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Les travaux de l’ACP – Printemps 2019 (3eme partie)

Avec un temps estival, l’équipe de bénévoles de l’ACP s’était donnée rendez-vous, pour débroussailler le dessus des ancienne cuisines du château.

Les anciennes cuisines du château, se trouvent dans le premier niveau de caves et jouxtent la maison « Roy ». Afin de protéger la voute des cuisines, une toiture en tuiles a été faite il y a quelques dizaines d’années.

Lors de l’achat du château par son nouveau propriétaire en 2015, cette toiture était entièrement recouverte de végétation ainsi que les petits appentis construits perpendiculairement, et qui vont être totalement enlevés pour redonner au château sa forme initiale.

La toiture des cuisines en 2015

 

 

 

 

 

 

Les appentis en 2015

 

 

 

 

 

 

La toiture et les appentis aux JEP 2018.

 

 

 

 

 

Les bénévoles de l’ACP se mettent au travail

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le résultat 2 heures plus tard, la toiture est entièrement débarrassée des ronces et du lierre, la toiture des appentis a été enlevée pour permettre leur démolition.

 

 

 

 

 

 

Un grand bravo aux bénévoles.

 

Si vous souhaitez rencontrer les bénévoles et les membres de l’ACP, si vous souhaitez participer à cette aventure de découverte d’un patrimoine local, de son histoire et de ses mystères, venez nous rencontrer lors du forum des associations qui se tiendra le samedi 15 juin de10 heures à 13 heures dans un périmètre autour de la salle des fêtes Bel Air, des stades, des salles de la Chênaie à Moncoutant sur sèvre. Nous vous y attendons !

Vers 1090 : testament du seigneur de Pugny Gautier le Fort

Je complète ici un article déjà publié en 2016 en y apportant quelques précisions. 
Le document que vous pourrez découvrir en lien est un extrait du Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest du 1er trimestre 1908.

L’auteur est Léon Levillain (1870-1952) grand historien spécialiste du haut moyen âge qui a enseigné à Poitiers de 1900 à 1908.

Levillain y retranscrit un parchemin en latin du XIème siècle (entre 1077 et 1091) qui est le testament de Gautier le Fort (Gauterius cognomento fortis), seigneur de Pugny.

Chapiteau roman de l’abbaye de Nouaillé (Vienne) où le testament a été rédigé et déposé.
Photo site art-roman.net

Ce parchemin décrit la donation à l’abbaye  de Nouaillé (Vienne) « … de la moitié de l’église Saint Pierre de Pugny (aecclesiae sancti Petri dicate in villa que Pugnis), des droits de chapellenie, de la moitié de la dîme de tous les biens, une manse de terre libre de toute coutume pour y établir un bourg…  » .

Tombeau de Philippe 1er (1052-1108) roi de France à l’époque de Gautier le Fort.
Abbaye de Saint Benoit sur Loire. Photo Wikipédia

D’après l’histoire de Pugny par l’abbé Mulon (1980), cette donation fait suite à une première moitié actée en 1038 par Tetmar le Fort, fils de Garnier, père ou grand père de Gautier.  Cet article évoque donc le deuxième plus ancien texte qui mentionne l’existence de Pugny.

Bonne découverte.

J-Philippe Poignant

Testament de Gautier le Fort

La maison de la famille ROY au début du 20éme siècle.

A partir des plaques de verre issues de la collection de  Mr Thomas, pharmacien à Parthenay et qui se trouvent désormais aux Archives Départementales des Deux-Sèvres, nous avons pu obtenir une image de la maison occupée par la famille ROY, jusqu’à la fin des années 70.

maison ROY début 20° siècle

Pour mémoire cette habitation a été édifiée dans les restes de l’ancienne tour carrée Est du château.

Ne pouvant dater avec précision la prise de vue, il est possible qu’au moment du cliché la maison était habitée par la famille Boissonneau (partie en 1919).

La maison ROY de nos jours

la maison ROY en janvier 2015
La maison ROY en septembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à Rémy BILLAUD, et Raymond DEBORDE pour les plaques de verre.

Dernières traces de l’incendie de Chateauneuf en octobre 1793

Un de mes cousins qui a passé toute sa vie à Chateauneuf de Largeasse m’avait indiqué il y a quelques années qu’une porte d’un grenier y gardait les traces d’un incendie des guerres de Vendée.

Lors de ma dernière visite à Chateauneuf, le propriétaire du grenier et des restes du château,  a bien volontiers voulu me montrer ce dernier témoignage d’un terrible passé.

Grâce aux documents d’indemnisation de 1811 conservés aux archives départementales, nous avons pu reconstituer les circonstances de l’incendie.

En 1811, Napoléon 1er décidât d’accorder une aide financière aux propriétaires des bâtiments détruits ou endommagés lors des guerres de Vendée 17 ou 18 ans plus tôt. L’objectif était de faire disparaître les vestiges de cette abominable guerre civile, d’encourager la reconstruction et sans doute aussi … de faire des propriétaires  indemnisés des soutiens du régime impérial.

Photo du village de Chateauneuf au début du XXème siècle. Collection privée

 

Ces aides ont été répertoriées par communes et on y retrouve à Largeasse un détail intéressant en ce qui concerne Châteauneuf, propriété avant la révolution, comme le château de Pugny, du marquis de Mauroy :

  • « … tous lesquels bâtiments ont été incendiés dans le courant d’octobre 1793 par un détachement de l’armée qui alors était en station à Bressuire, et commandé par le général Desmare qui fut présent à l’incendie. »
Demande d’indemnisation de 1811 pour destruction d’un immeuble pendant les guerres de Vendée. Les conditions de l’incendie de Chateauneuf y sont très nettement décrits. Ref 1 M 604 AD 79

C’est ce même détachement qui incendia les communs du château de Pugny, le village de la « Rue », les châteaux de la Forêt sur Sèvre, ainsi que ceux de la Fenestre, de Lavau-Richer et d’Etrie à Chanteloup.

Au début octobre 1793, les armées républicaines parties de Niort, Parthenay et la Châtaigneraie effectuaient un mouvement concentrique du sud-est vers le nord ouest pour bousculer les armées vendéennes vers Cholet. Elles pratiquaient la politique de la terre brûlée pour terroriser les populations et ainsi encombrer l’armée vendéenne de dizaine de milliers de réfugiés. Châteauneuf est l’un des points les plus au sud des destructions effectuées.

L’adjudant général Desmares ne tarda pas à payer ses méfaits. Commandant les troupes républicaines basées à Bressuire d’octobre à décembre 1793, il fut sévèrement battu par une bande vendéenne à Jallais (49) le 7 décembre 1793. De ce combat est né le mythe de l’enfant soldat  républicain Joseph Bara, jeune protégé du général, glorifié par Robespierre et envoyé au Panthéon (et qui serait donc un des incendiaires de Châteauneuf et de Pugny!). Mais après sa défaite, Desmares fut démis de ces fonctions, jugé pour incompétence et trahison puis  guillotiné à Angers le 31 janvier 1794.

Porte de grenier de Chateauneuf qui garde des traces de l’incendie de 1793.

Voici comment la grande histoire rejoint la petite histoire d’une vieille porte de grenier…

J-Philippe Poignant

Une pensée pour Maurice Bordeau, décédé en 2017, qui m’a fait connaitre cette histoire de porte.

Merci à Raymond Deborde qui sait si bien retrouver des documents exceptionnels.

Merci à Pascal Paineau et Richard Lueil, qui m’ont informé des destructions du détachement Desmares.

Merci enfin à Monsieur Louis Berteaux, qui m’a ouvert sa porte,  pour sa gentillesse et sa bienveillance.

 

4ème partie. Une famille de Pugny aux origines protestantes : Louis Fradin (1736-1794)

Louis Fradin est né au Breuil Bernard le 9 mai 1736. Il est le 4ème enfant des 5 qu’ont eu ensemble Jacques Fradin et Marie Branchu. , Tous ses frères et sœurs sont nés à Pugny. Seuls trois garçons de la fratrie survécurent, Louis et ses frères Jacques et Pierre.

Enfants d’un couple protestant, les circonstances de l’abjuration et de la réhabilitation du mariage des parents font que l’éducation religieuse de la fratrie a probablement été particulièrement surveillée par les curés du Breuil Bernard et de Pugny.

En ces temps de forte répression, la moindre incartade pouvait entraîner l’enlèvement  des enfants aux parents « indignes ». On ne trouve aucun acte pouvant faire douter du bon comportement catholique des enfants Fradin.

Un mariage avec la fille d’une famille de commerçants

Le 9 février 1768, Louis Fradin se marie avec Catherine Paynot, âgée de 30 ans, fille d’Antoine Paynot, dit de la Bardonnière, commerçant décédé de Clessé.

Acte de mariage de Louis Fradin et Catherine Paynot AD79 Pugny BMS 1763-1792 Vue 12/136

D’une famille aisée, Catherine descend de plusieurs familles de notables des environs :

  • les Thourayne, marchands de La Chapelle Saint Laurent
  • les Gentils, aussi marchands à Clessé
  • une autre famille Fradin,  sans lien proche avec celle de son mari,  qui a produit plusieurs notaires, à Moncoutant et Largeasse
  • la famille Puichaud qui descend d’une grande famille d’hommes de lois de la baronnie de la Forêt sur Sèvre.

Le niveau social des mariés se remarque par les nombreuses signatures de l’acte de mariage, qui tranche avec celui des paysans, pour la plupart illettrés.

La sœur de Catherine Paynot, Marie Anne, se mariera également en 1768 à Chanteloup avec le marchand Jacques Maupillier. En 1777, elle deviendra la mère d’un autre Jacques Maupillier, futur soldat vendéen qui inspirera Philippe de Villiers pour la cinéscénie du Puy du Fou.

Dessin de Louise de la Rochejaquelein (1826). Illustration extraite de l'Album Vendéen Amblard de Guerry et Michel Chatry 1992
Jacques Maupillier 1777-1857 Le soldat vendéen devenu héros du Puy-du-Fou, neveu de Louis Fradin et Catherine Paynot. Dessin de Louise de la Rochejaquelein (1826). Illustration extraite de l’Album Vendéen ^par Amblard de Guerry et Michel Chatry 1992.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une nombreuses descendance 

Louis et Catherine eurent ensemble 8 enfants dont 6 vécurent, leur assurant une très nombreuse descendance dont une partie habite toujours Pugny et ses environs.

Personne Date de naissance Conjoints Date de l’union Date de décès
M Louis Fradin 09/05/1736 F Catherine Paynot  dite Bardonnière 09/02/1768 10/04/1794
Enfants
1. F Louise Catherine Fradin vers 1768 M Pierre Michel Rouault 02/07/1788 22/10/1853
2. F Marie Anne Fradin 15/08/1770 M Louis Texier 09/08/1793 18/04/1834
3. F Marie Magdelaine Fradin 24/07/1772
4. M René Fradin 02/05/1774 F Catherine Mesnard 16/07/1795 29/09/1823
5. F Louise Véronique Fradin 06/03/1776 M Antoine Archambault 21/06/1796 25/10/1847
6. M Joseph Ambroise Fradin 03/03/1778 F Marie Agathe Fradin de Linières 22/04/1800 07/10/1853
7. F Louise Angélique Fradin 01/09/1780
8. F Catherine Louise Fradin 10/09/1782 M Louis Palluau 02/11/1801

 

Un notable qui participe activement aux institutions locales 

Louis Fradin va devenir au fil des années un notable de la paroisse.

Ainsi, on trouve en 1782 sa signature au côté du marquis de Mauroy sur l’acte notarié qui marque la décision de l’assemblée paroissiale de construire un nouveau presbytère.

Extrait de l’acte notarié de 1782 concernant la construction d’un nouveau presbytère à Pugny . Louis Fradin fait partie des 5 notables qui signent avec le marquis de Mauroy.

La révolution de 1789 transforme les paroisses en communes dirigées par un conseil général, vite appelé conseil municipal. Élu pour deux ans et renouvelable annuellement par moitié, les électeurs sont les citoyens payant l’équivalent de dix journées de travail en impôt direct. Pour Pugny, le nombre de conseillers était de 6, parmi lesquels étaient choisis 3 officiers municipaux. Le maire était désigné par les électeurs pour 2 ans renouvelables.

Le 3 juin 1790, fut effectuée une perquisition par la garde nationale de la Chapelle Saint Laurent au château de Pugny suite à des soupçons d’accaparement spéculatif de blé et de détention d’armes par le marquis de Mauroy. Dans le procès-verbal, on voit que Louis Fradin était alors un des 3 officiers municipaux de la commune.

La guerre 

On ignore si Louis Fradin fut un observateur passif ou un acteur engagé de la révolte de 1792 et du début des guerres de Vendée. Toujours est-il que sa fille Marie s’est mariée à Pugny  le 9 août 1793 à Louis Texier laboureur âgé d’environ 30 ans.

Nous sommes alors en pleine guerre, à une époque où le bocage bressuirais est encore pour quelques semaines à l’abri des destructions des armées républicaines. Ce mariage célébré par le curé réfractaire Guillon, ne laisse aucun doute sur la sensibilité favorable au soulèvement de Louis Fradin.

Une des particularités des registres paroissiaux de Pugny pendant les guerres de Vendée est de n’avoir aucune coupure durable malgré les événements dramatiques. Seuls quelques feuillets datent de 1794, alors que le curé  Guillon se terrait dans la clandestinité. On y trouve le 10 avril 1794 l’acte de sépulture de Louis Fradin, décédé la veille, enterré en présence de son gendre Louis Texier, de son voisin Pierre Grellier et de son cousin Jacques Sionneau.

Les circonstances de la mort de Louis Fradin

Au printemps 1794, le bocage était  soumis aux exactions républicaines. La population se réfugiait dans les bois à la moindre alerte. Elle était sans nouvelle de ses parents, frères, fils  ou voisins arrêtés en novembre et décembre 1793. Elle ignorait s’ils avaient été fusillés, guillotinés ou étaient en train de croupir  dans des  cachots surpeuplés.

 

Acte de sépulture de Louis Fradin. Cet acte clandestin de l’abbé Guillon mentionne que la sépulture a eu lieu en son absence. 
AD 79 BMS Pugny 1792-1804 Vue 4/175

Qu’est-il arrivé à Louis Fradin? Le croisement de la demande d’aide à la reconstruction par son fils René Fradin en 1811, et la demande de pension de veuve de Catherine Paynot en 1816, nous indique qu’il a probablement été tué le 9 avril 1794 par la colonne républicaine qui a alors incendié sa maison et le bourg de Pugny.

Ces mêmes troupes bleues seront écrasées par les soldats paysans vendéens commandés par Marigny le 18 avril à Boismé. Dans le récit de ce combat paru en 1874, l’abbé Augereau, curé du Boupère mentionne que l’on acheva un cavalier républicain blessé  qui refusait de se rendre.

On trouva son porte-manteau remplit d’argent issu des pillages de cette colonne…

Septembre 1811. Descriptif d’indemnisation de René Fradin pour sa maison du bourg de Pugny. « … en totalité incendié en le courant du mois d’avril 1794… »
Pension de veuve de 50 francs accordée à Catherine Paynot Bardonnière le 27 juin 1816. AD 85 SHD XU 39-24 Vue 5/6. Pensions accordées à 319 veuves d’anciens combattants. Cette pension est demandée à Chanteloup où demeure alors Catherine Fradin-Paynot probablement chez une de ses filles. A noter que Louis Fradin est prénommé René comme son fils, et que la veuve est dénommée Bardonnière , second nom par lequel était connu son père.

J-P. Poignant

Merci  à Régine Munier qui m’a permis d’identifier la famille de Louis Fradin. Merci  également au Pasteur Vatinel, qui m’a fait découvrir l’histoire protestante locale et à Raymond Deborde qui m’a transmis le contrat de mariage, l’acte de construction du presbytère de Pugny en 1782 et m’a permis de comprendre les circonstances de la mort de Louis Fradin.

Sans l’esprit de partage et de coopération de notre groupe de passionnés, la redécouverte du destin de la famille Fradin aurait été impossible.

 

 

 

 

 

 

 

Les travaux de l’A.C.P printemps 2019 (2eme partie)

Ce samedi 23 mars,  les travaux de nettoyage du mur Est, se sont poursuivis.

Stéphane et Anthony au débroussaillage de l’angle Nord-Est
Gilles en haut et Christian en bas à l’attaque d’un pied de lierre
Annie au nettoyage de la base du mur
Anthony, Stéphane et Gilles au pignon Nord-Est.
Christian et Gilles, dégageant le lierre de la toiture.
Une partie du mur nettoyé.
Vue d’ensemble du mur à l’issue de la seconde journée de nettoyage.

Les travaux de l’A.C.P printemps 2019 (1ere partie)

Pour commencer les travaux de restauration 2019, les membres de           l’ A.C.P ont entrepris de nettoyer le mur Est du château.

Les samedis 16 et 23 Mars la petite équipe de bénévoles, rejoint cette année par Annie Marolleau, a entièrement mis à nu le mur, couvert de lierre, de ronces et caché par des noisetiers sauvages.

Vue du mur avant l’intervention
Extrémité Nord-est du mur
Enchevêtrement de lierre et de ronces cachant le mur
Ouverture basse faite au 20éme siècle pour rentrer les betteraves

Résultats après la première journée d’intervention des membres de l’ACP

Vue générale du mur à l’issue de la première journée de travail

 

Extrémité Nord-est après défrichement

Le nettoyage du mur a permis de faire apparaître de nombreuses fenêtres autrefois dissimulées par le lierre.

Un petit fenestron entourage brique.
Petite fenêtre haute avec entourage en granit taillé
Petite fenêtre haute avec barreaux entrelacés
Fenestron haut horizontal avec barreaux
Fenêtre basse entourage bois
L’ouverture basse pour le déchargement des betteraves dégagée
Certaines ouvertures basses ont été murées
Ancien passage reliant le bâtiment au pigeonnier aujourd’hui semi enterré.

Un grand merci à Annie, christian, stéphane, anthony, gilles, david et francis, notre chef de chantier.

 

 

 

Autorisation du Roi Louis XI à Guillaume d’Appelvoisin de faire édifier le château de Pugny

Suite à notre article sur l’évolution du château à travers les âges, nous produisons dans son intégralité le document autorisant Guillaume d’Appelvoisin, écuyer d’écurie du roi, de faire édifier en sa terre et seigneurie de Pugny une maison et place fortifiée.

«  » »

Février 1475, n.s.

Autorisation à Guillaume d’Appelvoisin, écuyer d’écurie du roi, de faire édifier en sa terre et seigneurie de Pugny une maison et place fortifiée.

  • B AN JJ. 195, n° 1095, fol. 249
  • a P. Guérin, Archives historiques du Poitou, 41, p. 7-8

D’après a.

Loys, par la grace de Dieu roy de France. Savoir faisons à tous, presens et advenir, nous avoir receu l’umble supplicacion de nostre chier et bien amé escuier d’escuierie, Guillaume d’Appellevoisin, seigneur de Pugny en nostre païs et conté de Poictou, contenant que, pour le decorement et exaulcement de sadicte seigneurie de Pugny, qui est tenue en arrière fief de nous à cause de nostre dicte conté de Poictou, il feroit voulentiers bastir, construire et édiffier en icelle, ou lieu le plus propre et avantageux une maison et place fort et icelle fortiffier et emparer, mais il ne l’oseroit ne vouldroit faire, sans avoir sur ce noz congié et licence, humblement requerant que, attendu que le seigneur de Bressuire1, de qui ladicte seigneurie est tenue et mouvant, s’est consenty à ce, il nous plaise luy octroyer lesdiz congié et licence, et sur ce luy impartir nostre grace. Pour quoy nous, ces choses considerées, inclinans favorablement à la supplicacion et requeste dudit suppliant, en faveur des bons et agreables services qu’il nous a par cy devant faitz fait chacun jour à l’entour de nostre personne et autrement en plusieurs manières, et esperons que encores face, à icelluy, pour ces causes et autres à ce nous mouvans, avons donné et octroyé et par ces presentes, de grace especial, pleine puissance, certaine science et auctorité royal, donnons et octroyons congié et licence de faire bastir, construire et ediffier en sadicte seigneurie de [p. 8] Pugny, ou lieu le plus propre et avantageux d’icelle que faire se pourra et bon luy semblera, une maison et place fort et icelle faire fortiffier et emparer de tours, murailles, barbecanes, portes, portaulx, pont levis, boulevars, douves, foussez, faulses brayes et autres fortifficacions et emparemens nécessaires et convenables à maison et place forte, pourveu toutesvoys que les manans, habitans et subgetz d’icelle seigneurie ne seront point tenus de faire aucun guet et garde en ladicte place forte, ainsi le feront où ilz ont acoustumé, et aussi que le seigneur de qui ladicte seigneurie est tenue et mouvant se soit consenty ou consente à ce. Si donnons en mandement par cesdictes presentes, à nos amez et feaulx conseillers les gens de nostre Parlement et de noz comptes, au seneschal de Poictou et à tous noz autres justiciers, ou à leurs lieuxtenans, presens et avenir, et à chacun d’eulx, si comme à luy appartiendra, que de nostre presente grace, congié et licence ilz facent, seuffrent et laissent ledit suppliant joyr et user plainement et paisiblement, sans luy faire, mettre ou donner, ne souffrir estre fait, mis ou donné aucun destourbier ou empeschement au contraire. Et afin que ce soit chose ferme et estable à toujours, nous avons fait mettre nostre seel à cesdictes presentes. Sauf en autres choses nostre droit et l’autruy en toutes, Donné Paris, ou moys de février, l’an de grace mil cccc. soixante quatorze, et de nostre règne le xiiiie.

Ainsi signé : Par le roy, le sire d’Argenton et autres presens. Tilhart. — Visa.

1 Jacques de Beaumont, seigneur de Bressuire.

Extraits des notes rédigées au XIXème siècle par Paul Guérin secrétaire des archives nationales (1845-1911) lors de la transcription et de la publication des Actes royaux du Poitou (1302-1483) en 12 tomes. Ces textes sont désormais disponibles en ligne sur le site http://corpus.enc.sorbonne.fr

Aspect du château à travers les âges

Malgré quatre années de recherches, tant auprès des particuliers qu’aux archives départementales et nationales, nous n’avons trouvé aucune représentation du château avant le 20° siècle.

Néanmoins nos recherches nous ont permis d’avoir une idée approximative de l’aspect du château tel qu’il aurait pu être au cours des différentes périodes historiques.

Sans être affirmatif, les premiers seigneurs de Pugny, aux alentours de l’an mil, ont certainement résidé dans un donjon  en bois implanté sur une motte féodale sur laquelle se sont succédé les différents châteaux.

Motte féodale de l’an mil

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A l’époque de la construction du château fortifié en 1474, nous avons une description de ce que pouvait être le château-fort construit par Guillaume d’APPELVOISIN, écuyer du roi Louis XI. Alors que la guerre de cent ans est terminée, il obtient cette année là le privilège rare de pouvoir fortifier son château et d’établir une foire à Pugny le jour de la Saint Pierre (patron du prieuré). C’est probablement à cette période qu’un système de digues constituent des étangs qui protègent l’ensemble fortifié.

Représentation du château en 1474

 

Extrait de l’autorisation donnée par Louis XI à Guillaume d’Appelvoisin, écuyer d’écurie du roi:

«  » »…, de faire édifier en sa terre et seigneurie de Pugny une maison et place fortifiée, avons donné et octroyé et par ces presentes, de grace especial, pleine puissance, certaine science et auctorité royal, donnons et octroyons congié et licence de faire bastir, construire et ediffier en sadicte seigneurie de  Pugny, ou lieu le plus propre et avantageux d’icelle que faire se pourra et bon luy semblera, une maison et place fort et icelle faire fortiffier et emparer de tours, murailles, barbecanes, portes, portaulx, pont levis, boulevars, douves, foussez, faulses brayes et autres fortifficacions et emparemens nécessaires et convenables à maison et place forte , «  » »

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Grâce aux différentes descriptions du château trouvées entre autre dans les actes de vente, l’étude des constructions régionales de la même époque, et les vestiges aujourd’hui présents nous avons réalisé un dessin prenant en compte l’ensemble des informations en notre possession, Ce dessin donne une idée du château acheté par la famille De Mauroy en 1731.

Château de Pugny en 1731

 

Description de 1731

Plus proche de nous , voici une photo aérienne prise en 1979, période ou le château servait d’exploitation agricole.

Pugny le Château vue du ciel 1979

Assemblée générale de l’A.C.P

Ce samedi 2 mars s’est tenue l’assemblée générale de l’A.C.P à la petite salle de la mairie.

L’arrivée des participants

 

 

 

 

 

 

petits groupes de discussion avant le début de l’AG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques membres de l’ACP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le président a fait état du bilan moral et financier de l’association.

 

 

 

 

 

 

 

3ème partie, une famille de pugny aux origines protestantes : 1758, le dernier mariage d’un drôle de paroissien

La troisième partie de l’étude de la famille protestante Fradin-Branchu est encore consacrée à Jacques Fradin que nous retrouvons en 1758. Sa femme Marie Branchu est décédée à une date indéterminée.

Sur les registres paroissiaux du Breuil Bernard on trouve le 18 avril 1758 la naissance de :

… « Pierre Jacques, fils naturel de Marie Buchet . Maître Jacques Fradin a confessé en présence de Jean Piet et de Louis Aubrit que cet enfant est de lui et promet d’épouser la dite Buchet. Les parrains et marraines ont été Pierre Richard et Françoise Barbotteau qui ont déclaré ne savoir signer. » 

Signatures :  Jacques Fradin, Jean Piet, Louis Aubrit. Vergneault, curé du Breuil Pugny.  

Acte de Baptême du 18 avril 1758. BMS Breuil Bernard AD 79

On pourrait considérer cette naissance hors mariage comme un accident lié à l’ »empressement » d’un jeune couple mais ce n’est pas cela du tout.

Par l’acte de mariage du 29 avril 1758, on en sait beaucoup plus. 

… « j’ai conjoint en mariage Jacques Fradin, veuf en première noces de Marie Roy et en seconde de Marie Branchu, d’une part avec Marie Buchet, veuve en premières noces de Pierre Turpeau et en seconde de François Richard, en présence de Jacques Fradin fils du contractant, Pierre Grignon et Charles Chouc qui ont signé… « 

Signatures :  Jacques Fradin (marié), Jacques Fradin (fils), Pierre Grignon, Charles Chouc, Vergneault, curé du Breuil Pugny.

Mariage du 29 avril 1758. BMS Breuil Bernard AD 79

Les mariés et parents du bébé ne sont donc pas de jeunes tourtereaux mais des adultes mûrs. Jacques Fradin a alors en effet près de 80 ans !

En dehors de la peu courante aptitude tardive à procréer du père, on peut se demander ce qu’il s’est passé pour qu’en cette époque de grande surveillance morale, un tel « accident » ait pu se produire avec des personnes de cet âge !

Nous n’en aurons probablement jamais la preuve certaine, mais l’ hypothèse la plus probable est que nous avons affaire à un couple de protestants qui avait « oublié » de se marier à l’église. Nous avons vu dans les articles précédents que Jacques Fradin, notable huguenot avait été obligé d’abjurer en 1730 et de réhabiliter son mariage avec Marie Branchu sous la pression du subdélégué de l’intendant du Poitou. Il semble bien qu’il ait récidivé 28 ans plus tard, et que le curé Vergneault, prévenu de la naissance d’un enfant par une dénonciation ou la rumeur publique,  n’a pas raté l’occasion de remettre ces brebis égarées dans le « droit chemin ».

En 1758, le plus dur des répressions protestantes est passé. Les dernières « chasses aux pasteurs » par la maréchaussée dans le bocage datent de 1750. C’est cette même année qu’est exécuté en juillet à Poitiers Jacques Boursault, de Moncoutant condamné pour rébellion.  Il sera le dernier huguenot a subir ce sort dans le  Poitou.

Méreau de Moncoutant de 1752.
Ce jeton de plomb servait de laisser passer pour accéder aux cérémonies du désert. Photo extraite du livre d’Hélène et Jean Micheneau « Histoire de l’église réformée de Moncoutant » 2003

Ce mariage forcé aura donc probablement été :

  • la dernière humiliation de Jacques Fradin, vieux protestant réfractaire qui aura subi toute sa vie les brimades des autorités royales et religieuses.
  • un dernier baroud d’honneur d’un zélé curé du bocage.

A partir des années 1760,  la répression s’atténuera et les huguenots de Moncoutant pourront enfin exercer leur culte sans danger. Il faudra attendre 1787 et l’édit de tolérance de Louis XVI  pour que les protestants de France retrouvent un état-civil officiel. La révolution de 1789 apportera enfin la totale liberté au culte réformé.

1 an après son dernier mariage, le 27 mai 1759  seront célébrées au Breuil Bernard les obsèques de Jacques Fradin, « de son vivant marchand âgé d’environ 80 ans ». Ont assisté à son enterrement Jacques, Pierre et Louis Fradin (ses trois garçons nés du 2 ème mariage avec Marie Branchu), ses neveux Jacques Sionneau, Jacques Forestier et Pierre Loizeau (les deux premiers sont les enfants de ses beaux frères qui ont abjuré avec lui en 1730 à Parthenay),  son beau frère Henry Basty.

Le 8 novembre 1759 sera baptisée au Breuil Bernard Louise Perrine Fradin fille posthume de Jacques Fradin et de Marie Buchet. Après ces baptêmes, on ne trouve pas de trace du destin des deux enfants de ce couple.

Dans un prochain article nous évoquerons le destin de Louis Fradin, 2ème fils du mariage avec Marie Branchu.

J-P Poignant

Merci au Pasteur Vatinel et à Raymond Deborde, dont les nombreuses informations m’ont permis de rédiger cet article.

Les données historiques sur les dernières persécutions  et condamnations proviennent de ma lecture du  livre d’Hélène et Jean Micheneau « Histoire de l’église réformée de Moncoutant » 2003 Jolly Imprimeur Bressuire

Fin de la commune de Pugny

Même si cela est un peu passé inaperçu, une page d’histoire vient de se tourner.

Apres avoir été une seigneurie pendant près de  1 000 ans, Pugny est devenu une commune juste après la révolution française.

Elle aura été administrée pendant plus de 200 ans par divers maires.

Depuis le 1er janvier 2019, la commune de Pugny a été annexée dans une nouvelle commune : Moncoutant sur Sèvre.

Moncoutant sur Sévre

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette nouvelle commune est formée de  6 anciennes communes : Moncoutant,  Moutiers-sous-Chantemerle, Saint-Jouin-de-Milly, La Chapelle-Saint-Etienne, Le Breuil-Bernard et Pugny.

Les 6 communes formant Moncoutant sur Sèvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle s’étend aujourd’hui sur  9 278 hectares et compte 5 192 habitants.

La nouvelle commune regroupe aujourd’hui 120 associations actives dont l’A.C.P.

 

 

Une famille de Pugny aux origines protestantes. 2ème partie : la réhabilitation d’un mariage en 1730

Réhabilitation du mariage de Marie Branchu et Jacques Fradin.

Nous avons dans la première partie de cette série évoqué l’abjuration de 4 protestants de la même famille le 2 août 1730 à l’église Sainte Croix de Parthenay. Le second acte que nous allons découvrir est la réhabilitation du mariage de deux des nouveaux convertis, Jacques Fradin et Marie Branchu, 5 jours après  :

« Aujourd’hui septième aoust de l’année 1730, nous Pierre Jolivard chanoine curé de Sainte Croix soussigné, vu la réponse de Monseigneur XXXXX évesque de Poitiers qui dispense Jacques Fradin de la paroisse de Pugny, et Marie Branchu de la publication de trois bans pour la réhabilitation de leur mariage ensemble la commission à notre mère l’église pour faire la ditte réhabilitation XXXXXXXXXXXXXXX vu le consentement de Monsieur Audouin curé de Moncoutant de la paroisse duquel est la dite Branchu en conséquence de celle-ci avons fait la ditte réhabilitation XXX donne la bénédiction nuptiale dans cette église conformément à la dite commission qui a XXXXX en présence des soussignés

Signé : Jacques Fradin, Marie Branchu, XXX illisible, Turquand avocat ducal, Louise Jeanne Fradin,  Chaboceau subdélégué, Fortinière doyen,  de Chouppes chanoine,  Picault chanoine, Jolivard curé de Sainte Croix »

AD 79 BMS Parthenay Ste Croix 1617-1736 vue 138/144

Qu’est-ce que la réhabilitation d’un mariage ?

Jacques Fradin et Marie Branchu  se sont déjà mariés selon le rituel protestant probablement en privé ou « au désert ».  Mais ce mariage n’est reconnu ni par l’église ni par les autorités civiles ce qui crée des problèmes juridiques considérables (reconnaissance des enfants, succession et transmission du patrimoine etc…)
« La réhabilitation est un terme du droit civil d’ancien régime.  Comme les protestants n’avaient plus, depuis 1685 (révocation de l’édit de Nantes), ni état civil ni état religieux puisqu’en royaume de France les deux étaient confondus et que la religion réformée était prétendue disparue, les protestants français étaient considérés comme concubinaires : d’où impossibilité de faire bénéficier ces couples des « effets de droit » produits par le mariage. » Extrait du site internet http://huguenotsweb.free.fr
Ce re-mariage peut apparaître comme une nouvelle humiliation administrative et religieuse imposée aux nouveaux convertis Fradin-Branchu après leur abjuration.

Qui sont tous ces témoins ?

On retrouve tout d’abord les religieux de la collégiale Sainte-Croix déjà présents lors de l’abjuration du 2 août, soit Louis Picault ( ?-1759) et Pierre François de Chouppes (?-?), chanoines,  Charles Maynard de la Fortinière (1683-1750), doyen, et Pierre Jolivard (?-1746), curé de la paroisse. A noter que ce sont les seuls actes de cette période où les 4 chanoines signent ensemble, ce qui prouve bien l’importance et le caractère exceptionnel de l’abjuration et de cette réhabilitation de mariage.
La sœur de Jacques Fradin, Louise Jeanne, est aussi présente. Elle est l’épouse de Jean Sionneau, également converti le 2 août, et est alors enceinte de 6 mois. Il est bien possible qu’elle ait été détenue avec Marie Branchu au couvent proche de la collégiale le temps de la réalisation que toutes les formalités d’abjuration.
Autre témoin déjà présent le 2 août, Philippe Turquand (1693-1759), avocat ducal et probablement le défenseur des convertis.
Apparaît enfin sur cet acte de réhabilitation un nouveau personnage qui montre que la chasse aux protestants est à la fois une affaire de religion mais aussi d’autorité politique. Il s’agit de Louis Chaboceau (1685-1745), subdélégué de l’intendant du Poitou, et donc haut représentant du pouvoir royal. Ce fonctionnaire, dont le titre peut s’apparenter au sous-préfet actuel, serait le commanditaire des probables arrestations des nouveaux convertis.

Derrière ces deux actes exceptionnels d’août 1730, ressort le drame des protestants poitevins victimes pour leur foi  de brimades et de persécutions. La communauté du moncoutantais à particulièrement souffert des dragonnades de 1685-1686 lorsque Louis XIV révoqua  tous les textes établis par son grand-père Henri IV pour protéger le culte calviniste.

Mais en fait la répression s’est abattue sur les mêmes familles pendant des décennies et plusieurs générations. Nous suivrons dans un troisième article la fin de vie de Jacques Fradin et ses derniers démêlés avec l’église catholique.

J-P Poignant

Merci au Pasteur Denis Vatinel, à Raymond Deborde et à Albéric Verdon dont les  connaissances et l’immense travail généalogique m’ont  permis de rédiger cet article.

Une famille de Pugny aux origines protestantes. 1ère partie : l’abjuration de 1730

Abjuration de protestants  à l’église Sainte Croix de Parthenay en 1730.

Sur les registres paroissiaux de l’église Sainte Croix de Parthenay, pour l’année 1730, on trouve deux actes qui  illustrent la répression qu’a alors subi la foi protestante dans le moncoutantais.

Le premier acte est l’abjuration de 4 protestants de Pugny, Largeasse et le Breuil Bernard :

« Aujourd’hui deuxième août mil sept cent trente, Jacques Forestier, Jean Sionneau, Jacques Fradin et Marie Branchu ont fait abjuration publique de l’hérésie et notamment de celle de Luther et Calvin dans l’église collégiale de Sainte Croix en présence des soussignés, la dite Marie Branchu a déclaré ne savoir signer de ce acquittée.

Signatures :

Forestier, Sionneau, Fradin

Taffoireau, curé de Largeasse, Maynard de la Fortinière, doyen de Sainte Croix, Turquant avocat ducal, Jolivard chanoine curé de Sainte Croix, Picault chanoine, de Chouppes chanoine. »

AD 79 BMS Parthenay Sainte Croix 1617-1736 Vue 138/144

Qui sont ces nouveaux convertis ? 

Ils ont en commun des liens familiaux,  leur origine géographique et un certain statut social.

Jacques Fradin et Marie Branchu sont tout d’abord mari et femme.

Marie Branchu (1698-?), est la fille de René Branchu,  sieur de la Chaize (commune de Terves) et d’Elisabeth Arnaut, mariés en 1695 au Breuil Bernard. Cette union (re-mariage pour René branchu) s’est produite dans des circonstances particulières puisque « le nommé Branchu qui a été marié par ordre de M. l’Intendant (représentant de l’autorité royale dans la province) sur la promesse qu’il lui fit de vivre en bon catholique n’est pas entré dans l’église depuis son mariage » selon le compte rendu de la visite épiscopale du Breuil-Bernard en 1698. René Branchu était donc pour les autorités religieuses un protestant « nouveau converti » coriace et réfractaire.

Par sa tante Louise Branchu, qui a abjuré sa foi protestante dès 1678 à Terves, Marie est la nièce de Thomas Denis, « Fermier général de la terre  de Pugny », et la cousine d’André Thomas Denis, qui a repris les activités de son père.

On trouve également parmi les abjurations qui ont eu lieu à Moncoutant lors des grandes dragonnades de 1685 celle d’un René Branchu, de la paroisse du Breuil-Pugny, âgé de 63 ans.  Il est possible que ce soit le grand père de Marie. En tout cas les Branchu sont bien identifiés comme une importante famille protestante du Breuil Bernard et de Pugny.

Jacques Fradin (vers 1679-1759) est un marchand bien établi d’environ 50 ans. Ses ascendants sont mal connus et on ne sait à quelle famille Fradin le rattacher parmi les nombreuses de la région. Lors de son abjuration il réside à Pugny.

Jacques Forestier (vers 1676-1744) est le beau frère de Marie Branchu, époux de sa soeur Jeanne. De ce couple qui vit à Largeassse, naissent au moins 2 enfants entre 1731 et 1738, date du décès de Jeanne Branchu à 39 ans.

La famille Forestier est originaire de Talmont Saint Hilaire en Vendée. Le pére de Jacques, décédé à Largeasse en 1692 était sieur de la Gestrie. Lors de la visite épiscopale à Largeasse en  1698, il est dit au sujet de cette famille protestante récemment convertie « lesquels ne font et n’ont pas fait leur devoir jusqu’à présent ». Comme pour les Branchu, les Forestier sont des réfractaires.

Jean Sionneau (1686-1734) est le beau-frère de Jacques Fradin, époux de sa sœur Louise Jeanne, enceinte de 6 mois lors de l’abjuration.  Maître Sionneau est un notable important puisqu’il est fermier de la seigneurie de Châteauneuf de Largeasse. Son mariage avec Louise Jeanne Fradin semble récent, puisque le 27 mars 1729 on le  retrouve veuf de Marie Richard, décédée à Largeasse le 27 mars 1729,  « de la religion protestante laquelle est rentrée à la fin de sa vie dans le sein de l’Eglise catholique ». Jean Sionneau est décédé en 1734 à l’âge de 48 ans après avoir eu deux enfants avec Louise Jeanne.

Pourquoi cette abjuration à cette période et à Parthenay?

Louis XIV, a révoqué en 1685 l’édit de Nantes qui protégeait les protestants français depuis Henri IV. Il s’est alors déclenché dans tout le Poitou une vague de grande répression à l’égard des huguenots pour les obliger à se convertir. Les baptêmes, les mariages et les sépultures doivent avoir lieu dans l’église catholique. Ce n’est pas une question de foi mais de simple et pure obéissance aux ordres du roi. Les réfractaires risquent pour les hommes, la prison ou les galères, pour les femmes l’enfermement au couvent, et dans tous les cas de lourdes amendes, la saisie de leur biens, l’enlèvement de leurs enfants…

Au décès de Louis XIV en 1715, la répression s’est affaiblie.  Mais à partir de 1723, date de la majorité de Louis XV, le pouvoir royal et les autorités religieuses ont repris leur lutte impitoyable.

Louis XV en 1730. Tableau de Rigaud Photo Wikipédia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est dans ce contexte difficile que les 4 convertis qui vivaient en couple sans être passés à l’église ont sans doute été arrêtés puis emprisonnés à Parthenay pour désobéissance. C’est pourquoi leur conversion a eu lieu paroisse Sainte Croix dans laquelle étaient situés la prison, le couvent des religieuses de la Propagande, le collège, l’hôpital etc…

Intérieur de l’église Sainte Croix de Parthenay où a eu lieu l’abjuration, Collection privée.

Qui sont les témoins de cette abjuration ?

Pierre Taffoireau (1673-1744), est curé de Largeasse de 1711 à son décès. Il est né à Parthenay dans une famille de juristes. Son père était procureur du duché de la Meilleraye. Son frère est procureur et notaire royal.

L’abbé Taffoireau est l’acteur majeur de cette quadruple abjuration puisque deux des nouveaux convertis viennent de sa paroisse. Il est probablement celui qui a cherché à ramener à l’église catholique ces notables protestants qui vivaient dans l’hérésie sur son territoire. Manifestement ses arguments n’ont pas été que religieux. C’est probablement sur dénonciation que la machine judiciaire royale s’est mise en route. De plus, poursuivre ces  familles de notables réfractaires depuis des dizaines d’années, permettait de servir d’exemples pour faire fléchir les huguenots moins favorisés.

Charles Maynard (1683-1750) est le doyen de l’église Sainte Croix de Parthenay. Cette paroisse est celle du château et donc du pouvoir politique en Gâtine. L’église est collégiale et accueille plusieurs prêtres, les chanoines. Charles Maynard est un noble, seigneur de la Fortinière de Clessé. Bachelier en théologie, maître d’école, administrateur de l’hôpital, il est de par ses fonctions une des principales autorités religieuses de la Gâtine.

Louis Picault ( ?-1759), Pierre François de Chouppes (?-?) sont des chanoines de l’église Sainte Croix. Pierre Jolivard (?-1746), en est aussi le curé. Tous ces prêtres sont de la même génération que l’abbé Taffoireau, qui les a probablement côtoyés dans sa jeunesse. Formés à la fin du règne de Louis XIV, ils sont les représentants d’une église catholique triomphante et intolérante. On ne sait pas s’ils étaient des acteurs impliqués dans la répression ou de simples témoins des événements.

Philippe Turquand (1693-1759), est avocat ducal au siège de Parthenay de 1722 à 1756 et un des administrateurs de l’hôpital. Il représente dans cette abjuration la dimension juridique et pénale. Etant probablement l’avocat des convertis, quel niveau de clémence a-t-il pu obtenir pour cette abjuration ?

Après des années de forte pression et sans doute une surveillance très attentive des prêtres locaux, les enfants des trois couples impliqués dans cette abjuration vécurent comme de bons catholiques. Aujourd’hui, plusieurs centaines d’habitants de Pugny et des environs descendent de ces convertis et ne savent pas ce qu’ont vécu leurs ancêtres. Nous continuerons l’étude de cette famille dans quatre autres articles qui suivront bientôt.

J-P Poignant

Merci au Pasteur Denis Vatinel et à Raymond Deborde dont les  connaissances et l’immense travail généalogique m’ont  permis de rédiger cet article.

Le Pasteur Vatinel est le conservateur du musée protestant de l’ouest à Monsireigne (85) http://www.bois-tiffrais.org/

Raymond Deborde anime avec sa femme Sylvie le blog « L’arbre de nos ancêtres » et est un des responsables du cercle généalogique des Deux-Sèvres http://genea79.fr/ 

Merci à Albéric Verdon dont la richesse du site internet m’a permis d’identifier tous les religieux et l’avocat ducal de cette abjuration. http://gatine-parthenay.pagesperso-orange.fr/

Merci à Bernadette, qui connait si bien l’histoire de Largeasse pour les renseignements fournis sur l’abbé Taffoireau.

Le moulin à eau du château

Nous avions publié en Octobre 2016, un article sur le moulin à eau du château 

Au fur et à mesure de l’avancée de  nos recherches, nous nous devons de modifier les articles lorsque ces derniers ne sont plus à jour ou comportent des informations erronées.

C’est le cas de cet article de 2016 qui précisait que l’on trouvait la trace du moulin à eau situé à l’arrière du château dans l’acte de vente de 1731 : «  »…plus le moulin appelé le Grand Moulin, assis au dessous de la chaussée de l’étang du château.. »

La confusion portait sur le terme moulin du château: Le moulin décrit dans cet acte de vente n’est pas le moulin donnant sur l’arrière du château dont on en voit plus aujourd’hui que les supports de l’ancienne roue, mais  le moulin de l’étang de Courberive présenté à l’époque  en 1731, comme étant le moulin du château.

 

Nous ne traiterons pas aujourd’hui du moulin de courberive mais du moulin à eau implanté sur la digue à l’arrière du château et dont on trouve encore la trace  sur le cadastre napoléonien du début du  19 éme siècle :


A ce jour aucune trace de ce moulin n’est visible dans le champ. La mise à jour des fondations fera l’objet de travaux par les membres de l’A.C.P cette année.

Emplacement présumé des fondations
Vue du support droit de la roue inséré dans la digue
Vue du ruisseau longeant la digue

Marie-jo et Gilles Boissonneau ont pu photographier la digue cet été lorsque le ruisseau était à sec.

Vue des anciens piliers portant la roue

Marie-jo nous propose d’imaginer à partir du croquis d’un moulin de type féodal ce que pouvait être le moulin à eau du château

Croquis d’un moulin à eau médiéval