site mis en valeur par les membres de l’A.C.P

Les visites se font sur réservation uniquement, 2 départs possibles : 14h00 et 16h00. Tarif : gratuit jusqu’à 18 ans , 2 euros par adulte.

La visite dure environ 1H30 .

Réservations par mail : fbchateau.pugny@orange.fr

ou par téléphone au 05.17.31.62.14

Les grands travaux d’été de l’A.C.P (part 1)

L’A.C.P a débuté ses grands travaux d’été qui nous mèneront jusqu’aux journées du patrimoine 2020 les 19 et 20 septembre prochains.

Le déblaiement entre la porte “Gilles” et la porte “Stéphane” a continué.

Bryan et Stéphane continuent à déblayer l’entrée.

Finalement les marches de la porte “Stéphane” sont découvertes. Cela nous permet enfin de savoir que cette porte servait d’accès aux caves à partir de la cour intérieure.

En déblayant, une grosse clé de voûte a été mise à jour.

Pendant ce temps, Willy termine la coupe du vieux noyer:

et Anthony continue le débroussaillage.

Anthony débroussaille l’arrière du château

 

Jeudi, willy, a découvert une nouvelle clé de voûte à côté de la précédente.

Willy a ses admirateurs !
Bryan sort la pierre de son logement
Les deux morceaux de voûte côte à côte.

CHANTIERS DE JEUNES AU CHÂTEAU

Cette année encore,  l’A.C.P accueillera au château des chantiers de jeunes du Moncoutantais.

3 dates ont été retenues; les mercredis 8, 15 et 22 juillet.

Au programme: nettoyage du mur d’enceinte, débroussaillage et mise au jour de l’ancien lavoir, construction de mobilier en bois de palette pour les journées du patrimoine, et chantier d’initiation aux fouilles archéologiques.

Contact:
Geffard Jimmy animateur : 05 49 72 60 44
Mail: geffard.jimmy@gmail.com

LES TRAVAUX DE PRINTEMPS DE L’A.C.P (5EME PARTIE)

Ce samedi, les bénévoles se sont à nouveau réunis sur le site:

Anthony et Christian ont débroussaillé la douve devant le château

 

le résultat en fin de matinée:

 

 

Pendant ce temps là, Francis, Stéphane, Willy et Eric  continuent le déblaiement entre les portes “Gilles” et “Stéphane”.

Francis part à la recherche du montant opposé de l’ouverture:

pendant ce temps, Stéphane, Willy et Eric trient les gravats et évacuent la terre

Malgré tous ses efforts, Francis ne trouve pas le montant opposé

 

Willy dégage minutieusement les gravats devant la porte Gilles en récupérant vieux clous et morceaux de poteries :

 

Ce n’est qu’en fin d’après midi que Stéphane découvre, grâce au travail matinal de Francis, le montant opposé de sa porte, séparé de  1,30 m :

 

Le résultat du déblaiement et nettoyage en fin de journée:

Prochaine recherche : La porte “Stéphane” donne t elle sur un escalier montant ou descendant ?

LES TRAVAUX DE PRINTEMPS DE L’A.C.P (4EME PARTIE)

Ce mercredi, Gilles, Stéphane et Eric avec l’aide de Marc Deborde ont continué le déblaiement devant la porte “Gilles”.

 

Stéphane a découvert ce qui est certainement la porte d’accès aux caves.

Mise à jour de la porte “Stéphane” qui permet l’accès aux caves.

 

Cette porte d’accès comporte très certainement un escalier qui permettrait de descendre jusqu’au niveau des caves

 

Nous recherchons toujours l’utilité de l’orifice taillé situé à gauche de la porte “gilles”

Vue rapproché de l’ouverture dans le mur.

LES TRAVAUX DE PRINTEMPS DE L’A.C.P (3EME PARTIE)

Ce samedi malgré des averses passagères et un manque de soleil, les bénévoles ont continué les divers chantiers en cours.

Bryan et Willy ont nettoyé les anciennes cuisines.

Willy déblaie dans la cheminée
La cheminée et le four à pâtisserie après l’intervention de Bryan et Willy

 

Gilles a repris son déblaiement  au niveau de sa porte.

Gilles et Eric évacuent la terre pour déblayer la porte “gilles”
Gilles examine la configuration de l’entrée.

 

Quand à Stéphane il continu à remonter le mur de façade.

Stéphane relie maintenant les 2 fenêtres
L’angle de la tour carrée Est est également en cours de reconstruction.

De Pugny à la Bastille : le destin tragique d’une famille protestante sous Louis XIV

 

Le 10 août 1661 a été célébré à Pugny  un  mariage de la communauté protestante qui est relaté dans le livre de l’Abbé Mulon publié en 1980 sur l’histoire communale.

Ce document nous permet tout d’abord d’apprendre que Pugny avait alors un temple dont le pasteur était Jehan Salbert. Était-il dans le bourg, dans un lieu-dit ou au château ? Nul ne le sait.

Mais ce sont surtout  les mariés auxquels nous allons nous intéresser. En effet, leur vie illustre particulièrement les persécutions qu’ont vécues les huguenots du bocage poitevin pendant 80 ans. Comme ils appartiennent à des familles lettrées de petite noblesse et de notables, de nombreux actes familiaux permettent de connaitre leur histoire. En ce qui concerne la répression religieuse, c’est celle de toutes les classes sociales de la communauté protestante.

Le marié est Samuel Majou (1628-1701) sieur de Lousigny, sur la paroisse de Saint Germain de Prinçay (Vendée, entre Chantonnay et Mouchamps). Il est le troisième des 7 enfants de  Daniel Majou (décédé en 1651) et Marguerite Branchu (décédée avant 1660). Si la famille Majou a ses racines aux environs de Mouchamps, Marguerite Branchu a les siennes dans le moncoutantais. Elle a apporté en dot pour son mariage, célébré vers 1620, les domaines de la Morinère de Moncoutant et de la Maupetière du Breuil Bernard (aujourd’hui rattaché à Pugny dont la paroisse n’existe pas encore à l’époque).  Il semble que ces métairies, lors du mariage de 1661, appartenaient par héritage au frère aîné du marié, François Majou (1623-1686), notaire à Mareuil sur Lay (Vendée).

Blason de Samuel Majou. Extrait de l’armorial général de France dressé en vertu de l’édit de 1696 par Charles d’Hozier (Gallica)

La mariée est Philippe (prénom alors mixte) Marguerite Desmé (1643-1709), qui semble être née à Pugny. Elle est le fille de Jacques Desmé et de Philippe Branchu. Son frère ou un oncle Desmé est alors juge-sénéchal du Breuil Bernard. Celui qui est probablement un oncle maternel, Michel Branchu,  est alors fermier général de la seigneurie de Pugny. C’est lui qui gère le domaine en l’absence du seigneur, Charles de Montausier, qui réside à la cour de Louis XIV et ne vient que rarement sur ses terres poitevines. C’est ce qui explique que le mariage ait été célébré à Pugny, certainement au château.

Par la famille Branchu, les mariés sont donc parents et  probablement cousins  germains.

La famille Majou appartient à l’église réformée de Mouchamps. La famille Desmé appartient à celle de Vaudoré de Saint Jouin de Milly. Un Branchu y fait partie des anciens du consistoire.

Un testament rédigé en 1696.

Nous allons retrouver les mariés 35 ans plus tard, le 12 janvier 1696, jour de la rédaction de leur testament. Le couple a alors quelques soucis de santé. Ce document familial exceptionnel a été sauvé de l’oubli et publié à Angers en 1854 par Paul Marchegay, descendant du couple.

« Premièrement nous rendrons grâces à Dieu notre père des bénédictions qu’il lui a plu répandre sur nos personnes et sur nos biens, et surtout de la douceur, de la tranquillité, parfaite union et amitié en laquelle nous avons vécu ensemble… »

Page de titre du testament de Samuel Majou publié en 1854.

Mais derrière ces mots pleins de piété et de sérénité, le testament nous révèle à quel point la vie de la  famille a été bouleversée par la répression religieuse décidée par Louis XIV. En 1685, l’édit de Nantes qui garantissait et protégeait le culte protestant depuis Henri IV a été révoqué.  Samuel Majou et sa femme ont alors été contraints d’abjurer leur foi.

« … notre roi cassa tous nos édits, chartes et privilèges et fit abattre nos temples. Il envoya des régiments de dragons exercer des cruautés incroyables sur ceux qui ne voulurent pas donner des actes devant les curés, portant qu’ils renonçoient à l’hérésie et erreurs de Calvin et qu’ils embrassoient les cérémonies de l’église romaine. La violence du dragon nous fit tomber en cette lâcheté, comme les autres, dont nous demandons pardon à Dieu ».

Samuel Majou a survécu 5 ans à son testament. Il est décédé à Saint germain de prinçay en mars 1701. Sa femme l’a rejoint en juin 1709.

Une grande famille

Samuel et Marguerite Majou ont eu ensemble 9 enfants qui ont tous vécu.

« Nous avons encore bien des grâces à rendre à ce bon Dieu et père des bénédictions qu’il lui a plus de répandre sur nos enfants, leur ayant donné à tous un esprit de douceur et d’obéissance envers nous. Nous les avons vus au nombre de neuf… »

  • Philippe, la fille aînée du couple, s’est mariée vers 1680 à François de La Douespe, diacre protestant. Il descend d’une famille de bourgeois normands installée à Mouchamps vers 1570 à la suite du chef huguenot René de Rohan. De nombreux mariages avec les Majou ont créé des liens très étroits entre les deux familles.

François de la Douespe s’est enfui avec sa femme aux Pays-Bas.

« …qui ont sorti du royaume à cause de la persécution,en ladite année 1685, qui sont présentement établis à Balk, en Frise… »

Dans la précipitation de leur départ, ils ont laissé la garde de leur fille aînée Charlotte, encore toute petite, aux grands parents Majou.

Dans le testament, ils ne sont pas oubliés. « Si Dieu ne permet pas que nos chers enfants …  soient de retour en ce royaume lorsque vous ferez vos partages, donnez-leur ce qui leur appartiendra comme à un de vous autres, et leur en faites tenir le revenu où ils seront ». « Nous leur donnons ici en particulier notre bénédiction, et à leurs petits enfants ».

Les La Douespe ne revinrent jamais en France. Ils eurent dans leur exil 3 autres enfants dont deux devinrent pasteur à La Haye et à Londres.

  • Samuel, deuxième enfant et premier fils de Samuel et Marguerite Majou, « sortit avec sa sœur et pour la même cause. C’est lui qui est mort à Zell, en Allemagne, de la petite vérole ». Zell, petite ville des bords de Moselle, faisait partie des états du duc de Brunswick, protecteur des huguenots en fuite. Le duc était marié à une poitevine, Eléonore Desmier d’Olbreuse, né à Usseau(79)  en 1639.   

Enfermé à La Bastille pour ses opinions religieuses.

En 1689, Samuel Majou, qui refusait d’assister aux offices catholiques, a été arrêté et enfermé à Paris à la Bastille pendant 18 mois.

« Nous n’avons point assisté au service (catholique), ce qui a attiré à moi Majou 18 mois de prison à la Bastille, à Paris. Mais mon Dieu m’a soutenu contre les menaces, maux et promesses qu’on m’a faits. En sorte que j’en suis sorti sans avoir rien accordé aux religieux destinés à me rendre, et aux autres en même état, des visites de remontrances et de menaces. »

Gravure de la Bastille au XVIII ème siècle. Photo gallica.bnf.fr

A cette occasion, Charlotte de La Douespe a été enlevée à ses grands parents et enfermée dans un couvent.   « Charlotte … qu’on nous a violemment ravie, et mise à la Propagation à Luçon »….

Dans le testament, elle n’est pas oubliée : « … nous vous demandons à tous de faire ce que vous pourrez pour l’en retirer et élever parmi vous. Nous l’exhortons d’être bien sage et craignant Dieu. »

Charlotte n’est ressortie du couvent qu’en 1700, convertie catholique, pour se marier avec Charles René de Farcy, 22 ans, lui aussi issu d’une famille protestante du Maine qui abjura en 1685. Charlotte aura deux enfants, deviendra veuve en 1707 et décédera en 1740 dans la religion catholique.

Un testament plein de sagesse et de règles de morale.

Dans leur testament, les époux Majou donnent de nombreux conseils de vie et de morale à leurs enfants.

«  Aimez-vous cordialement, courez au secours l’un de l’autre, n’ayez qu’un même sentiment ; que le partage de notre peu de biens n’empêche pas qu’ils deviennent communs pour le secours les uns des autres. Ayez toujours la crainte de Dieu devant les yeux, et il ne vous abandonnera point… »

« Souvenez-vous que vous avez pris alliance en la religion de Dieu et de vos pères… ne renoncez jamais à cette alliance : … faites qu’elle soit perpétuée en vos familles, de génération en génération. »

«  Il faut tout voir et entendre et en profiter, mais garder le silence ; et au fond, c’est un grand péché envers Dieu que de calomnier quelqu’un, quoi même que la calomnie fut véritable… »

«  Il faut cultiver l’amitié de tout le monde quand on le peut … Sur toutes choses être charitable… il ne faut point que ce soit par ostentation mais en vraie charité. »

« N’ayez ni procès ni querelle avec personne ; perdez plutôt du vôtre … Ne vous mettez pas en l’esprit que vous avez du bien assez pour vivre sans rien faire. »

«  Soyez reconnaissants du bien qu’on vous aura fait ; c’est un grand défaut que l’ingratitude. Si dans le monde on nous a fait injure, nous vous ordonnons de l’oublier… nous oublions tout le tort qui pourroit nous avoir été fait et demandons pardon à tous ceux que nous pourrons avoir offensés. »

« Lisez la sainte écriture et toutes sortes d’autres livres, ceux de piété singulièrement… »

 

Le destin tourmenté des autres enfants Majou

La vie des 7 autres enfants Majou fut également bien tourmentée. Ils obéirent tous aux exhortations de leurs parents : aucun n’abandonna la religion réformée malgré de nombreuses persécutions.

  • La troisième, Marguerite, épousât en 1696 elle aussi un de La Douespe. Sans enfant, elle mourut en 1744 à St-Germain-de-Prinçay, toujours protestante. .
  • Le quatrième, Jean est mort en 1712, célibataire.
  • La cinquième, Françoise, se maria en 1703. Elle fut dénoncée en 1725 par le curé du Boupère comme « riche protestante opiniâtre» avant d’y mourir en 1731. Elle eut une fille.
  • La sixième, Catherine, se maria en 1709. Elle est décédée en 1754 à Montournais, toujours protestante.
  • La septième, Louise, mourut en 1745. Le curé de St-Germain de Prinçay écrivit à cette occasion après avoir parlé à sa famille « Ils m’ont assuré qu’elle était morte comme elle avait vécu dans la religion prétendue réformée, je n’ai pas jugé à propos de l’inhumer». Elle fut enterrée dans un cimetière privé.
  • Le huitième enfant, Daniel, hérita de la Maupetitière de Pugny. Marié en 1715 à une cousine Desmé, il fut dénoncé en 1725 comme protestant opiniâtre par le curé de St-Germain-de-Prinçay. Sa ou ses filles lui furent alors enlevée(s) et élevée(s) dans un couvent à Luçon. Il est décédé protestant en 1750. Paul Marchegay, qui fit publier en 1854 le testament Majou, est son descendant.
  • Le neuvième enfant, François, s’est marié en 1711. Identifié comme protestant opiniâtre, ses enfants lui furent enlevés sur ordre le 30 octobre 1736. Son fils Jules, 13 ans, fut envoyé chez les jésuites à Poitiers. Sa fille Catherine 6 ans fut emmenée au couvent de l’Union chrétienne à Luçon. François Majou mourut 3 semaines plus tard au Tallud Sainte Gemme (85). Etait-il malade et on en profita alors pour lui enlever ses enfants ? Est-il mort de chagrin après leur enlèvement ? Malgré son éducation forcée, son fils Jules Majou fut toute sa vie d’adulte un protestant convaincu.

 Un descendant illustre du couple Majou.

De tous les descendants Majou, seule leur petite fille enlevée dans l’enfance, Charlotte de la Douespe,  vécut dans la religion catholique.

100 ans après son enlèvement, un de ses arrière-petits- enfants devint particulièrement célèbre au moment des guerres de Vendée. Il s’agit de Charles Artus de Bonchamps(1760-1793), général vendéen parmi les plus braves. Mortellement blessé à la bataille de Cholet le 17 octobre 1793, il est resté pour la postérité celui qui accorda sur son lit de mort, à Saint Florent le Vieil, la grâce à 5000 prisonniers républicains que certains voulaient exécuter.

Mausolée de Bonchamps à Saint Florent le Vieil par David d’Angers. Photo Wikipedia

Ce geste d’humanité, effectué dans le cadre d’une armée en déroute dans une période de violence déchaînée, nul doute que ses ancêtres Majou l’auraient particulièrement apprécié.

J-P. Poignant

Un grand merci au Pasteur Vatinel qui m’a précieusement aidé pour reconstituer la vie des mariés de Pugny.

L’extrait du livre de l’abbé Mulon sur Pugny qui évoque le mariage Majou.

Le testament de Samuel et Marguerite Majou sur Google books. https://books.google.fr/books/about/Testament_de_Samuel_Majou_et_de_Margueri.html?id=MGU_AAAAcAAJ&redir_esc=y