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Chants, contes et musiques du canton de Moncoutant

Afin de préserver la culture orale et musicale du canton de Moncoutant une cassette audio et son livret avaient été réalisés par l’association Métive (Maison des cultures de Pays de Parthenay), et édités par Geste Editions en 1994.

Ce collectage sonore a permis de fixer les chants et bruits de notre région.

Pugny était largement représenté dans ce collectage: par le chant de son forgeron Claude BILLEAUD, et par l’ambiance sonore d’un matin dans la ferme de Paul POIGNANT dans laquelle Paul et son père appellent les bêtes.

Couverture de la brochure

 

 

Le chant du forgeron de pugny

 

L’appel des bêtes par Paul POIGNANT et son père:

 

 

Un très grand merci à Jany ROUGER, pour son aimable autorisation.

Premiers résultats du collectage organisé lors de l’Assemblée Générale.

La première opération de collectage de photos et documents, réalisée à l’issue de l’Assemblée Générale, a été un succès.

De nouvelles photographies ont été découvertes, mais également des noms ont pu être mis sur des photos ou des cartes postales déjà en notre possession.

Nous allons commencé par une photographie prise « un jour de machine » dans les années 30-40.

Années 1930 ou 1940 battages au château de Pugny

Les Pugnaciens présents lors de ce collectage ont reconnu de gauche à droite:

  • Françoise THIBAULT
  • Marie Joseph GEAY
  • Eugène POIGNANT (le verre à la main)
  • Camille POIGNANT
  • Mimi ROY
  • ??

Merci en particulier à Paulo POIGNANT et son épouse, Mme Raymonde GUILLOTEAU née POIGNANT, Christian ROY, Gilles et Marie-Jo BOISSONNEAU, Jacques  BROSSARD, et tous ceux qui ont puisé dans leurs souvenirs pour permettre ces identifications.

 

Une nouvelle photographie nous a été remise, il s’agit de Jeanne et Camille POIGNANT avec leurs cochons. L’enclos se situait à gauche en entrant dans la basse cour, juste après le porche, devant les petits toits. Vraisemblablement la scène se passe dans les années 40- 50.

 

 

 

petite ballade en drone

Bryan nous offre une petite vidéo de l’arrière du bâtiment des seigneurs, prise grâce à un drone.

Bel hommage des travaux de dégagement effectués l’an passé par les membres de l’A.C.P.

Vidéo en ligne sur le compte instagram du château

ballade en drone

Un nouveau record pour débuter le mois.

Nous venons à nouveau de battre le record de connexions mensuelles depuis la création du site avec le mois de janvier 2020.

En effet nous avons enregistré 11 785 connexions pour ce premier mois de l’année. Pour mémoire en janvier 2019 nous avions eu 5 505 connexions.

Le précédent record datait du mois de juillet 2019 avec un total de 11 655 connexions.

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre, et toute l’équipe de l’ A.C.P vous en est reconnaissante.

Assemblée générale de l’A.C.P

Samedi dernier à la petite salle de la mairie de Pugny s’est tenue l’Assemblée générale de l’association des Amis du Château de Pugny (A.C.P).

Cette assemblée s’est déroulée en 2 temps:

1/ les rapports moral, financier et le renouvellement du bureau, présentés par le président à l’aide d’un diaporama:

Amis du Château de Pugny 2020

2/ puis, des habitants du village ont amené des photos dans le cadre du collectage organisé par les Amis du château.

Un très grand merci à Paulo POIGNANT, Jacques  BROSSARD      , Christian ROY,  Mme Raymonde GUILLOTEAU/POIGNANT, M et Mme BOISSONNEAU  pour nous avoir amené quelques pépites, que nous vous ferons découvrir tout au long de cette année.

L’enfer des guerres de Vendée à Pugny (1792-1795) : 3ème partie

Après avoir découvert dans les 24 actes transcrits en 1795 par l’abbé Guillon les victimes  d’exactions républicaines à Pugny en octobre 1793 et avril 1794,  nous allons désormais évoquer une nouvelle date qui illustre bien la complexité de la guerre civile.

Un dicton dit que « la vérité pure et simple est  rarement pure et jamais simple ». On peut aussi l’appliquer aux guerres de Vendée.

12 mai 1794 : encore trois nouvelles morts violentes.   

3 sépultures du registre paroissial de 1792-1795 sont en date du 12 mai 1794 :

  • Pierre Pol (environ 55 ans) « maçon de la Chapelle Saint- Laurent mort en cette paroisse le douzième jour ou environ du mois de mai »
  • Jacques Mesnard (38 ans) marchand de la Championnière de La Chapelle Saint Laurent, « décédé d’hier ».
  • Henry Mimault (âge non mentionné) sabotier au bourg de Pugny, « mort de la veille ».
Acte de sépulture de Pierre Paul (AD79 Pugny BMS 1792-1804, vue 3/175)

Contrairement aux événements d’octobre 1793 et d’avril 1794, ces trois inhumations à la même date ne sont pas écrites en continu et sont dispersées sur trois pages différentes, comme si la mémoire des témoins avait du mal à remonter. . .

Que se passait-il en mai 1794 dans les environs de Pugny ?

Et bien on en sait peu de choses. Sur toute la Vendée militaire, la politique de destruction systématique et d’anéantissement des colonnes infernales républicaines du général Turreau, exécutée  depuis la fin janvier 1794, est un échec militaire. Turreau va être démis de ses fonctions le 18 mai. Depuis leur sévère défaite du 18 avril à Boismé, les troupes républicaines semblent avoir évacué le bocage bressuirais. A Largeasse, et la Chapelle Saint Laurent, les officiers d’état-civil républicains ont cessé  leurs fonctions, avec un dernier acte le 30 mars à la Chapelle Saint Laurent (AD 79 en ligne NMD 1793-an VIII, vue 16/76 et 52/76) , et le 17 mars 1794 à Largeasse (AD 79 en ligne NMD 1793-an III, vue 28/35). On peut donc penser qu’en mai 1794,  Pugny et les environs sont plus ou moins sous le contrôle des soldats vendéens du général Marigny et de Louis Richard. La population traumatisée par de multiples exactions depuis 6 mois vit sans doute dans la crainte d’une nouvelle intrusion d’un détachement républicain.

Acte de sépulture d’Henry Mimault, (AD79 Pugny BMS 1792-1804, vue 5/175)

Henry Mimault et Pierre Paul, deux victimes qui sont de simples habitants, peut-être combattants vendéens.   

Henry Mimault, sabotier, était le descendant d’une vieille famille de Chanteloup et Pugny. Né en 1750 à Moncoutant, il s’était marié à Marie Rose Jadeau en  1783 à Pugny. Ils ont eu ensemble 3 enfants dont seule une fille, Marie, née en 1789, a vécu. Lors de son mariage précoce en 1804 à seulement 15 ans, il semble  qu’elle était alors orpheline.  Son mari, Jean Pierre Gautreau était un ancien combattant vendéen de Pugny.

Pierre Pol (ou Paul), était un maçon de la Chapelle Saint Laurent. Né en 1737 à Secondigny. Il s’y est marié à Marie Jeanne Maynard en 1764. Ils ont eu ensemble 7 enfants né à Pougne, Largeasse et Saint Jouin de Milly. Sa femme est décédée à Monfermier, village près du bourg de la Chapelle Saint Laurent,  le 19 février 1794 (acte de décès rédigé sur le registre d’état civil républicain, apparemment mort naturelle). Son frère, Réné Paul,  était alors propriétaire d’une partie de l’auberge des 3 piliers à Pitié (demande d’indemnisation de 1811 pour reconstruction, AD 79 1M604). Rien n’indique que Pierre Paul ait été combattant vendéen.

Jacques Mesnard : un personnage qui soulève de nombreuses questions. 

Jacques Mesnard,  marchand à la Championnière de La Chapelle Saint Laurent, y est né en 1762, et n’avait pas 38 mais 32 ans. Nous n’avons pas trouvé d’indice concernant son mariage.  Il était donc probablement célibataire. Son entourage familial très particulier peut faire émettre plusieurs hypothèses sur les circonstances de sa mort.

Acte de sépulture de Jacques Mesnard (AD79 Pugny BMS 1792-1804, vue 4/175)

Jacques était le fils aîné de Charles Mesnard, marchand « fabriquant » à la Championnière,  et de Marie Dugast ( décédée en 1790). Ce couple Mesnard-Dugast a eu 5 enfants dont 4 ont vécu. En plus de Jacques, Alexis né en 1763, Catherine née en 1771 et Madeleine née en 1774. Les Mesnard étaient une vieille famille de notables de Largeasse. Charles Mesnard était ainsi le cousin germain par alliance de Pierre Puichaud Duvivier, bourgeois républicain de Moncoutant, dont la maison avait été saccagée lors de la révolte d’août 1792.

Une affaire qui illustre la complexité de la guerre civile

Fin juin 1793, alors que les troupes républicaines de Westermann ont chassé l’armée vendéenne de Parthenay, une bande de soldats vendéens menés par Louis Gauffreteau, maçon de la Chapelle Saint Laurent, « est allée dans la maison du nommé Mesnard à la Championnière, pour le forcer de leur donner des comestibles, et sur le refus du dit Mesnard, l’a ainsi que ses enfants couché en joue, et l’a menacé de mettre le feu à sa maison. Il (Gauffreteau) est allé… notamment dans le courant du mois de juillet (1793) au bois du moulin aux Chèvres où les troupes de la république eurent un échec« .

Extrait du jugement de Louis Gauffreteau le 3 décembre 1793 mentionnant l’enrôlement forcé de Charles Mesnard et les menaces sur sa famille. ( AD 85 en ligne, archives de la guerre de Vendée conservées aux archives nationales cote AN BB3 15/10 vue 1/8 )

Nous savons que Charles Mesnard est « décédé en ville de Châtillon pendant la guerre de la Vendée dans le courant de l’année 1793 » (acte de mariage de son fils Alexis en 1814, AD 79 en ligne mariage 1803-1816 Chap. St Laurent vue 223/255).   Il a donc probablement été emmené de force par Gauffreteau et été tué début juillet lors des combats à Châtillon/sur/Sèvre où l’armée républicaine a été finalement écrasée.

Jacques Mesnard fait-il partie des « déclarations des différents témoins qui ont été produits » contre Gauffreteau lors de son procès en décembre 1793 à Niort?  On peut le supposer.

Linteau de 1776 dans hameau de la Championnière de ce qui fut probablement la maison Mesnard. Photo JP Mortaud

Finalement, que s’est-il produit le 11 mai 1794 à Pugny ? 

Un nouveau massacre lors d’une incursion républicaine ?  Les soldats bleus auraient alors tué dans leur folie meurtrière un homme qui n’était probablement pas du tout lié au insurgés vendéens? C’est possible.

Autre hypothèse : des soldats bleus tuent Mimault et Paul dans une escarmouche, et ensuite des combattants vendéens exaspérés, seraient aller trouver Jacques Mesnard, suspect d’amitiés républicaines,  et l’auraient exécuté en représailles? C’est aussi possible car on sait qu’il y en a eu à cette période plusieurs règlements de compte par des bandes vendéennes dans les environs de Pugny (Burnet-Merlin curé constitutionnel de la Chapelle Seguin  en avril 1794 ;  Dominique Cottenceau, officier municipal de Largeasse, le 5 juin 1794)

Cependant plusieurs éléments viennent encore compliquer les choses. Nous avons retrouvé un témoignage déposé chez notaire le 31 décembre 1793 de Jacques Mesnard en faveur de Jean-Clément Cendre, maire de Pugny, arrêté  comme chef vendéen et qui sera guillotiné à Niort en mars 1794. En cette période de terreur,  ce témoignage était un acte de courage qui pouvait coûter cher à son auteur. Jacques Mesnard n’a rien d’un révolutionnaire fanatique.

Transcription de l’acte notarié de témoignages en faveur de J-C Cendre. 31/12/1793 Etude Fradin Beliard Moncoutant

Enfin ses sœurs Catherine et Madeleine se marieront en 1795 et en 1797 à René Fradin, de Pugny et Jean-Pierre Roy,  de Boismé, tous les deux meneurs et soldats vendéens. Auraient-elles pu se marier aux compagnons d’armes de ceux qui auraient forcé leur père à aller combattre et ensuite tué leur frère?

Dans l’état actuel de nos connaissances,  nous pouvons  seulement constater 3 victimes de plus, dans une guerre civile abominable qui a déchiré les communautés villageoises.

De toutes les recherches que j’ai effectué sur Pugny, cet article est celui pour lequel j’ai passé le plus de temps à chercher des bribes de vérité. Je n’y ai trouvé que de nouveaux morts et de nouvelles  manifestations de la violence qui a dévasté notre région.

La mémoire de ces faits a sans doute animé de nombreuses veillées longtemps après la guerre. Mais elle a probablement aussi entraîné chez de nombreuses personnes une volonté d’oubli de toutes ces horreurs.

J-Philippe Poignant.

Merci à Jean-Pierre Mortaud et Raymond Deborde pour leur éclairage sur la famille Mesnard, ainsi qu’à Michel Chatry qui m’a confié la transcription de l’acte notarié du 31/12/1793.

Un article dans la nouvelle répubique

Ce jour la nouvelle république a relayé notre demande de collectage de documents anciens.

«  » »Collectage sur le château de Pugny » » »

Publié le | Mis à jour le 

Les amis du château de Pugny, récolteront vos documents pour les scanner et vous les rendront ensuite lors de l’assemblée générale à Pugny le 25 janvier à 15 h 30 salle près de la mairie.
© Photo NR

Samedi 25 janvier, après l’assemblée générale de l’association des Amis du château de Pugny, qui se tiendra dans la petite salle de la mairie de Pugny, sera organisée à partir de 15 h 30, une collecte de documents : vieux papiers, photos, cartes postales, documents divers sur des personnes ou des événements locaux…
« Nous ne collectons pas matériellement ces documents, notre équipe se chargera de les scanner sur place et de vous les rendre immédiatement. Cette collecte d’informations nous permettra d’approfondir nos connaissances sur l’histoire des familles ayant vécu sur le territoire des anciens seigneurs de Pugny, et de rendre hommage à des gens aujourd’hui disparus et souvent oubliés », déclarent les représentants de l’association.
Toutes sortes de documents les intéressent : des cartes postales anciennes, des photos de lieux, de familles, de mariages, de processions, de fêtes locales, des photos scolaires, associations sportives ou artistiques, des articles de faits divers, des documents d’anciens commerces, d’anciens artisans, des documents concernant l’agriculture, la vie des exploitations agricoles, des actes notariés, remises de décorations, des documents personnels anciens (brevets, permis, certificats militaires…) etc.. « Cette collecte d’informations permettra à notre équipe de chercheurs de produire des articles au plus proche de la réalité sur les personnes ayant vécu sur le territoire de la seigneurie de Pugny (Pugny, Breuil-Bernard, Largeasse, Chanteloup, La Chapelle-Saint-Laurent, Moncoutant…) L’utilisation de ces documents est bien entendu liée à un accord de diffusion », déclarent les amis du château de Pugny.
Contact : fbchateau.pugny@orange.fr

Un nouveau record pour le site internet

Cette nouvelle année commence avec un record.

En effet mardi 7 janvier dernier, nous avons eu  866 connexions  pour cette seule journée.

Le précédent record de connexions journalières était de 577 connexions le 15 juillet 2019.

l’ afflux de connexions de cette seule journée du 7 janvier a généré   1 153 pages lues.

Voilà qui est de bon augure pour débuter cette année 2020 !!

 

Collecte de documents

Entrée du château au début du 20° siècle

Samedi 25 janvier après l’assemblée générale des Amis du Château de Pugny, qui se tiendra petite salle de la mairie de Pugny nous organisons à partir de 15h30, une collecte de documents (vieux papiers, photos, cartes postales,  documents divers sur des personnes ou des événements locaux…)

Nous ne collectons pas matériellement ces documents, notre équipe se chargera de les scanner sur place et de vous les rendre immédiatement.

Cette collecte d’informations nous permettra d’approfondir nos connaissances sur l’histoire des familles ayant vécues sur le territoire des anciens seigneurs de Pugny, et de rendre hommage à des gens aujourd’hui disparus et souvent oubliés.

 

Toutes sortes de documents nous intéressent : des cartes postales anciennes, des photos de lieux, de familles, de mariages, de processions, de fêtes locales, des photos scolaires, associations sportives ou artistiques des articles de faits divers, des documents d’anciens commerces, d’anciens artisans, des documents concernant l’agriculture, la vie des exploitations agricoles, des actes notariés, remises de décorations, des documents personnels anciens (brevets, permis, certificats militaires..)etc..

 

Cette collecte d’informations permettra à notre équipe de chercheurs de produire des articles au plus proche de la réalité sur les personnes ayant vécu sur le territoire de la seigneurie de Pugny (Pugny, Breuil-Bernard, Largeasse, Chanteloup, La Chapelle Saint Laurent, Moncoutant..)

L’utilisation de ces documents est bien entendu liée à votre accord de diffusion.

Cette opération vise à protéger le patrimoine iconographique de l’ancienne châtellenie de Pugny, afin que des documents ou photos ne se retrouvent pas détruits ou dans un vieux carton sur une brocante sans que plus personne ne sache à quoi ils correspondent.

Années 1930 ou 1940 battages au château de Pugny

Aidez nous à sauvegarder l’histoire de notre région et de ces habitants. N’hésitez pas à venir nous voir samedi 25 à partir de 15H30, un chocolat chaud, un thé ou un café vous seront servis par les membres de l’association;

Merci d’avance de votre aide

Bilan d’une année bien remplie

L’année qui vient de se terminer a été riche en découvertes tant historiques qu’architecturales.

Les découvertes historiques :

A travers, entre autre, les articles de Jean-Philippe, nous avons pu approfondir notre connaissance de la vie des personnes qui ont vécu sur les terres des seigneurs de Pugny ainsi que des pages d’histoire locale oubliées.

Que ce soit:

Les racines protestantes de la famille La Rochejaquelein

Les origines protestantes d’une famille de pugny

Les dernières traces de l’incendie de chateauneuf

Le testament de Gautier le Fort, seigneur de Pugny en 1090

La saisie des biens De Mauroy

La vie de l’Abbé GUILLON

La résistance de Chanteloup attaquant un train allemand en août 1944

Les croix blanches peintes sur les ouvertures des anciennes écuries du château

La guirlande de Julie

ou encore l’enfer des guerres de Vendée à Pugny.

 

Les découvertes architecturales :

Grace aux bénévoles qui ont œuvré sans compter plusieurs parties architecturales ensevelies ou cachées ont été mises à jour. La quasi totalité de ces découvertes n’aurait pas pu être réalisée sans l’appui de notre mécène l’entreprise SAS/TPF,  de  Bressuire     (entreprise de travaux public et forestiers)  avec le concours de Franck Morin

l’emplacement de l’ancien moulin à eau du château et la découverte d’une meule à grain

Les différents aspect du château à travers les ages

La mise à nue du mur Est du château

l’aspect de la maison « Roy » au début du 20éme siècle

La mise en sécurité du toit des anciennes cuisines

La plateforme de la tour nord

Le mur arrière du château avec ses ouvertures et sa seconde tour.

La pose d’un linteau de granit disparu, sur une fenêtre des anciennes cuisines

La découverte d’une cheminée sur le mur Ouest des anciennes cuisines

l’emplacement de l’ancien lavoir

Le château 2.0 :

Concernant le site internet, grâce aux nombreux articles publiés encore cette année , nous avons dépassé les 104 800  vues avec plus de  228 000 pages lues.

pour mémoire le site a fêté ses 4 ans d’existence début novembre

2015 :      1 122 visites   pour         7 169 pages lues.

2016 :    22 844 visites  pour       77 996 pages lues.

2017:     47 585 visites  pour     254 235 pages lues.

2018 :    62 097 visites  pour    243 000 pages lues.

2019 :  104 805 visites  pour    228 139 pages lues.

soit depuis la création du site  un peu plus de 238 450 visites pour un total de plus de 810 500 pages lues

Par ailleurs, une page instagram a été créée et nous comptabilisons déjà plus d’une centaines d’abonnés.

L’association des Amis du Château de Pugny :

Des membres nous ont quitté, de nouveaux nous ont rejoint ainsi va la vie des associations.

Nous comptons aujourd’hui une trentaine de membres actifs plus un réseau de « sympathisants » qui nous permettent d’avancer dans notre quête de redonner au château de Pugny sa juste place dans l’histoire de notre belle région.

L’ A.C.P a participé à la matinée découverte des associations à Moncoutant en juin.

Un chantier de jeunesse a également été réalisé sur site grâce au concours de l’ A.M.J de Moncoutant-sur-sèvre, de la commune de Moncoutant et du maire de Pugny.

L’ A.C.P a également participé à l’opération « levez les yeux » en septembre

Enfin les immanquables journées du patrimoine ont été une fois encore un succès grâce à nos guides qui ont permis sur 2 après midi à plus de 200 visiteurs de découvrir le château.

En octobre nous avons reçu un groupe d’adultes actuellement en chantier d’insertion à Moncoutant sur Sèvre.

Enfin, 37 visites guidées privées ont été organisées cette année pour permettre également à plus de 200 personnes de découvrir l’histoire de ce château oublié pendant de trop nombreuses années.

L’avenir :

Une nouvelle année commence avec des projets de travaux en quantité, qui, je l’espère nous apporteront de belles découvertes.

L’assemblée générale de l’ A.C.P aura lieu le 25 janvier à partir de 13h30, à la petite salle de Pugny , nous vous y attendons nombreux se sera l’occasion de faire le point sur ces projets.

Bonne et heureuse année 2020

 

Assemblée Générale de l’A.C.P

A vos agendas,

L’assemblée générale de l’association des Amis du Château de Pugny aura lieu le samedi 25 janvier 2020 de 13h30 à 15h30 à la petite salle de la mairie de Pugny.

L’ordre du jour sera :

  • rapport moral
  • bilan financier
  • projets 2020

 

A l’issue, nous organisons un goûter de 15h30 à 18h00 avec une collecte de photos et documents sur Pugny, l’ancien territoire des seigneurs de Pugny, ses habitants, ses fêtes et plus généralement son histoire locale. Notre équipe d’historiens pourra scanner vos documents et vous les rendre immédiatement. Le but de cette collecte étant de regrouper les archives des fonds privés et constituer un fond iconographique et historique  permettant aux chercheurs et généalogistes d’avoir une banque de données, libre d’accès, complémentaire des sources actuelles.

Cette collecte est aussi l’occasion de faire identifier des photos privées de personnes ou de lieux. Tous les documents ont une importance (photos de mariages, portraits, scènes de la vie rurale, documents locaux ou familiaux, écrits divers..). N’hésitez pas à venir nous rencontrer autour d’un chocolat chaud, nous sommes à votre écoute.

 

L’enfer des guerres de Vendée à Pugny (1792-1795) : 2ème partie

Après avoir découvert dans les 24 actes transcrits en 1795 par l’abbé Guillon les noms de 4 victimes  d’une colonne républicaine en octobre 1793, nous allons désormais évoquer de nouvelles exactions en avril 1794.

3ème catégorie d’actes retranscrits : les victimes de la colonne républicaine qui a détruit le bourg de Pugny en avril 1794. 

5 actes du registre paroissial concernent 5 inhumations en avril 1794.

  • Louis Fradin (60 ans) du bourg de Pugny, inhumé le 10 avril, « mort de la veille ».
  • Pierre Neau (48 ans) sabotier du bois de Chanteloup de Pugny, inhumé le 12 avril, « mort de ce matin ».
  • Jacques Baudin (45 ans) du bourg de Pugny, inhumé le 12 avril, « mort de ce matin ».
  • Louis Renaudeau (54 ans) métayer à la Maupetitière de Pugny, inhumé également le 12 avril, « mort de ce matin ».
  • François Boche, menuisier à la Foucadière de Largeasse.  Cet acte est à part et plus confus que les précédents. Il mentionne un événement de 1795 mais est regroupé avec ceux de 1794, ce qui nous laisse penser qu’il s’agit d’une erreur de datation. L’inhumation aurait eu lieu en « avril dernier » et malgré le risque d’erreur nous le rattachons à ce groupe.

Dans quelle circonstances ces 5 hommes sont-ils décédés?

Pour Louis Fradin, nous savons que sa maison du bourg a été été brûlée en avril 1794. L’incendie à cette période est mentionné dans le registre d’indemnisation des destructions de la guerre de Vendée de 1811 (AD 79, cote M606). Son fils René Fradin fait partie des propriétaires qui avaient alors sollicité une aide à la reconstruction. Louis Fradin aurait-il été tué lors de l’incendie du bourg qui a détruit sa maison? C’est une hypothèse qui ne manque pas d’arguments. Le 27 juin 1816, une pension de 50 francs sera attribuée à sa femme Catherine Paynot surnommée Bardonnière comme veuve de guerre (liste de pension pour la commune de Chanteloup, AD 85 en ligne SHD XU-39-24)

Extrait de la demande d’indemnisation de René Fradin en 1811 (AD 79 M606) indiquant la date de destruction de la maison familiale.

Pierre Neau, Jacques Baudin, et Louis Renaudeau, le 12 avril, sont mentionnés comme morts le matin du jour de leur inhumation. Cette mention semble faire référence à une exécution ou à un combat (les enterrements à l’époque se faisaient le lendemain ou le surlendemain du décès). Étaient-ils otages ?  Ont-ils été surpris par une patrouille alors qu’ils se cachaient  ? Ont-ils attaqué un détachement pour protéger la fuite de  leurs proches? Nous ne le saurons probablement jamais. La veuve de Pierre Neau bénéficiera également d’une pension de 50 francs en 1816 (liste pour la commune de Pugny, références déjà citées).

Actes de sépulture de Jacques Baudin et Louis Renaudeau. AD79 Pugny BMS 1792-1804 Vue 4/175

Par un témoignage oral, nous savons que jusque dans les années 1940, une porte criblée de balles demeurait dans le jardin de la ferme du Logis, dans le bourg  de Pugny. Les enfants avaient pour consigne stricte de ne pas y toucher. Était-ce un vestige de cette triste journée du printemps 1794 ?

Voici des précisions biographiques pour ces 5 hommes.

Louis Fradin (1736-1794) : fils de Jacques Fradin et Marie Branchu,  couple protestant particulièrement réfractaire à la conversion. Le mariage de sa fille Marie Anne avec Louis Texier en août 1793 fait partie des 24 actes retranscrits en 1795 par l’abbé Guillon. Par sa femme Catherine Paynot, il est l’oncle maternel du célèbre combattant Jacques Maupillier, devenu le héros de la cinéscenie du Puy du Fou. Nous avons déjà publié sa biographie ici.

Pierre Neau (1748-1794) : sabotier né le 19 mai 1748 à Terves,  marié le 8 avril 1777  à Chanteloup avec Jeanne Jamin ( décédée en 1827 à Pugny). Ils eurent ensemble 6 enfants de 1778 à 1792.

Jacques Baudin (vers 1749-1794) : nous n’avons pas pu l’identifier avec certitude. Il y a deux hommes du même nom nés en avril 1748 à Chanteloup et Moncoutant. Cependant la présence comme témoin de Pierre Martineau (1769-?) probablement soldat vendéen de Chanteloup, laisse à penser qu’il s’agit de Jacques Baudin né le 1er avril 1748 à Chanteloup. Nous n’avons pas pu trouver de conjoint ni d’enfants.

Louis Renaudeau (vers 1740-1794) : métayer marié le 22 janvier 1764 à Largeasse avec Perrine Auger ( décédée en 1809 au Breuil Bernard). Ils eurent ensemble 11 enfants.

François Boche ( 1756-1794) : nous avons pu l’identifier car son beau-frère Jacques Perrochon est mentionné comme témoin de l’inhumation. Né le 8 février 1756 à Largeasse, il est le fils de Mathurin Boche, décédé en 1785, qui fut « garde des terres de  Pugny ». Il semble ne s’être jamais marié.

Carte avec les domiciles des 5 victime et l’emplacement de la bataille de Boismé le 18 avril 1794.

La date de la mort de ces 5 hommes est à rapprocher de la bataille de Boismé qui a eu lieu le 18 avril 1794 (jour du vendredi saint). Ce jour là, une colonne républicaine de plusieurs centaines de soldats, dont de nombreux hussards,  a été décimée par les vendéens du général  Marigny et des frères Texier de Courlay.  Nous avons déjà évoqué ces événements ici. 

Dans son livre  » Marigny ou la mémoire assassinée »  paru en 1998, Stéphane Hiland évoque les faits suivants page 150   : début avril 1794, Marigny et son armée combattent en Anjou avec Stofflet. Le 13 avril, les poitevins retrouvent leurs quartiers de Cerizay. Marigny n’y séjourne que quelques heures… il poursuit sa tournée d’inspection des paroisses du bressuirais … Le 14, Montigny est visitée ainsi que la Chapelle Saint Laurent où Marigny passe la nuit. Le lendemain, on atteint Secondigny puis la Boissière (probablement Thouarsaise). Une troupe républicaine venue à la rencontre des soldats poitevins est entièrement décimée ( selon Chassin, « La Vendée patriote », volume 4 , page 499).

Chassin s’est apparemment trompé sur la localisation de la bataille de Boismé et de trois jours sur sa date. Mais cet extrait indique clairement qu’à peine revenu d’Anjou, Marigny s’est dirigé vers la Chapelle Saint Laurent. Ce mouvement de troupes pourrait avoir eu pour objectif  d’arrêter les exactions du détachement républicain qui ravageait le sud du bressuirais et avait notamment incendié Pugny et probablement tué nos 5 hommes.

Stéphane Hilland donne également  page 151 de son livre les  détails suivants sur la bataille de Boismé : en poursuivant les hussards qu’il vient de décimer lors de la première partie de la bataille, Marigny « a la désagréable surprise de tomber face à face avec le gros des forces patriotes commandées par le général Amey. Celui-ci, venu de Niort, était occupé à brûler les métairies des environs … ». Finalement Amey est mis en fuite par des forces bien inférieures en nombre.

François Pierre Amey (1768-1850), général républicain puis d’empire, nommé baron par Napoléon, a son nom gravé sur l’arc de triomphe. Il est un des généraux connu pour ses exactions criminelles pendant les guerres de Vendée (même si une partie des massacres qui lui sont attribués semblent avoir été « inventés » au XIXème siècle).

Par des demandes de pensions d’anciens combattants effectués à la restauration, nous savons que des combattants de Pugny étaient   aux côtés de Marigny à Boismé. Dans le récit de ce combat paru en 1874, l’abbé Augereau, curé du Boupère, mentionne qu’après la bataille on acheva un cavalier républicain blessé  qui refusait de se rendre. On trouva sur lui une belle somme d’argent  issue des pillages de son détachement…

A bientôt pour la troisième partie de cet article. 
J-Philippe Poignant
Merci à tous les amis de notre groupe d’historiens chercheurs amateurs, dont notamment Nadine qui a publié en avril 2017 le texte de l’abbé Augereau sur la bataille de Boismé  (http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2017/04/30/35221269.html)

 

L’enfer des guerres de Vendée à Pugny (1792-1795) : 1ère partie

Le  22 décembre 1792, l’abbé Guillon, curé de Pugny depuis 1760, a été acquitté  par le tribunal criminel de Niort de son accusation de participation à la révolte du mois d’août. Il a ensuite disparu pendant les deux ans et demi de la période la plus terrible qu’ait jamais connu sa paroisse.

A sa réapparition en juillet 1795, il a retranscrit avec certains de ses fidèles paroissiens 24 actes datés du 27 juin 1792 à avril 1795  : 20 sépultures, 3 baptêmes et un mariage. Nous allons étudier en détail ces actes qui,  recroisés avec d’autres documents, vont nous révéler une partie des drames qui se sont abattus sur Pugny qui a alors connu la perte de plus de 40% de sa population.

Un livret de registre paroissial avec 24 actes retranscrits par l’abbé Guillon.  

Les registres paroissiaux de Pugny disponibles aux archives des Deux Sèvres comprennent un livret qui débute de la façon suivante : « Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse Saint Pierre de Pugny contenant douze feuillets notés et paraphés par nous soussignés contenant les années depuis (17)92 jusqu’à (17)95 ».

Signé : Jacques Grimaud, François Chabot, Pierre Drillaud, Jacques Sionneau.

Entête du registre paroissial de Pugny pour les années 1792 à 1795 précédant les actes retranscrits au retour de l’abbé Guillon. AD79 BMS Pugny 1792-1804 Vue 1/175

Qui sont ces signataires ?

Trois ont 50 ans ou plus. Ce sont des piliers de la communauté villageoise.

Jacques Grimaud (vers 1740-?) : son acte de mariage le 31 janvier 1764  à Pugny l’identifie comme tisserand. Nous n’en savons pas plus sur lui mais il est un personnage de confiance pour l’abbé Guillon puisqu’il signe 15 des 24 actes.

Jacques Sionneau (1730-1800) est un notable de la paroisse de Pugny, déjà signataire de l’acte de 1782 de construction du nouveau presbytère. Il est le fils d’un fermier général protestant de la seigneurie de Chateauneuf (voir cet article).

Pierre Drillaud (1765-1813) est un combattant vendéen, capitaine de la 2 ème compagnie paroisse de la de Pugny, habitant à la Baraudière. Cette figure importante de la communauté villageoise a longuement caché chez lui l’abbé Guillon durant sa période de clandestinité (Histoire de Pugny. Abbé Mulon. 1980)

François Chabot (vers 1740-?) tisserand, est le beau-père de Pierre Drillaud. Lors de son mariage à Pugny le 17 octobre 1764 il est serviteur domestique.

Suivent les 24 actes. Ils ne sont pas rédigés dans l’ordre chronologique, ce qui indique que cette retranscription s’est faite progressivement en rassemblant les souvenirs des témoins. Il semble que l’abbé Guillon a voulu officialiser des actes effectués durant la guerre par d’autres prêtres, mais aussi transcrire sur le registre paroissial les décès des nouvelles tombes creusées dans le cimetière en son absence.

19 actes, tous de sépultures, sont la transcription de cérémonies effectuées sans prêtre.

4 concernent des femmes, 15 des hommes.

3 groupes de dates (octobre 1793, 10 et 12 avril 1794, 12 mai 1794) concentrent 11 ou 12 des 19 enterrements.

Relevé du registre paroissial de Pugny 1792-1795 des 24 actes retranscrits après le retour de l’abbé Guillon. 11 derniers actes.

Pour analyser d’une façon plus fine ces 24 actes, nous allons les diviser en 5 catégories.

 

1 ère catégorie : 5 actes qui retranscrivent des cérémonies effectuées par 3 autres prêtres.  

Trois baptêmes, un mariage et une sépulture ont été effectués par trois prêtres en l’absence de l’abbé Guillon.

Guéniveau, vicaire de Courlay a baptisé le 25 juin 1793 Pierre Texier  avant de marier le 9 août 1793 ses parents Louis Texier et Marie Fradin.  L’inversion du baptême et du mariage, exceptionnel pour l’époque, soulève des interrogations. La réponse est probablement dans l’état de guerre et de répression que connait la paroisse depuis août 1792. Nous ne pouvons pas déduire une date de conception puisque l’âge du bébé au baptême n’est pas mentionné. Le 12 juillet 1793, l’abbé Gautier a également baptisé Pierre Merceron, né le 2 mai précédent, fils de Pierre Merceron.

Louis Guéniveau (vers 1761-1821) est alors un prêtre réfractaire qui deviendra curé dissident de Combrand. Il a passé toute les guerres de Vendée caché dans le bocage. Les cérémonies qu’il a effectuées à Pugny se situent pendant l’été 1793, période où l’armée vendéenne contrôle le bocage bressuirais à l’exception du début juillet ou une incursion du général républicain Westerman, parti de Parthenay se termina par une lourde défaite pour les bleus le 5 juillet à Châtillon sur Sèvre (Mauléon).

On peut présumer que Louis Texier (1763-1825) est un combattant vendéen, comme ses frères Pierre (1765-1803) et Jean (1759-1815).   Cette famille Texier est originaire de la Tardière (Vendée) La marraine de Pierre, le bébé, est sa tante, Jeanne Grellier, femme de Jean Texier. Elle est originaire de Chateauneuf de Largeasse. A noter que son père Jacques Grellier, métayer du marquis de Mauroy,  y sera tué le 29 octobre 1793.

Marie Fradin (1770-1834) est la fille de Louis Fradin, marchand du bourg de Pugny qui sera enterré le 10 avril 1794, la sœur de René Fradin qui dirigera une émeute anti-républicaine en 1798 à La Chapelle Saint Laurent,  la belle soeur d’Antoine Archambault, combattant vendéen  de la Chapelle Saint Laurent,  et la cousine germaine du fameux Jacques Maupillier, combattant  de Boismé  qui a inspiré la cinéscénie du Puy du Fou. Bref, tous les indices montrent que le couple Texier-Fradin est au cœur d’une parentèle très impliquée dans la révolte vendéenne.

Pierre Merceron  (1752-?), père de l’enfant baptisé, est un tisserand marié en 1790 à Marie Jeanne Joly (?-1811). Il est identifié sur un document de demande de pension de 1816 comme combattant vendéen. On retrouve souvent sa signature sur des actes paroissiaux. A noter  que la marraine de l’enfant, Rose La Piérière, est la servante de l’abbé Guillon qui semble donc être restée sur place après sa disparition début 1793.

Jean-René Gautier (1756-1810), vicaire de la Chapelle Saint Laurent, a effectué en juillet 1794  le troisième  baptême, celui de Louis Cogné (ou Cogny ou Coigny), fils de Jacques (1739-1819) et Jeanne Tranchet (1755-1808). Le bébé baptisé sera le dernier du couple qui a déjà 6 enfants. L’aîné de cette fratrie est René-Jacques Coigny (1775-1839) qui est alors le très jeune capitaine de paroisse de la 1 ère compagnie de Pugny. Nous nous trouvons à nouveau en compagnie d’une famille très impliquée dans l’insurrection vendéenne (voir cet article).

L’abbé Gautier, originaire de Parthenay comme l’abbé Guillon, a été vicaire de la Chapelle Saint Laurent à partir de 1783. Son supérieur, l’abbé Jean-François Tallerye, a été arrêté fin 1793 et guillotiné à Niort. L’autre vicaire, Jean Guichard, a également été arrêté et enfermé à Rochefort sur les sinistres pontons flottants qui servaient de prison. L’abbé Gautier est le seul prêtre des environs immédiats de Pugny à avoir pu échapper aux arrestations. Il a donc effectué un nombre considérable de baptêmes et d’enterrements dans la clandestinité. Desservant de Chanteloup début 1795, il devint ensuite curé de la Chapelle Saint Laurent. D’abord dissident à partir de 1802, il se soumit au concordat en 1805. (voir article de notre amie Nadine sur son blog « La maraîchine normande ».)

Renou, curé de Saint Pierre des Herbiers y a enterré le 25 septembre 1793 Pierre Bisleau, 28 ans, habitant de Pugny. Cette retranscription d’acte de sépulture concerne très probablement un combattant vendéen de Pugny tué ou mortellement blessé dans les combats du nord Vendée de cette période contre l’armée républicaine dite de « Mayence », dont la bataille de Torfou le 19 septembre. Nous n’avons à ce jour pas pu identifier ce curé Renou. Pierre Bisleau,  marié le 24 novembre 1789 à Pugny avec Jeanne Néraudeau, était meunier et fils de Gabriel Bisleau, également meunier.

Les sacrements effectués par Guéniveau et Gautier auprès de piliers  de la paroisse et de familles au cœur de la participation de Pugny à l’armée vendéenne semblent avérer l’éloignement de l’abbé Guillon à cette période. Cette hypothèse est confortée par le fait que l’on trouve à Courlay et Mauléon à d’autres dates des actes d’habitants de Pugny.

Si leur prêtre avait été caché dans les environs lors de périodes de répression, pourquoi ne se serait-il pas montré lorsque l’armée vendéenne contrôlait le bocage au printemps et à l’été 1793? Pourquoi n’aurait-il pas baptisé les enfants des plus dévoués de ses paroissiens?

2 ème catégorie : Octobre 1793,  4 victimes de la colonne républicaine du général Desmarre  

Ce groupe comprend :

  • Marie Gautier(16 ans) inhumée le 20 octobre 1793
  • Jacques Brossard (20 ans) inhumé le 21 octobre habitant du bourg de Chanteloup
  • Jeanne Chamard (40 ans) inhumée le 29 octobre habitait à Montifaut de Pugny.
  • Françoise Denis (85 ans) inhumée le 29 octobre. Elle est la grand-mère de Marie Gautier. Elles habitaient ensemble à Largeasse au moulin de la Sapinaudière.

Le début du mois d’octobre 1793 correspond à l’entrée massive des troupes républicaines dans le bocage bressuirais en provenance de Parthenay, la Châtaigneraie et Thouars.  Elles ont pratiqué la technique de la terre brûlée pour provoquer la panique des populations civiles et gêner les mouvements des troupes vendéennes. Les 9 et 11 octobre,  deux batailles au moulin aux chèvres et  à Châtillon (Mauléon) ont consacré l’éviction de l’armée catholique des Deux-Sèvres. Selon les demandes d’indemnisations de 1811 que nous avons pu consulter au AD 79 (1M 603 et 606), Châtillon semble avoir été incendié le 13 octobre.  La grande armée catholique sera battue à Cholet le 17 octobre et passera outre-Loire dès le 18, laissant toute la Vendée militaire à la merci des exactions des armées républicaines.

 

Par les demandes d’indemnisation de 1811 (AD79 1M 604 et 606), on apprend de la main de Pierre Louis Puichaud-Girard, notable républicain de Moncoutant alors propriétaire des ruines du château de Pugny et de Chateauneuf de Largeasse, les descriptions suivantes  :

  • les dépendances du château de Pugny et le village de la Rue ont été « incendiées dans le courant d’octobre 1793 par un détachement commandé par le général « Desmars » commandant l’armée qui était alors à Bressuire pour marcher sur Châtillon ».
  • le village de Chateauneuf a été « incendié dans le courant d’octobre 1793 par un détachement de l’armée qui alors était en station à Bressuire et commandé par le général « Desmars » qui fut présent à l’incendie ».
Extrait de la demande d’indemnisation de Pierre Louis Puichaud Girard en 1811 qui mentionne les conditions de l’incendie de Chateauneuf. AD79 1M 604

Le moulin de la Sapinaudière est entre Châteauneuf et Pugny. A travers ce faisceau d’indices, on peut donc légitimement penser que nous avons ici affaire à  4 victimes d’un détachement républicain.

Pourquoi les sépultures s’étalent-elles sur 9 jours?   Les premières dates étaient-elles erronées?

Comme indiqué plus haut, nous avons également pu identifier le métayer Jacques Grellier  comme également décédé à Chateauneuf de Largeasse le 8 brumaire an 2 (29 octobre, acte de mariage de sa fille Marie Jeanne, AD 79 Largeasse M 1803-1835 vue 18/258). Son décès n’est pas consigné dans le registre d’état-civil de la commune tenu par un officier municipal républicain. Il n’y a pas d’acte du 1er octobre au 14 novembre 1793. Mais il a été homologué par la reconstitution de l’état civil de 1795 à Moncoutant La date précise du 29 octobre 1793 provenant de deux sources différentes royalistes et républicaines laisse donc peu de doutes sur son authenticité. Les exactions de ce détachement républicain ont du particulièrement marquer la mémoire locale.

 

« … fille de Jacques Grellier, métayer décédé au village de Châteauneuf dans cette commune le 8 brumaire an 2 de la république comme il est constaté par acte de notoriété dressé à Moncoutant par le premier suppléant du juge de paix le 21 brumaire an trois et homologué par le président du tribunal de première instance séant à Parthenay le 8 nivôse an 13. »
Acte de mariage de Marie Jeanne Grellier avec Louis Jean Marsault  le 3 mars 1805, AD 79 Largeasse M 1803-1835 vue 18/258

Ces dates ne correspondent pas à la remontée des troupes républicaines réoccupant le bocage début octobre avant de se porter vers Châtillon. On peut raisonnablement en déduire que c’est lors d’une mission de « sécurisation » des campagnes du bocage que Chateauneuf, les dépendances du château de Pugny et la Rue ont été incendiés. La grande armée catholique était déjà outre Loire. Le détachement de Desmarres poursuivait-il une bande de combattants ? A-t-il incendié ces villages seulement pour marquer les esprits dans cette contrée insoumise ?  A noter que trois des victimes sont des femmes. Ce sont à une exception près les seules sépulture féminines mentionnées dans les 24 actes. Il est préférable de ne pas imaginer quelle fut leur fin.

Françoise Denis : fille de meunier probablement née à Saint Porchaire vers 1725 (l’âge de l’acte de sépulture semble erroné de 20 ans !), son père s’installe à Largeasse vers 1748 et y décède rapidement. Françoise se marie le 30 septembre 1749 à Jacques Ancelin, également meunier, et ils s’installent au moulin de la Sapinaudière. Ils ont ensemble au moins trois enfants, dont Louise Ancelin. Veuve en 1766, Françoise Denis se remarie dès l’année suivante à Pierre Chabauty. Nous ignorons si lors de son décès son mari était encore en vie.

Marie Gautier : fille aînée de Louise Ancelin et Pierre Gautier, et donc petite fille de Françoise Denis. Elle habitait avec elle au moulin de la Sapinaudière. Elle avait deux jeunes frères. Ses parents sont morts en 1806 et 1810 à Montifault de Pugny.

Jeanne Chamard :  il existe bien une famille Chamard à Largeasse avant la révolution, mais nous n’avons pas pu identifier  cette femme avec certitude.

Jacques Brossard : ce nom de famille étant courant à Chanteloup à cette époque, nous n’avons pas pu l’identifier. Il existe un autre Jacques Brossard né en 1773 mais il est décédé en 1851. Pourquoi ce jeune homme est-il enterré à Pugny alors qu’il est bien identifié comme habitant le bourg de Chanteloup? Est-il un combattant vendéen ou alors un simple paysan qui a eu le malheur de croiser la colonne de soldats bleus?

Jacques Grellier : né vers 1736, marié en 1757 à la Chapelle Saint Laurent avec Marie Françoise Dieumegard, décédée en 1806 à chateauneuf. Ils eurent à notre connaissance 8 enfants dont 2 filles prénommées Marie Jeanne. La première s’était mariée avec Jean Texier mentionné plus haut le 9 février 1790 à Pugny. La seconde s’est mariée en 1805 et c’est cet acte qui nous donne la date de décès le 29 octobre 1793.

Merci à toute l’équipe des passionnés d’histoire du château de Pugny dont les indices m’ont été précieux et m’ont permis de croiser et recroiser des informations.

La partie 2 arrivera bientôt.

J-Philippe Poignant

 

La guirlande de Julie (Part 3)

Charles de Sainte-Maure et Julie Luciana d’Angennes : Mariage d’amour ou de raison ?

 

 

 

 

 

 

 

Tant d’effort, de patience, et d’assiduité de la part de Charles de Sainte-Maure  pourrait laisser penser que Julie d’Angennes en recevant la guirlande serait tombée immédiatement sous le charme et aurait épousé  son soupirant par amour sincère.

Malheureusement il semble bien que  Julie d’Angennes ait épousé le seigneur de Pugny pour d’autres raisons.

De Sainte-Maure présenta sa guirlande à Julie le 22 mai 1641, jour de sa sainte patronne. Il semble bien que l’effet ait été manqué.
Julie, malgré ses trente-cinq ans, n’avait nulle envie de se marier.
Le pauvre De Sainte-Maure, avec son beau présent, n’eut qu’un succès d’estime ; il exhale son amertume dans un sonnet : «  » ».. Son amour est un but où je ne puis atteindre… «  » »
Dépité, il s’en va guerroyer en Alsace. Mais il y a des passes noires, et Bellone ne lui sourit pas plus que Vénus : au cours d’un combat, il est fait prisonnier et traité durement, malgré son rang et son titre, par une soldatesque germanique sans courtoisie.
L’Hôtel de Rambouillet intervient aussitôt auprès de la régente Anne d’Autriche, pour faire verser à l’ennemi la rançon exigée. Mais Mazarin, sans l’avis de qui la Régente ne décide rien, fait la sourde oreille, et De Sainte-Maure, au bout d’un an, se morfond toujours dans son cachot de Schweinfurt.
Enfin, il arrive à rassembler, avec l’aide de ses amis et de sa famille, les 10 000 écus de la rançon, et, libre, il accourt à Paris, mais pour y retrouver une Julie toujours aussi rétive.
Coup sur coup, il hérite alors d’un de ses oncles, M. de Brassac, le titre de gouverneur de Saintonge et d’Anjou, et, de la veuve de cet oncle qui le suit de près dans la tombe, une belle fortune : l’honneur, et de quoi soutenir cet honneur.
Maintenant, Charles de Sainte-Maure, marquis de Montausier, maréchal de camp et gouverneur de la Haute-Alsace, de la Saintonge et de l’Anjou, est un beau parti.
Mise au pied du mur, Julie imposa alors à De Sainte-Maure d’abjurer le protestantisme, déclarant qu’elle n’épouserait jamais un réformé.
Dernier coup pour De Sainte-Maure, qui avait de la conscience et tenait à sa foi. Néanmoins, il se convertit, sincèrement semble-t-il, après de longues disputes théologiques avec le prédicateur de la Reine, le Révérend Père Faure.
Enfin, Julie se décide. Le contrat est dressé, et nous y voyons que l’apport de la future consiste surtout en un titre : une « rente sur l’Entreprise des coches d’Orléans » que lui avait donnée, pour étoffer sa dot, une grande dame, amie des Rambouillet, la duchesse d’Aiguillon.
Le mariage est célébré le 3 juillet 1645. Nous abandonnerons là De Sainte-Maure, non sans indiquer qu’on incline à croire que Molière l’aurait dépeint sous les traits du Misanthrope : l’homme aux rubans verts, paraît’il, c’était lui, alors que, vieillissant, il brûlait ce qu’il avait adoré et n’avait plus qu’indignation et sarcasmes pour le ton du Sonnet à Phyllis,
 Sources : BNF gallica