Tous les articles par admin

3ème partie, une famille de pugny aux origines protestantes : 1758, le dernier mariage d’un drôle de paroissien

La troisième partie de l’étude de la famille protestante Fradin-Branchu est encore consacrée à Jacques Fradin que nous retrouvons en 1758. Sa femme Marie Branchu est décédée à une date indéterminée.

Sur les registres paroissiaux du Breuil Bernard on trouve le 18 avril 1758 la naissance de :

… « Pierre Jacques, fils naturel de Marie Buchet . Maître Jacques Fradin a confessé en présence de Jean Piet et de Louis Aubrit que cet enfant est de lui et promet d’épouser la dite Buchet. Les parrains et marraines ont été Pierre Richard et Françoise Barbotteau qui ont déclaré ne savoir signer. » 

Signatures :  Jacques Fradin, Jean Piet, Louis Aubrit. Vergneault, curé du Breuil Pugny.  

Acte de Baptême du 18 avril 1758. BMS Breuil Bernard AD 79

On pourrait considérer cette naissance hors mariage comme un accident lié à l’ »empressement » d’un jeune couple mais ce n’est pas cela du tout.

Par l’acte de mariage du 29 avril 1758, on en sait beaucoup plus. 

… « j’ai conjoint en mariage Jacques Fradin, veuf en première noces de Marie Roy et en seconde de Marie Branchu, d’une part avec Marie Buchet, veuve en premières noces de Pierre Turpeau et en seconde de François Richard, en présence de Jacques Fradin fils du contractant, Pierre Grignon et Charles Chouc qui ont signé… « 

Signatures :  Jacques Fradin (marié), Jacques Fradin (fils), Pierre Grignon, Charles Chouc, Vergneault, curé du Breuil Pugny.

Mariage du 29 avril 1758. BMS Breuil Bernard AD 79

Les mariés et parents du bébé ne sont donc pas de jeunes tourtereaux mais des adultes mûrs. Jacques Fradin a alors en effet près de 80 ans !

En dehors de la peu courante aptitude tardive à procréer du père, on peut se demander ce qu’il s’est passé pour qu’en cette époque de grande surveillance morale, un tel « accident » ait pu se produire avec des personnes de cet âge !

Nous n’en aurons probablement jamais la preuve certaine, mais l’ hypothèse la plus probable est que nous avons affaire à un couple de protestants qui avait « oublié » de se marier à l’église. Nous avons vu dans les articles précédents que Jacques Fradin, notable huguenot avait été obligé d’abjurer en 1730 et de réhabiliter son mariage avec Marie Branchu sous la pression du subdélégué de l’intendant du Poitou. Il semble bien qu’il ait récidivé 28 ans plus tard, et que le curé Vergneault, prévenu de la naissance d’un enfant par une dénonciation ou la rumeur publique,  n’a pas raté l’occasion de remettre ces brebis égarées dans le « droit chemin ».

En 1758, le plus dur des répressions protestantes est passé. Les dernières « chasses aux pasteurs » par la maréchaussée dans le bocage datent de 1750. C’est cette même année qu’est exécuté en juillet à Poitiers Jacques Boursault, de Moncoutant condamné pour rébellion.  Il sera le dernier huguenot a subir ce sort dans le  Poitou.

Méreau de Moncoutant de 1752.
Ce jeton de plomb servait de laisser passer pour accéder aux cérémonies du désert. Photo extraite du livre d’Hélène et Jean Micheneau « Histoire de l’église réformée de Moncoutant » 2003

Ce mariage forcé aura donc probablement été :

  • la dernière humiliation de Jacques Fradin, vieux protestant réfractaire qui aura subi toute sa vie les brimades des autorités royales et religieuses.
  • un dernier baroud d’honneur d’un zélé curé du bocage.

A partir des années 1760,  la répression s’atténuera et les huguenots de Moncoutant pourront enfin exercer leur culte sans danger. Il faudra attendre 1787 et l’édit de tolérance de Louis XVI  pour que les protestants de France retrouvent un état-civil officiel. La révolution de 1789 apportera enfin la totale liberté au culte réformé.

1 an après son dernier mariage, le 27 mai 1759  seront célébrées au Breuil Bernard les obsèques de Jacques Fradin, « de son vivant marchand âgé d’environ 80 ans ». Ont assisté à son enterrement Jacques, Pierre et Louis Fradin (ses trois garçons nés du 2 ème mariage avec Marie Branchu), ses neveux Jacques Sionneau, Jacques Forestier et Pierre Loizeau (les deux premiers sont les enfants de ses beaux frères qui ont abjuré avec lui en 1730 à Parthenay),  son beau frère Henry Basty.

Le 8 novembre 1759 sera baptisée au Breuil Bernard Louise Perrine Fradin fille posthume de Jacques Fradin et de Marie Buchet. Après ces baptêmes, on ne trouve pas de trace du destin des deux enfants de ce couple.

Dans un prochain article nous évoquerons le destin de Louis Fradin, 2ème fils du mariage avec Marie Branchu.

J-P Poignant

Merci au Pasteur Vatinel et à Raymond Deborde, dont les nombreuses informations m’ont permis de rédiger cet article.

Les données historiques sur les dernières persécutions  et condamnations proviennent de ma lecture du  livre d’Hélène et Jean Micheneau « Histoire de l’église réformée de Moncoutant » 2003 Jolly Imprimeur Bressuire

Fin de la commune de Pugny

Même si cela est un peu passé inaperçu, une page d’histoire vient de se tourner.

Apres avoir été une seigneurie pendant près de  1 000 ans, Pugny est devenu une commune juste après la révolution française.

Elle aura été administrée pendant plus de 200 ans par divers maires.

Depuis le 1er janvier 2019, la commune de Pugny a été annexée dans une nouvelle commune : Moncoutant sur Sèvre.

Moncoutant sur Sévre

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette nouvelle commune est formée de  6 anciennes communes : Moncoutant,  Moutiers-sous-Chantemerle, Saint-Jouin-de-Milly, La Chapelle-Saint-Etienne, Le Breuil-Bernard et Pugny.

Les 6 communes formant Moncoutant sur Sèvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle s’étend aujourd’hui sur  9 278 hectares et compte 5 192 habitants.

La nouvelle commune regroupe aujourd’hui 120 associations actives dont l’A.C.P.

 

 

Une famille de Pugny aux origines protestantes. 2ème partie : la réhabilitation d’un mariage en 1730

Réhabilitation du mariage de Marie Branchu et Jacques Fradin.

Nous avons dans la première partie de cette série évoqué l’abjuration de 4 protestants de la même famille le 2 août 1730 à l’église Sainte Croix de Parthenay. Le second acte que nous allons découvrir est la réhabilitation du mariage de deux des nouveaux convertis, Jacques Fradin et Marie Branchu, 5 jours après  :

« Aujourd’hui septième aoust de l’année 1730, nous Pierre Jolivard chanoine curé de Sainte Croix soussigné, vu la réponse de Monseigneur XXXXX évesque de Poitiers qui dispense Jacques Fradin de la paroisse de Pugny, et Marie Branchu de la publication de trois bans pour la réhabilitation de leur mariage ensemble la commission à notre mère l’église pour faire la ditte réhabilitation XXXXXXXXXXXXXXX vu le consentement de Monsieur Audouin curé de Moncoutant de la paroisse duquel est la dite Branchu en conséquence de celle-ci avons fait la ditte réhabilitation XXX donne la bénédiction nuptiale dans cette église conformément à la dite commission qui a XXXXX en présence des soussignés

Signé : Jacques Fradin, Marie Branchu, XXX illisible, Turquand avocat ducal, Louise Jeanne Fradin,  Chaboceau subdélégué, Fortinière doyen,  de Chouppes chanoine,  Picault chanoine, Jolivard curé de Sainte Croix »

AD 79 BMS Parthenay Ste Croix 1617-1736 vue 138/144

Qu’est-ce que la réhabilitation d’un mariage ?

Jacques Fradin et Marie Branchu  se sont déjà mariés selon le rituel protestant probablement en privé ou « au désert ».  Mais ce mariage n’est reconnu ni par l’église ni par les autorités civiles ce qui crée des problèmes juridiques considérables (reconnaissance des enfants, succession et transmission du patrimoine etc…)
« La réhabilitation est un terme du droit civil d’ancien régime.  Comme les protestants n’avaient plus, depuis 1685 (révocation de l’édit de Nantes), ni état civil ni état religieux puisqu’en royaume de France les deux étaient confondus et que la religion réformée était prétendue disparue, les protestants français étaient considérés comme concubinaires : d’où impossibilité de faire bénéficier ces couples des « effets de droit » produits par le mariage. » Extrait du site internet http://huguenotsweb.free.fr
Ce re-mariage peut apparaître comme une nouvelle humiliation administrative et religieuse imposée aux nouveaux convertis Fradin-Branchu après leur abjuration.

Qui sont tous ces témoins ?

On retrouve tout d’abord les religieux de la collégiale Sainte-Croix déjà présents lors de l’abjuration du 2 août, soit Louis Picault ( ?-1759) et Pierre François de Chouppes (?-?), chanoines,  Charles Maynard de la Fortinière (1683-1750), doyen, et Pierre Jolivard (?-1746), curé de la paroisse. A noter que ce sont les seuls actes de cette période où les 4 chanoines signent ensemble, ce qui prouve bien l’importance et le caractère exceptionnel de l’abjuration et de cette réhabilitation de mariage.
La sœur de Jacques Fradin, Louise Jeanne, est aussi présente. Elle est l’épouse de Jean Sionneau, également converti le 2 août, et est alors enceinte de 6 mois. Il est bien possible qu’elle ait été détenue avec Marie Branchu au couvent proche de la collégiale le temps de la réalisation que toutes les formalités d’abjuration.
Autre témoin déjà présent le 2 août, Philippe Turquand (1693-1759), avocat ducal et probablement le défenseur des convertis.
Apparaît enfin sur cet acte de réhabilitation un nouveau personnage qui montre que la chasse aux protestants est à la fois une affaire de religion mais aussi d’autorité politique. Il s’agit de Louis Chaboceau (1685-1745), subdélégué de l’intendant du Poitou, et donc haut représentant du pouvoir royal. Ce fonctionnaire, dont le titre peut s’apparenter au sous-préfet actuel, serait le commanditaire des probables arrestations des nouveaux convertis.

Derrière ces deux actes exceptionnels d’août 1730, ressort le drame des protestants poitevins victimes pour leur foi  de brimades et de persécutions. La communauté du moncoutantais à particulièrement souffert des dragonnades de 1685-1686 lorsque Louis XIV révoqua  tous les textes établis par son grand-père Henri IV pour protéger le culte calviniste.

Mais en fait la répression s’est abattue sur les mêmes familles pendant des décennies et plusieurs générations. Nous suivrons dans un troisième article la fin de vie de Jacques Fradin et ses derniers démêlés avec l’église catholique.

J-P Poignant

Merci au Pasteur Denis Vatinel, à Raymond Deborde et à Albéric Verdon dont les  connaissances et l’immense travail généalogique m’ont  permis de rédiger cet article.

Une famille de Pugny aux origines protestantes. 1ère partie : l’abjuration de 1730

Abjuration de protestants  à l’église Sainte Croix de Parthenay en 1730.

Sur les registres paroissiaux de l’église Sainte Croix de Parthenay, pour l’année 1730, on trouve deux actes qui  illustrent la répression qu’a alors subi la foi protestante dans le moncoutantais.

Le premier acte est l’abjuration de 4 protestants de Pugny, Largeasse et le Breuil Bernard :

« Aujourd’hui deuxième août mil sept cent trente, Jacques Forestier, Jean Sionneau, Jacques Fradin et Marie Branchu ont fait abjuration publique de l’hérésie et notamment de celle de Luther et Calvin dans l’église collégiale de Sainte Croix en présence des soussignés, la dite Marie Branchu a déclaré ne savoir signer de ce acquittée.

Signatures :

Forestier, Sionneau, Fradin

Taffoireau, curé de Largeasse, Maynard de la Fortinière, doyen de Sainte Croix, Turquant avocat ducal, Jolivard chanoine curé de Sainte Croix, Picault chanoine, de Chouppes chanoine. »

AD 79 BMS Parthenay Sainte Croix 1617-1736 Vue 138/144

Qui sont ces nouveaux convertis ? 

Ils ont en commun des liens familiaux,  leur origine géographique et un certain statut social.

Jacques Fradin et Marie Branchu sont tout d’abord mari et femme.

Marie Branchu (1698-?), est la fille de René Branchu,  sieur de la Chaize (commune de Terves) et d’Elisabeth Arnaut, mariés en 1695 au Breuil Bernard. Cette union (re-mariage pour René branchu) s’est produite dans des circonstances particulières puisque « le nommé Branchu qui a été marié par ordre de M. l’Intendant (représentant de l’autorité royale dans la province) sur la promesse qu’il lui fit de vivre en bon catholique n’est pas entré dans l’église depuis son mariage » selon le compte rendu de la visite épiscopale du Breuil-Bernard en 1698. René Branchu était donc pour les autorités religieuses un protestant « nouveau converti » coriace et réfractaire.

Par sa tante Louise Branchu, qui a abjuré sa foi protestante dès 1678 à Terves, Marie est la nièce de Thomas Denis, « Fermier général de la terre  de Pugny », et la cousine d’André Thomas Denis, qui a repris les activités de son père.

On trouve également parmi les abjurations qui ont eu lieu à Moncoutant lors des grandes dragonnades de 1685 celle d’un René Branchu, de la paroisse du Breuil-Pugny, âgé de 63 ans.  Il est possible que ce soit le grand père de Marie. En tout cas les Branchu sont bien identifiés comme une importante famille protestante du Breuil Bernard et de Pugny.

Jacques Fradin (vers 1679-1759) est un marchand bien établi d’environ 50 ans. Ses ascendants sont mal connus et on ne sait à quelle famille Fradin le rattacher parmi les nombreuses de la région. Lors de son abjuration il réside à Pugny.

Jacques Forestier (vers 1676-1744) est le beau frère de Marie Branchu, époux de sa soeur Jeanne. De ce couple qui vit à Largeassse, naissent au moins 2 enfants entre 1731 et 1738, date du décès de Jeanne Branchu à 39 ans.

La famille Forestier est originaire de Talmont Saint Hilaire en Vendée. Le pére de Jacques, décédé à Largeasse en 1692 était sieur de la Gestrie. Lors de la visite épiscopale à Largeasse en  1698, il est dit au sujet de cette famille protestante récemment convertie « lesquels ne font et n’ont pas fait leur devoir jusqu’à présent ». Comme pour les Branchu, les Forestier sont des réfractaires.

Jean Sionneau (1686-1734) est le beau-frère de Jacques Fradin, époux de sa sœur Louise Jeanne, enceinte de 6 mois lors de l’abjuration.  Maître Sionneau est un notable important puisqu’il est fermier de la seigneurie de Châteauneuf de Largeasse. Son mariage avec Louise Jeanne Fradin semble récent, puisque le 27 mars 1729 on le  retrouve veuf de Marie Richard, décédée à Largeasse le 27 mars 1729,  « de la religion protestante laquelle est rentrée à la fin de sa vie dans le sein de l’Eglise catholique ». Jean Sionneau est décédé en 1734 à l’âge de 48 ans après avoir eu deux enfants avec Louise Jeanne.

Pourquoi cette abjuration à cette période et à Parthenay?

Louis XIV, a révoqué en 1685 l’édit de Nantes qui protégeait les protestants français depuis Henri IV. Il s’est alors déclenché dans tout le Poitou une vague de grande répression à l’égard des huguenots pour les obliger à se convertir. Les baptêmes, les mariages et les sépultures doivent avoir lieu dans l’église catholique. Ce n’est pas une question de foi mais de simple et pure obéissance aux ordres du roi. Les réfractaires risquent pour les hommes, la prison ou les galères, pour les femmes l’enfermement au couvent, et dans tous les cas de lourdes amendes, la saisie de leur biens, l’enlèvement de leurs enfants…

Au décès de Louis XIV en 1715, la répression s’est affaiblie.  Mais à partir de 1723, date de la majorité de Louis XV, le pouvoir royal et les autorités religieuses ont repris leur lutte impitoyable.

Louis XV en 1730. Tableau de Rigaud Photo Wikipédia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est dans ce contexte difficile que les 4 convertis qui vivaient en couple sans être passés à l’église ont sans doute été arrêtés puis emprisonnés à Parthenay pour désobéissance. C’est pourquoi leur conversion a eu lieu paroisse Sainte Croix dans laquelle étaient situés la prison, le couvent des religieuses de la Propagande, le collège, l’hôpital etc…

Intérieur de l’église Sainte Croix de Parthenay où a eu lieu l’abjuration, Collection privée.

Qui sont les témoins de cette abjuration ?

Pierre Taffoireau (1673-1744), est curé de Largeasse de 1711 à son décès. Il est né à Parthenay dans une famille de juristes. Son père était procureur du duché de la Meilleraye. Son frère est procureur et notaire royal.

L’abbé Taffoireau est l’acteur majeur de cette quadruple abjuration puisque deux des nouveaux convertis viennent de sa paroisse. Il est probablement celui qui a cherché à ramener à l’église catholique ces notables protestants qui vivaient dans l’hérésie sur son territoire. Manifestement ses arguments n’ont pas été que religieux. C’est probablement sur dénonciation que la machine judiciaire royale s’est mise en route. De plus, poursuivre ces  familles de notables réfractaires depuis des dizaines d’années, permettait de servir d’exemples pour faire fléchir les huguenots moins favorisés.

Charles Maynard (1683-1750) est le doyen de l’église Sainte Croix de Parthenay. Cette paroisse est celle du château et donc du pouvoir politique en Gâtine. L’église est collégiale et accueille plusieurs prêtres, les chanoines. Charles Maynard est un noble, seigneur de la Fortinière de Clessé. Bachelier en théologie, maître d’école, administrateur de l’hôpital, il est de par ses fonctions une des principales autorités religieuses de la Gâtine.

Louis Picault ( ?-1759), Pierre François de Chouppes (?-?) sont des chanoines de l’église Sainte Croix. Pierre Jolivard (?-1746), en est aussi le curé. Tous ces prêtres sont de la même génération que l’abbé Taffoireau, qui les a probablement côtoyés dans sa jeunesse. Formés à la fin du règne de Louis XIV, ils sont les représentants d’une église catholique triomphante et intolérante. On ne sait pas s’ils étaient des acteurs impliqués dans la répression ou de simples témoins des événements.

Philippe Turquand (1693-1759), est avocat ducal au siège de Parthenay de 1722 à 1756 et un des administrateurs de l’hôpital. Il représente dans cette abjuration la dimension juridique et pénale. Etant probablement l’avocat des convertis, quel niveau de clémence a-t-il pu obtenir pour cette abjuration ?

Après des années de forte pression et sans doute une surveillance très attentive des prêtres locaux, les enfants des trois couples impliqués dans cette abjuration vécurent comme de bons catholiques. Aujourd’hui, plusieurs centaines d’habitants de Pugny et des environs descendent de ces convertis et ne savent pas ce qu’ont vécu leurs ancêtres. Nous continuerons l’étude de cette famille dans quatre autres articles qui suivront bientôt.

J-P Poignant

Merci au Pasteur Denis Vatinel et à Raymond Deborde dont les  connaissances et l’immense travail généalogique m’ont  permis de rédiger cet article.

Le Pasteur Vatinel est le conservateur du musée protestant de l’ouest à Monsireigne (85) http://www.bois-tiffrais.org/

Raymond Deborde anime avec sa femme Sylvie le blog « L’arbre de nos ancêtres » et est un des responsables du cercle généalogique des Deux-Sèvres http://genea79.fr/ 

Merci à Albéric Verdon dont la richesse du site internet m’a permis d’identifier tous les religieux et l’avocat ducal de cette abjuration. http://gatine-parthenay.pagesperso-orange.fr/

Merci à Bernadette, qui connait si bien l’histoire de Largeasse pour les renseignements fournis sur l’abbé Taffoireau.

Le moulin à eau du château

Nous avions publié en Octobre 2016, un article sur le moulin à eau du château 

Au fur et à mesure de l’avancée de  nos recherches, nous nous devons de modifier les articles lorsque ces derniers ne sont plus à jour ou comportent des informations erronées.

C’est le cas de cet article de 2016 qui précisait que l’on trouvait la trace du moulin à eau situé à l’arrière du château dans l’acte de vente de 1731 : «  »…plus le moulin appelé le Grand Moulin, assis au dessous de la chaussée de l’étang du château.. »

La confusion portait sur le terme moulin du château: Le moulin décrit dans cet acte de vente n’est pas le moulin donnant sur l’arrière du château dont on en voit plus aujourd’hui que les supports de l’ancienne roue, mais  le moulin de l’étang de Courberive présenté à l’époque  en 1731, comme étant le moulin du château.

 

Nous ne traiterons pas aujourd’hui du moulin de courberive mais du moulin à eau implanté sur la digue à l’arrière du château et dont on trouve encore la trace  sur le cadastre napoléonien du début du  19 éme siècle :


A ce jour aucune trace de ce moulin n’est visible dans le champ. La mise à jour des fondations fera l’objet de travaux par les membres de l’A.C.P cette année.

Emplacement présumé des fondations
Vue du support droit de la roue inséré dans la digue
Vue du ruisseau longeant la digue

Marie-jo et Gilles Boissonneau ont pu photographier la digue cet été lorsque le ruisseau était à sec.

Vue des anciens piliers portant la roue

Marie-jo nous propose d’imaginer à partir du croquis d’un moulin de type féodal ce que pouvait être le moulin à eau du château

Croquis d’un moulin à eau médiéval

 

 

Les racines protestantes de la famille la Rochejaquelein

Pugny est situé dans le quart sud-est de la Vendée militaire, mais également à la limite est du bocage vendéen protestant dont les principaux centres étaient Moncoutant, Pouzauges, Mouchamps et La Chataigneraie. La population protestante du Moncoutantais représentait au début du XVIIème siècle entre le quart et la moitié de la population selon les paroisses. C’est pourquoi la plupart des familles anciennes de cette région, même si elles sont catholiques depuis de nombreuses générations, ont des ascendants protestants.

Lors d’une visite de Pugny des membres des Amis du Pont Paillat, groupes de passionnés d’histoire des guerres de Vendée, j’évoquais avec eux le fait que de nombreux combattants vendéens du secteur avaient des ascendants protestants, ce qui faisait qu’ils avaient le « privilège » d’avoir eu des ancêtres persécutés pour leur foi par Louis XIV et ses dragons, avant d’être eux-mêmes persécutés par les sans culottes de Turreau et Robespierre.

C’est à partir de cette remarque que nous lançons une série de plusieurs articles  consacrés aux racines protestantes des habitants du bocage, qui illustrent sous un autre angle l’histoire locale.

Pour débuter, nous allons commencer par la famille noble de la Vendée poitevine la plus prestigieuse, les La Rochejaquelein.

La famille du Vergier de la Rochejaquelein

Avant les guerres de Vendée, les du Vergier de la Rochejaquelein, établis au château de la Durbellière de Saint Aubin de Baubigné,  étaient déjà une des familles nobles les plus riches et les plus connues du Poitou. Les de Mauroy, châtelains de Pugny,  les fréquentaient  puisqu’on trouve en 1770 un acte de baptême du fils d’un serviteur du château avec comme marraine Anne Henriette, sœur du marquis de la Rochejaquelein (AD79 Pugny 1770, vue17/136).

Henri, le célèbre général des armées vendéennes (1772-1794), était  fils d’Henri Louis Auguste du  Vergier Marquis de La Rochejaquelein (1749-1802) et de Lucie Constance Bonne de Caumont d’Adde (1749-1798).

Portrait d’Henri de la Rochejaquelein (1772-1794) extrait de l’édition 1809 des Guerres de Vendée de Beauchamp
Descendants d’Agrippa d’Aubigné

Henri et Lucie de la Rochejaquelein étaient cousins éloignés et avaient pour arrière grands parents communs Marc Louis de Caumont et son épouse Marie de Valois de Villette

Marc Louis de Caumont seigneur d’Adde et du Puy de Magné (à Coulonges sur l’Autize)  a été baptisé à l’église réformée de Niort le 13 8 1628. Il était fils, petit fils, et neveu de nobles huguenots qui avaient servi Henri IV durant les guerres de religion.

Marie de Valois de Villette née en 1633 et aussi baptisée protestante, était la petite fille d’Agrippa d’Aubigné (1552-1630), un des principaux compagnons de jeunesse et de guerre d’Henri IV, protestant acharné et écrivain talentueux. Auteur en 1620 d’une « Histoire universelle » qui fut condamnée en justice, il préféra s’exiler à Genève pour s’exprimer sans contraintes et mourir dans sa foi plutôt que de vivre en France sous Richelieu et Louis XIII.

Agrippa d’Aubigné 1552-1630. Compagnon de route d’Henri IV et ancêtre des la Rochejaquelein. Image wikipédia
Cousins de Madame de Maintenon

Marie de Valois était également la cousine germaine de Françoise de Maintenon (1635-1719), deuxième femme de Louis XIV, elle aussi petite fille d’Agrippa d’Aubigné. Madame de Maintenon, baptisée catholique, a été élevée par la mère de Marie de Valois, Louise Artémise d’Aubigné (dite Madame de Villette (1584-1663)), et a grandi avec ses cousins huguenots au château de Mursay, à Echiré, près de Niort.

Photo du château de Mursay au début du XXème siècle. Il est depuis tombé complètement en ruine.

 

Madame de Maintenon fut enlevée à sa tante vers 12 ans pour être élevée dans le catholicisme. A partir de 1670, quand elle commença à prendre de l’importance à Versailles, elle poussa ses cousins à se convertir. C’est à cette époque que les de Caumont devinrent catholiques (page XVIII de la notice des Mémoires du Marquis de Villette, édition de 1844).

 

A noter que Madame de Maintenon, pour que sa famille soit religieusement « irréprochable » et pour plaire à Louis XIV, était prête à tout. Elle n’hésita pas à faire enlever en 1680 les enfants mineurs de son cousin Philippe de Valois de Villette, frère de Marie de Valois,  pour les convertir alors que leur père huguenot était en mer, commandant  un vaisseau de la marine royale.

Mme de Maintenon,née à Niort , 1635-1719, 2ème épouse de Louis XIV (Photo Wikipedia)

La plus jeune des enfants de Valois, devenue Marquise de Caylus, parle ainsi dans ses souvenirs de sa conversion à l’âge de 9 ans : « Je pleurai d’abord beaucoup,  mais je trouvai le lendemain la messe du roi si belle, que je consentis à me faire catholique à condition que je l’entendrais tous les jours et qu’on me garantirait du fouet ». (Souvenirs de Madame de Caylus, édition de 1823, page 46)

La famille La Rochejaquelein a donc des origines protestantes très affirmées et prestigieuses. Le passage au catholicisme de leurs aïeux fut celui de nobles forcés d’abjurer pour accéder aux plus hautes fonctions. Les simples roturiers du bocage devaient subir bien davantage de violence pour se convertir…

J-P Poignant

Je remercie le Pasteur Denis Vatinel, qui m’a fait connaitre la généalogie protestante des La Rochejaquelein et m’a tant appris sur mes ancêtres huguenots.

Le Pasteur Vatinel est le conservateur du Musée de la France Protestante de l’Ouest à Bois Tiffrais de Monsireigne en Vendée, qui mérite la visite de tout amateur d’histoire locale.

http://www.bois-tiffrais.org/

 

Meilleurs vœux 2019

Au nom de toute l’équipe de l’A.C.P,  je vous souhaite une bonne et heureuse année 2019.

Cette année 2018 se termine par un bilan positif. Malgré la catastrophe du mois d’avril, quelques projets de travaux ont pu être menés à bien.

Concernant le site internet, grâce aux nombreux articles publiés , nous avons encore progressé en nombre de visites et nous atteignons cette année presque à nouveau le record de 2017 en nombre de pages lues.

pour mémoire le site a fêté ses 3 ans d’existence début novembre

2015 :     1 122 visites   pour         7 169 pages lues.

2016 :   22 844 visites  pour       77 996 pages lues.

2017:   47 585 visites  pour     254 235 pages lues.

2018 :  62 097 visites  pour    243 000 pages lues.

soit depuis la création du site  un peu plus de 133 600 visites pour un total de plus de 582 000 pages lues

Une nouvelle année commence avec des projets de travaux en quantité, qui, je l’espère nous apporterons de belles découvertes.

L’assemblée générale de l’ A.C.P aura lieu dans quelques semaines , se sera l’occasion de faire le point sur ces projets.

Bonne et heureuse année 2019

1794-1795 Le camp républicain de Largeasse

Contexte de l’installation du camp de Largeasse : de la restauration des autorités républicaines à l’automne 1793 au sursaut vendéen de l’été 1794. 

Après la défaite de la grande armée vendéenne le 17 octobre 1793 à Cholet et son passage au nord de la Loire (virée de galerne) où elle sera pratiquement détruite fin décembre, les autorités républicaines ont été reconstituées en novembre dans le bressuirais.

La population, traumatisée par les destructions causées  par les armées bleues lors de leurs mouvements en octobre (dont les dépendances et des métairies du château de Pugny), n’aspire alors  qu’à la paix et à panser ses blessures.

Mais les autorités civiles et militaires républicaines firent le choix d’une répression à grande échelle. Plusieurs centaines de personnes, suspectées d’être partisans ou sympathisants de l’insurrection vendéenne furent arrêtées lors de rafles qui eurent lieu en décembre 1793. Dans ce cadre, des habitants de Pugny furent envoyés à Saumur pour y être exécutés. D’autres furent jetés dans les cachots du donjon de Niort. Beaucoup de ceux qui ne furent pas guillotinés y périrent du fait des épouvantables conditions sanitaires.

Puis en janvier 1794, le général en chef Turreau lança sur la Vendée désemparée ses colonnes infernales qui commirent d’innombrables crimes et tuèrent sur l’ensemble de la Vendée militaire des dizaines de milliers d’innocents sans défense. Cette politique répressive fut un échec pour les républicains. Dès la fin de janvier 1794, des bandes vendéennes se reconstituèrent.

A Courlay, le 6 février, elles attaquèrent et prirent un convoi de charrettes chargées des pillages des colonnes infernales escorté par des gardes nationaux de Moncoutant, dont plusieurs furent tués. Bressuire est évacuée par les républicains le 8 février.  Le même jour, Cholet est attaquée par les vendéens et le général républicain Moulin préfère se suicider plutôt que d’être fait prisonnier. Alors que les exactions des armées bleues continuent pendant des semaines, c’est le 18 avril à Boismé tout un détachement de plusieurs centaines de soldats républicains qui est mis en pièces.

Suite à une longue série d’échecs, Turreau est démis de ses fonctions en mai 1794. Une stratégie d’encerclement de la zone Vendéenne insurgée par des camps retranchés est alors mise en place, comme le village d’Astérix entouré de camps romains.

Construction du camp de Largeasse :  juillet – août 1794

Les incursions vendéennes sur l’Absie début juillet 1794 rendent indispensable la construction d’un camp intermédiaire entre celui d’Antigny près de la Châtaigneraie  et celui de Chiché près de Bressuire.

Il semble que l’emplacement de ce camp devait se situer tout d’abord près de Moncoutant. Mais le risque d’encerclement était trop grand, d’où le choix de Largeasse, qui permettait si nécessaire une retraite vers Parthenay.

La construction débute fin juillet ou début août 1794. La première mention du camp dans un document officiel est dans un courrier du général Vimeux du 29 juillet (Guerre des Vendéens et des chouans, Savary, 1825, Tome 4, page 47). L’emplacement est sur une hauteur à 1.5km au sud du bourg de Largeasse, sur la route de Vernoux, au carrefour de l’ancienne route de l’Absie à Parthenay.

Mi-septembre, le camp est inspecté par le nouveau général en chef Thomas Alexandre Dumas(1762-1806), père de l’auteur des « 3 mousquetaires ». Il juge la position « en l’air et mauvaise » (Savary, page 116) et ordonne de faire fortifier le camp par le général Macors.

Général Thomas Alexandre Dumas Image wikipedia

Le rectangle est enrichi de saillants à la Vauban et entouré d’un fossé de 2.50m de profondeur avec une levée de terre  de 2, 50m également (Description du camp par Elie Auriault, bulletin société d’histoire de Parthenay 1960). On distingue encore sur quelques haies les restes de cette levée. Il est très probable que les hommes de la population locale subirent des réquisitions pour la construction. Des raids d’approvisionnements ont également du se dérouler, poussant la population de Pugny à se réfugier à Mauléon ou Courlay fin septembre. (Acte de baptême Savin du 1er octobre, AD 79 Mauléon ; acte de sépulture Drillaud du 7 octobre,  archives paroissiales de Courlay). De nombreux restes de parties métalliques de charrettes, vestiges des pillages du voisinage, ont été trouvées dans un des champs proche du camp.

Superposition nord -sud du camp de Largeasse

On sait que le 22 septembre 1794, la garnison affectée était le 2ème bataillon de la Marne avec un effectif de 871 hommes.(AD 85 en ligne, référence SHD B 5/120-4.)

Les combats autour du camp : octobre 1794

Des combats autour du camp eurent lieu en octobre 1794. Dans les mémoires de Pierre Devaud, soldat vendéen de l’armée de Stofflet,  une mention est faite du regroupement de troupes à Courlay pour l’attaquer. (page 64,  édition de 1882 sur Gallica).

Le 20 octobre, selon encore Savary (page 152) :

« Un détachement du camp a soutenu une fusillade de plus d’une heure contre 500 brigands dont 40 ont été tués et un grand nombre blessé. Un prêtre s’est trouvé parmi les morts. Ce succès a valu la prise de deux caisses de tambours, des selles, des bottes, 15 fusils, etc… Luneau et Baudu, chefs pris sans armes, ont été faits prisonniers. Nous avons perdu 7 hommes et 6 blessés, dont 2 à mort. »

Extrait Combat de Largeasse du 20 octobre 1794. (AD 85 Archives militaires de la guerre de Vendée conservées au Service historique de la Défense (Vincennes) SHD B 5/10-73, vue 8/14)

Près de l’entrée du camp se situe un champ dénommé « du poteau ». où il semble que des exécutions ont eu lieu. A cette même période une partie du bourg de Pugny a été détruite probablement en représailles (formulaires de demande d’aide à la construction de 1811 AD 79 ref 1 M 600 et 606)  .

La fin du camp : mars 1795

Malgré ces combats, le camp n’arrêta pas les incursions vendéennes vers le sud. Durant l’hiver 1794-1795, les autorités républicaines, voyant qu’elles ne viendraient jamais à bout de la révolte vendéenne, entamèrent des négociations de paix avec Charette et Stofflet qui aboutirent aux traités de la Jaunaye et de Saint Florent le vieil (février et mai 1795).

Il semble que c’est dès le début de cette période de pacification que  le camp de Largeasse fut abandonné. Selon le « Journal de Louis Thomas » , paysan de la Chapelle Bertrand (Bulletin de la Société historique de Parthenay, transcription par Albéric Verdon, 2008,  page 22 ) :

« Le camp cessa d’exister le 28 mars 1795. Il dura environ neuf mois. Sitôt que la patrie (troupes républicaines) cessa d’être au camp, les brigands aristocrates y furent mettre le feu … tout le monde d’alentour en fut joyeux ». 

Ainsi se termine la présence d’une garnison républicaine au cœur de la Gâtine. Après 2 ans d’une guerre effroyable, le pouvoir républicain accordait aux insurgés vendéens la liberté religieuse, ce qui était pour eux une grande victoire. Même si la région connut des troubles pendant encore 5 ans avec d’épisodiques flambées de violence,   la première guerre de Vendée, la plus terrible, était terminée. Restait à la population à panser ses plaies, faire le deuil de ses morts et reconstruire, ce qui lui prit au moins 15 ans.

J-P Poignant

En complément :

Diverses évocations historiques du camp de Largeasse

Description de l’effectif du camp le 22 septembre 1794

Extraits mentionnant le camp de Largeasse du livre de Savary (1824)

Cartes du camp

Extrait bulletin société historique de Parthenay par Elie Auriault (1960)

Merci à Bernadette Boureau et Richard Lueil  qui m’ont procuré énormément d’informations pour cet article.

J’ai notamment utilisé les éléments de Richard sur le camp de  Largeasse publiés sur son blog « Chemins secrets ». C’est à lui que revient le mérite d’avoir fait sortir le camp de l’oubli sur internet.

http://chemins-secrets.eklablog.com/le-camp-de-largeasse-a105997552

http://chemins-secrets.eklablog.com/complements-sur-le-camp-de-largeasse-a130875894

http://chemins-secrets.eklablog.com/le-choc-de-largeasse-a130382128

 

Pierre Sans-culotte et Marie Antoinette, bébés des guerres de Vendée.

En septembre et octobre 1794, alors que notre bocage connaissait la période la plus sombre de son histoire,  sont nés à quelques jours d’intervalle deux bébés de familles en exil de Moncoutant et de Pugny.  A une autre époque, ils auraient pu jouer ensemble dans la même cour d’école, mais leurs prénoms auraient rapidement mis en évidence les haines de la guerre civile qui a opposé leurs parents.

Pierre Sans-culotte Puichaud

Le 22 septembre 1794 à François,  commune à 15km à l’est de Niort, est né Pierre Louis Sans-culotte Puichaud, fils de Pierre Louis Puichaud et de Rénée Louise Colombe Girard.

Voici la transcription de l’acte de naissance :

Le 1er vendémaire ou 22 septembre vieux style 1794, l’an troisième de la république française, par devant nous Jacques Pierre Cassin officier public nommé pour recevoir dans cette commune les déclarations de naissance, a comparu Pierre Louis Puichaud, fermier, demeurant Availles en cette commune, lequel assisté de Pierre Dominique Taffoiraud, teinturier, demeurant au dit lieu d’Availles agé de 28 ans et de Françoise Soullier âgée de 39 ans a déclaré que Renée Louise Colombe Girard sa femme a accouché dans cette commune aujourd’hui sur les deux heures après minuit d’un garçon qui a été apporté au présent lieu auquel il a été imposé le prénom de Pierre Louis Sans-culotte Puichaud. De laquelle déclaration il a été requis et donné acte et ont les déclarants et témoins signés sauf ceux qui ont déclaré ne savoir signer. 

Signatures : Pierre Louis Puichaud-Girard et Cassin officier public

Extrait de l’acte de naissance qui mentionne « a été imposé le nom de Pierre louis Sans-culotte ». AD 79 François Naissances An 2 – an 10. Vue 10/61

Le père de l’enfant est un riche bourgeois républicain de Moncoutant et grand acquéreur de biens nationaux. Il est alors réfugié avec sa famille ( 3 jeunes enfants) dans la région niortaise après s’être enfui du bocage où sa vie était menacée par les bandes vendéennes. La mère du bébé, Renée Louise Colombe Girard,  est la sœur du notaire de Clazay Jean Clair Girard, ardent républicain qui lors de son décès en 1818 n’aura que difficilement un prêtre pour procéder à ses obsèques. Le cadre de l’exil du couple Puichaud est confortable, puisque le village d’Availles où naît le bébé est un château situé sur les bords de la Sèvre.

Le premier témoin est également un refugié du bocage. Dominique Taffoireau, teinturier, est le neveu du notaire de Moncoutant François Beliard.

Plan du château d’Availles à François. Extrait du cadastre de 1830. AD 79
Signature de Pierre Louis Puichaud-Girard sur l’acte de naissance de son fils. AD79 François Naissances An 2 – an 10. Vue 10/61

La mère du jeune Pierre Sans-culotte mourra des suites de l’accouchement le 30 septembre 1794. Il est à noter que l’on trouve comme signataire de l’acte de décès un autre réfugié du bocage :

  • Alexis Cottenceau (1759-1814), commerçant  originaire de Largeasse,  alors cultivateur réfugié à Cherveux, frère de Dominique Cottenceau officier municipal républicain lui-même assassiné par les vendéens en juillet 1794 à l’Absie
Signature d’Alexis Cottenceau sur l’acte de décès de Renée Françoise Colombe Girard. AD 79 François Décès An 2 – an 10 Vue 9/48

Pierre Sans-culotte Puichaud décèdera en juin 1801 à Moncoutant probablement emporté par une maladie infantile.  Son père fait partie de l’histoire du château de Pugny puisqu’il en achètera vers 1805 les terres et les ruines après avoir acquis celles de Chateauneuf de Largeasse.

Marie Antoinette Savin

Dans un tout autre environnement est née le 1er octobre 1794 à  Châtillon sur Sèvre (Mauléon) Marie Antoinette Savin, fille d’Augustin Savin et de Jeanne Texier. Les parents de la petite fille sont de la paroisse de Pugny et réfugiés à cause de « la proximité de l’ennemi ». Pugny subit alors les raids des troupes républicaines du camp de Largeasse, construit dans l’été 1794 pour limiter les incursions vendéennes en Gâtine.  Le père du bébé est probablement combattant vendéen. Il donne à sa fille le prénom de l’ancienne reine de France guillotinée un an auparavant. Le parrain est Pierre André Poignant, officier vendéen et la marraine sa sœur Marie Louise Poignant, veuve de Clément Cendre, ancien régisseur du château et maire de Pugny « tué par les républicains » (guillotiné à Niort début 1794 comme chef vendéen). Tous les deux sont nés au château de Pugny et étaient des domestiques du marquis de Mauroy  émigré en Allemagne depuis 1792. Il est probable que ces réfugiés vivaient alors dans les ruines de Châtillon, détruite en 1793.

Voici la transcription corrigée de cet acte de baptême exceptionnel :

L‘an de grâce 1794 et le 1er octobre a été baptisée par moi soussigné curé de la Trinité une fille née de ce jour du légitime mariage d’Augustin Savin, domestique, et de Jeanne Tessier ses père et mère de la paroisse de Pugny et réfugiés dans ce pays-ci à cause de la proximité de l’ennemi. Elle a été nommée Marie Antoinette par le sieur André Poignant et demoiselle Marie Louise Poignant sa sœur veuve de Clément Cendre, tué par les républicains (rajouté à l’entre ligne), qui ont été parrains et marraines. la marraine a signé avec nous, le parrain ainsi que le père ont déclarés ne savoir signer de ce requis. 

Signatures : Marie Louise Poignant veuve de Clément Cendre, Perrinet (curé)

La jeune Marie Antoinette n’a pas survécu à cette époque troublée, et son père décédera en juillet 1795.

AD79 Mauléon. BMS registre de catholicité 1794- an 10. Vue2/85

Tout oppose ces deux bébés : les opinions politiques de leurs familles, leur condition sociale, leur prénom. Mais ils sont cependant liés par le triste destin d’enfants de réfugiés dont les conditions  de  naissance illustrent la tragédie de la guerre civile vendéenne.

J-P Poignant

Merci à M. Robert Girard et à Mme Jackie Leroy, correspondants de Généanet qui m’ont fait découvrir les circonstances de la naissance de Pierre Sans-culotte Puichaud.

Merci a Christian Boche dont le travail généalogique m’a permis de  découvrir l’acte de naissance de Marie Antoinette Savin.

Visite de l’Association des Amis du Pont-Paillat

Samedi 15 décembre, l’Association des Amis du Pont-Paillat, nous a rendu visite au cours de son périple qui l’a mené de l’église Saint-Pierre de Pugny, au camp de largeasse et  à Chanteloup en passant par le château de Pugny.

Malgré le froid et la pluie, les visiteurs ont pu visiter les caves du château. Après qu’Eric  ait fait un rappel sur l’histoire du château, Jean-Philippe a plus spécifiquement rappelé les événements liant le château aux guerres de Vendée.

 

Pierre Drillaud (1765-1813) et René Jacques Coigny (1775-1839) capitaines de paroisse de Pugny

Pugny a été un des premiers villages du bocage à s’insurger lors de la révolte antirépublicaine d’août 1792, et sa population a été particulièrement active durant les guerres de Vendée entraînant d’importantes destructions par les armées bleues et de nombreuses victimes.

Le document que nous allons décrire ci-dessous nous permet de découvrir de nouveaux acteurs de la paroisse de Pugny pendant cette abominable guerre civile.

En 1816, alors que le pouvoir de Louis XVIII qui a remplacé Napoléon se consolide, des pensions et secours sont attribués pour les  victimes et anciens combattants des guerres de Vendée. Jeanne Chabot, qui habite le hameau de la Guibaudière de Pugny , sollicite une pension de veuve suite au décès de son mari Pierre Drillaud.

Cachet de la mairie de Pugny en 1816

Sur cette demande de pension, on trouve tout d’abord un certificat médical établi le 26 mai 1816 par Jacques François Chevalier, alors chirurgien à La Chapelle Saint Laurent.

Nous soussignés chirurgien à la résidence de la Chapelle Saint Laurent, arrondissement de Parthenay, département des Deux-Sèvres, certifions à qui il appartiendra avoir vu, traité et donné nos soins au défunt Pierre Drillaud, bordier demeurant en la commune de Pugny qui était atteint d’une « anquilosie » suturée à l’articulation du bras avec l’avant-bras gauche, l’écoulement liquoreux de la suppuration en a détaché quinze esquilles ou petits os ; cette maladie qui a été la cause de sa mort, vient des blessures qu’il a reçu « ainsy » que des courses forcées et vicissitudes du froid pour avoir couché sur la terre pendant les nuits d’hiver. En foi de quoi nous l’avons délivré le présent pour servir et valoir ce que de raison à la Chapelle Saint Laurent.

Le vingt six may 1816 signé Chevalier

Attestation médicale du chirurgien Chevalier sur Pierre Drillaud

Ensuite nous trouvons sur le même document une attestation en faveur de Jeanne Chabot établi par François Vidal, maire de Pugny, reprenant le témoignage de Réné Jacques Coigné et de Pierre Merceron, anciens combattants.

En marge :

Jeanne Chabot veuve de Pierre Drillaud commandant de la 2eme compagnie de la paroisse de Pugny en 1793

Texte de l’attestation :

Nous René-Jacques Coigné commandent la 1ère compagnie de la paroisse de Pugny lors de la première guerre de la Vendée, Pierre Merceron soldat à la même époque, soussignés certifions que feu Pierre Drillaud natif de Pugny le 27 juin 1764 a été commandant de la deuxième division de la commune de Pugny et qu’il était en ladite qualité avec nous à la grande bataille de Luçon, qu’il y fut blessé au bras gauche est à celle de Boisvert à la jambe gauche et qu’il est mort par suite de ces blessures et des grandes fatigues qu’il a éprouvée, qu’il a laissé Jeanne Catherine Chabot sa veuve avec cinq enfant et sans fortune en foi de quoi nous lui avons délivré ce présent pour lui servir et valoir.

Pugny le 24 mai 1816 signé Merceron, Cougné et Vidal, maire

Attestation Coigné, Merceron

Par ce document exceptionnel, nous apprenons donc qu’en 1793, il y avait deux compagnies de combattants de Pugny dans l’armée catholique et royale. Ces compagnies ont notamment combattu à la grande bataille de Luçon (probablement celle du 14 août 1793) et à celle de Bois Vert (lieu inconnu à recroiser avec d’autres sources).

René Jacques Coigné (1775-1839)

Le commandant de la première compagnie était René Jacques Coigné, né à Pugny le 11 avril 1775 à la Maupetitière. On peut s’étonner des 18 ans de ce commandant en 1793 et peut-être douter de son rôle effectif.  Cependant il était concerné par la  levée en masse de 300 000 célibataires  de 18 à 25 ans  qui provoqua la grande révolte vendéenne.

René Coigné a survécu aux événements  et s’est marié à Pugny le 26 avril 1805 avec  Jeanne Charlotte Fazilleau. Ils eurent ensemble 9 enfants. Il est décédé le 19 avril 1839 à Moncoutant après avoir été bordier à la Maupetitière puis à la Coulaisière de Pugny.

Pierre Drillaud (1765-1813)

Le commandant de la seconde compagnie était Pierre Drillaud, bordier à la Guibaudière de Pugny, apparemment né le 27 juin 1764 (contrairement à ce qu’indique l’attestation, on ne trouve pas son acte de baptême à Pugny).

Il s’est marié le 17 septembre 1787 à  Jeanne Chabot, également de Pugny. Ils eurent ensemble au moins 4 filles. Pierre Drillaud est décédé  le 28 juillet 1813.

Signature de Pierre Drillaud et de son beau-père François Chabot sur l’acte de mariage de 1787

Nous avons pu trouver au sujet de la famille Drillaud deux documents qui nous donnent davantage d’informations.

Le premier est un extrait du livre de l’abbé Etienne Mulon sur l’histoire de Pugny.  Le couple Drillaud a abrité le curé de Pugny Michel Guillon lors des périodes de persécution religieuse des guerres de Vendée.  Une cache spéciale avait été aménagée dans la maison de la Guibaudière. Pierre Drillaud, lui même recherché, se serait caché dans un grand chêne près de l’étang de Courberive.

Le livre de l’abbé Mulon n’est pas infaillible, puisqu’il positionne Jeanne Chabot comme la nourrice de la famille De Mauroy, seigneurs du château. C’est peu probable puisque Catherine, la fille du marquis, était née en 1771. Est-ce la mère de Jeanne Chabot qui en aurait été  la nourrice?

Nous avons également retrouvé dans le relevé du registre paroissial de Courlay la sépulture donnée par l’abbé Pierre Texier  à Alexandrine Drillaud, 2 ans, le 7 octobre 1794, en présence de son père Pierre et de son grand père François Chabot. Le décès de cette fillette s’est produit alors que Pugny et ses alentours  étaient alors régulièrement soumis à des raids républicains du camp de Largeasse. Une partie de la destruction de Pugny est bien identifiée à cette période. Alexandrine a-t-elle été victime des exactions de soldats bleus? Est-elle décédée d’une maladie infantile comme la varicelle (la picotte) qui faisait à l’époque de nombreuses victimes ?  A-t-elle succombé aux terribles conditions sanitaires d’un camp de fortune où ses parents se seraient réfugiés?

Quelques années plus tard, l’abbé Texier deviendra un des fondateurs de la petite église de Courlay et Pugny une paroisse où la dissidence aura l’adhésion de toute la population.

L’autre témoin du document est Pierre Merceron dont nous allons essayer de reconstituer l’état civil et de raconter l’histoire dans un autre article.

J-P Poignant

Merci à notre ami Rémy Billaud et à M. Raphaël Supiot Directeur des archives municipales de Parthenay, qui nous ont fait suivre le document de demande de pension pour la veuve de Pierre Drillaud.

Merci à Raymond Deborde qui nous a transmis les informations généalogiques  sur la famille Drillaud  et à Pascal Paineau qui nous a communiqué les extraits des registres paroissiaux de Courlay.

 

Hameau de la Rue

panneau indicateur actuel

 

Ce hameau apparait déjà en 1435 sous le nom de la ruhe, selon  le dictionnaire topographique des Deux-Sèvre de Bélisaire Ledain

Son nom provient certainement de l’ancien français ru qui signifie petit ruisseau ou rivage, en effet géographiquement ce hameau était en bordure du grand étang à l’arrière du château et il est toujours traversé par de petits ruisseaux.

On retrouve ce hameau sur le cadastre napoléonien dans la première partie du 19 ème siècle.

La rue (Cadastre napoléonien)

Aujourd’hui le village de la Rue est occupé par 3 familles dont la famille BOISSONNEAU qui a quitté le château en 1919 pour s’établir à la rue. Les habitations anciennes sont rénovées et une maison construite au 20ème siècle est venue s’ajouter aux bâtisses du hameau.

Le village de la Rue aujourd’hui

Les travaux de Christian Boche, à partir des recensements de 1871 à 1906, nous donnent un aperçu de la population du village durant cette période.

Recensement La Rue
Nom Prénom Age ou date de naissance Lieu de naissance Etat
1872 Grellier André Jean-Baptiste 11 août 1817 Neuvy-Bouin (Boisnalbert) Fermier 53
Brémand épse Grellier Louise Marguerite 14 octobre 1822 Cerizay épouse 50
Grellier André Léon Aimé 9 juin 1857 Pugny (la Rue) fils 14
Grellier Fridolin Alexandre 19 juillet 1848 Pugny (la Rue) fils ainé 23
Poignant épse Grellier Victorine Léontine 29 juin 1850 Pugny (le bourg) épouse 20
Grellier Auguste Alexandre 17 avril 1870 Pugny (la Rue) fils 2
Grellier Alexandre Fridolin 2 avril 1872 Pugny (la Rue) fils 15 jours
Grellier Pierre Alexandre 7 juillet 1829 Pugny (la Gaudinerie) Fermier 43
Audebaud épse Grellier Marie Victoire « Victorine » 14 février 1839 Chanteloup (garcay) épouse 39
Grellier Alexandre Jules 8 novembre 1871 Pugny (la Rue) fils 5 mois
Robin Jules Joseph 12 mai 1861 Amailloux (villebouin) fils de l’épouse 11
Robin Ferdinand Onésime 18 février 1866 Amailloux fils de l’épouse 6
Robin Célestine Emilie 27 novembre 1863 Amailloux fille de l’épouse 8
Moreau Marie 22 Largeasse servante 22
Motard Théophile Séraphin 19 avril 1844 Chanteloup domestique 23
Nau François 3 juin 1852 Pugny (la Coulaisière) domestique 19
1876 Grellier Pierre Alexandre 7 juillet 1829 Pugny (la Gaudinerie) Fermier 48
Audebaud épse Grellier Marie Victoire « Victorine » 14 février 1839 Chanteloup épouse 38
Robin Jules Joseph 12 mai 1861 Amailloux fils de l’épouse 15
Robin Célestine Emilie 27 novembre 1863 Amailloux fils de l’épouse 13
Grellier Alexandre Jules 8 novembre 1871 Pugny (la Rue) fils 5
Grellier Henri Eugène 23 novembre 1873 Pugny (la Rue) fils 3
Maulévrier Marie Alexandrine 29 mars 1858 Courlay domestique 16
Grellier André Jean-Baptiste 11 août 1817 Neuvy-Bouin Fermier 59
Brémand épse Grellier Louise Marguerite 14 octobre 1822 Cerizay épouse 53
Pied Marie-Désirée 6 septembre 1854 Neuvy-Bouin servante 23
Moreau Clément 18 Pougne-Hérisson domestique 18
Voyer François Jean-Baptiste 23 mai 1856 Neuvy-Bouin domestique 15
1886 Baudouin Pierre 4 janvier 1811 St André/Sèvre cultivateur 76
Clerjault épse Baudouin Louise 19 juillet 1814 St André/Sèvre épouse 72
Genty François Fridolin 12 novembre 1857 Chanteloup domestique 29
Nourrisson Henri François 4 août 1863 Rorthais domestique 22
Gourmaud Louis Auguste François 23 janvier 1870 La Ronde domestique 16
Baudouin Louis Auguste 15 septembre 1840 St André/Sèvre cultivateur 46
Brémaud épse Baudouin Marie Hortense 2 novembre 1843 Courlay épouse 44
Baudouin Marie Augustine Victorine 9 janvier 1868 St André/Sèvre fille 18
Baudouin Marie Eugénie Clémentine 17 mars 1872 St André/Sèvre fille 16
Baudouin Célestin Flavien Augustin 24 février 1875 St André/Sèvre fils 11
Baudouin Marie Mélanie Gabrielle 19 septembre 1878 St André/Sèvre fille 7
Baudouin Auguste Célestin Eugène 5 avril 1881 St André/Sèvre fils 5
Baudouin Marthe Célestine 12 mars 1884 Pugny (la Rue) fille 2
Baudouin François Henri 8 février 1859 St André/Sèvre cultivateur 27
Motard épse Baudouin Marie Albertine 10 avril 1858 Moncoutant épouse 28
1891 Baudouin Louis Auguste 15 septembre 1840 St André/Sèvre cultivateur 50
Brémaud épse Baudouin Marie Hortense 2 novembre 1843 Courlay épouse 48
Baudouin Marie Augustine Victorine 9 janvier 1868 St André/Sèvre fille 20
Baudouin Marie Eugénie Clémentine 17 mars 1872 St André/Sèvre fille 18
Baudouin Célestin Flavien Augustin 24 février 1875 St André/Sèvre fils (cultiv) 15
Baudouin Marie Mélanie Gabrielle 19 septembre 1878 St André/Sèvre fille 12
Baudouin Auguste Célestin Eugène 5 avril 1881 St André/Sèvre fils 10
Baudouin Marthe Célestine 12 mars 1884 Pugny (la Rue) fille 7
Vidal Jules Emile 8 avril 1870 Pugny (Bertineau) domestique 21
Gourmaud François Louis Auguste 23 janvier 1870 La Ronde domestique 21
Gourmaud Florentin Louis 6 octobre 1871 La Ronde domestique 19
Baudouin François Henri 8 février 1859 St André/Sèvre cultivateur 32
Motard épse Baudouin Marie Albertine 10 avril 1858 Moncoutant épouse 32
Baudouin Berthe Henriette Mélanie 12 juillet 1886 Pugny (la Rue) fille 4
Baudouin Anatole Henri 7 février 1888 Pugny (la Rue) fils 3
Baudouin Maria Clotilde Marthe 11 novembre 1889 Pugny (la Rue) fille 1
1901 Baudouin François Henri 8 février 1859 St André/Sèvre cultivateur 42
Motard épse Baudouin Marie Albertine 10 avril 1858 Moncoutant épouse 42
Baudouin Berthe Henriette Mélanie 12 juillet 1886 Pugny (la Rue) fille 14
Baudouin Anatole Henri 7 février 1888 Pugny (la Rue) fils 13
Baudouin Maria Clotilde Marthe 11 novembre 1889 Pugny (la Rue) fille 11
Baudouin Antonine Agathe Eléonore 2 août 1891 Pugny (la Rue) fille 9
Baudouin Marie-Thérèse Georgina 8 mai 1893 Pugny (la Rue) fille 7
Baudouin Gaston Henri Alcide 8 mai 1897 Pugny (la Rue) fils 3
Motard Marcelin Delphin 27 novembre 1880 Le Breuil-Bernard domestique 20
Dieumegard Florimond Gustave 7 avril 1883 Pugny (le bourg) domestique 17
Brémaud ve Baudouin Marie Hortense 2 novembre 1843 Courlay cultivatrice 58
Baudouin Célestin Flavien Augustin 24 février 1875 St André/Sèvre fils (cultiv) 25
Baudouin Marie Mélanie Gabrielle 19 septembre 1878 St André/Sèvre fille 22
Baudouin Auguste Célestin Eugène 5 avril 1881 St André/Sèvre fils 19
Baudouin Marthe Célestine 12 mars 1884 Pugny (la Rue) fille 17
Nourrisson Henri Léon 24 janvier 1887 Pugny (Bertineau) domestique 14
1906 Brémaud ve Baudouin Marie Hortense 2 novembre 1843 Courlay cultivatrice 1843
Baudouin Célestin Flavien Augustin 24 février 1875 St André/Sèvre fils (cultiv) 1875
Baudouin Augustin Michel 13 août 1881 St André/Sèvre fils (cultiv) 1881
Baudouin Marthe Célestine 12 mars 1884 Pugny (la Rue) fille 1884
Vergniaud Jules Fridolin Barthélémy 17 mai 1890 Pugny (la Forge) domestique 1880
Baudouin François Henri 8 février 1859 St André/Sèvre cultivateur 1859
Mottard épse Baudouin Marie Albertine 10 avril 1858 Moncoutant épouse 1858
Baudouin Berthe Henriette Mélanie 12 juillet 1886 Pugny (la Rue) fille 1886
Baudouin Anatole Henri 7 février 1888 Pugny (la Rue) fils 1888
Baudouin Maria Clotilde Marthe 11 novembre 1889 Pugny (la Rue) fille (couturière) 1889
Baudouin Antonine Agathe Eléonore 2 août 1891 Pugny (la Rue) fille 1891
Baudouin Marie-Thérèse Georgina 8 mai 1893 Pugny (la Rue) fille 1893
Baudouin Gaston Henri Alcide 8 mai 1897 Pugny (la Rue) fils 1897
Mottard Marcelin Delphin 27 novembre 1880 Le Breuil-Bernard domestique 1880

Lors du recensement de 1872,  2 grandes familles Grellier résident dans le hameau. Les 2 chefs de famille sont frères. Leurs parents sont arrivés à la Rue à la fin des années 1830, venant du village de la Gaudinerie.

La première famille qui habite le hameau depuis le milieu des années 1840 se compose d’André Jean-Baptiste, 53 ans originaire de Neuvy Bouin (Boisnalbert), fermier, de son épouse Louise Marguerite née Bremand, 50 ans , originaire de Cerizay, de leur fils André Léon Aimé (14 ans) né à Pugny (La Rue), et de leur fils Fridolin Alexandre, 23 ans né également à la Rue et qui vit avec son épouse Victorine Léontine née Poignant, 20 ans native du Bourg. Ils sont accompagnés de leurs 2 jeunes fils tous deux nés à la Rue : Auguste Alexandre ,2 ans, et  Alexandre Fridolin ,15 jours.

Le second frère Pierre Alexandre, fermier, 43 ans, originaire de Pugny (la Gaudinerie), vit avec son épouse Marie Victoire « Victorine » née Audebaud, 39 ans originaire de Chanteloup (garcay).  Victorine, veuve en première noce, est accompagnée de 3 enfants de son premier mariage, tous nés à Amailloux : Jules Joseph 11 ans, Célestine Emilie 8 ans et Ferdinand Onésime 6 ans. Le couple a également un enfant en commun Alexandre Jules 5 mois né à la Rue.

Une servante et deux domestiques servent les familles Grellier : Moreau Marie, 22 ans originaire de Largeasse, Motard Théophile Séraphin, 23 ans de Chanteloup et Nau François,  19 ans, de Pugny ( la Coulaisière).

Lors du recensement de 1876 on retrouve  les familles Grellier, mais avec quelques changements dans leurs compositions :

André Jean-Baptiste et son épouse Louise Marguerite  sont désormais seuls sans enfants. Ils ont une servante : Pied Marie-Désirée, 23 ans, originaire de Neuvy-Bouin et 2 domestiques : Moreau Clément 18 ans originaire de Pougne-Hérisson, ainsi que Voyer François Jean-Baptiste, 15 ans originaire de Neuvy-Bouin.

Pierre Alexandre et son épouse Marie Victoire « Victorine » sont accompagnés de deux des 3 enfants du premier mariage de l’épouse: Jules Joseph et Célestine Emilie désormais âgés de 15 et 13 ans, ainsi que de 2 fils nés de leur union Alexandre Jules et Henri Eugène, respectivement 5 et 3 ans, nés tous deux à la Rue. Ils ont une domestique: Maulévrier Marie Alexandrine, 16 ans originaire de Courlay.

En 1886, les familles Grellier ont laissé place à 3 familles Baudouin.

La première se compose de Pierre, 76  ans et de son épouse Louise        née Clerjault , 72 ans tous deux originaires de St André/Sèvre. Ils ont 3 domestiques à leur service:  Genty François Fridolin, 29 ans originaire de Chanteloup, Nourrisson Henri François, 22 ans, originaire de Rorthais, et Gourmaud Louis Auguste François, 16 ans, originaire de La Ronde (79).

La seconde se compose de leur fils Louis Auguste, 46 ans , cultivateur originaire de St André/Sèvre et de son épouse Marie Hortense,  44 ans, née  Brémaud  originaire de Courlay. Ils sont accompagnés de 6 enfants:  Marie Augustine Victorine 18 ans, Marie Eugénie Clémentine 16 ans,  Célestin Flavien Augustin 11 ans, Marie Mélanie Gabrielle 7 ans ,  Auguste Célestin Eugène 5 ans et Marthe Célestine 2 ans , tous étant nés à St André/Sèvre à l’exception de la dernière née à la Rue.

La dernière famille est formée par un second fils François Henri, cultivateur, 27 ans, originaire de St André/Sèvre et de son épouse Marie Albertine,  née Motard, 28 ans originaire de Moncoutant

En 1891   Il ne reste que les familles des 2 fils:

La composition de la famille de Louis Auguste est la même. Ils ont 3 domestiques : Vidal Jules Emile, 21 ans originaire de Pugny (Bertineau), et de deux frères Gourmaud François Louis Auguste 21 ans et Florentin Louis 19 ans, tous deux originaires de la Ronde.

La famille de François Henri et de son épouse  Marie Albertine s’est agrandie de 3 enfants nés à la Rue : Berthe Henriette Mélanie 4 ans,  Anatole Henri 3 ans et Maria Clotilde Marthe 1 an.

Au recensement de 1901, Louis auguste Baudouin   est décédé. Sa veuve Marie Hortense, agricultrice est désormais âgée de 58 ans. Elle a encore 4 enfants avec elle: Célestin Flavien Augustin 25 ans agriculteur,  Marie Mélanie Gabrielle 22 ans, Auguste Célestin Eugène 19 ans et  Marthe Célestine 17 ans. Ils ont un domestique : Nourrisson Henri Léon 14 ans originaire de Pugny (Bertineau).

La famille de François Henri Baudouin s’est agrandie de 2 filles et d’un garçon, tous nés à la Rue ; Antonine Agathe Eléonore 9 ans, Marie-Thérèse Georgina 7 ans et Gaston Henri Alcide 3 ans. La famille a 2 domestiques Motard Marcelin Delphin 20 ans, originaire du Breuil-Bernard et Dieumegard Florimond Gustave, 17 ans originaire du Bourg de Pugny.

Enfin au recensement de 1906, on retrouve Marie Hortense, veuve Beaudouin avec ses 2 fils Célestin Flavien Augustin et Auguste Célestin Eugène tous deux cultivateurs ainsi que sa fille Marthe Célestine , ils ont un domestique : Vergniaud Jules Fridolin Barthélémy, 26 ans, originaire de Pugny (la Forge).

Quand à la famille de François Henri Baudouin  la composition est identique au recensement de 1901, seul un domestique est resté  Mottard Marcelin Delphin.

 

NOÉMIE FRADIN ET LES ENFANTS JUIFS CACHÉS PRÈS DE PUGNY DE 1942 À 1944.

Pendant la guerre 1939-1945, le village du Noivault de Moncoutant, proche de Pugny, a été le refuge d’enfants juifs, de réfractaires au STO (Service du travail obligatoire en Allemagne) et de maquisards poursuivis par les nazis.   Les derniers acteurs locaux de cette sombre partie de notre histoire étant décédés, cet article a pour objectif de  rendre hommage à leur dévouement et à leur courage.

Noémie Fradin : une paysanne protestante  

Noémie Bénetreau est née au Noirvault de Moncoutant en 1889 dans une famille de paysans protestants. Le 20 juillet 1912, elle s’est mariée à Moncoutant à Camille Fradin, né en 1887 à Amailloux, qui habitait à Chateauneuf de Largeasse. Le jeune couple s’est alors installé au Noirvault pour ne plus le quitter.

Noémie Fradin Photo du site ajpn.org

Deux enfants sont nés de cette union : Eva en 1913 puis Daniel en 1920. Entre temps, Noémie a du tenir la ferme seule avec les anciens du villagependant toute la guerre 14-18.  Comme tous les hommes valides de sa génération, Camille Fradin a été mobilisé dès août 1914. Cavalier dans un régiment de cuirassiers, il y a fait toute la guerre en échappant à la mort et aux blessures. Il n’a été démobilisé qu’en mars 1919.

En 1942, le Noirvault devient un refuge 

Pendant la seconde guerre mondiale, 10 familles habitent le Noirvault. L’entraide et la solidarité s’y pratiquent au quotidien. A partir de 1942, le village va devenir un refuge pour tous ceux qui sont recherchés par les allemands.

En 1942, Eva, la fille des Fradin, est institutrice à Paris. Elle a des amis juifs dans la résistance qui commencent à être pourchassés par les allemands et la police de Vichy. En juillet 1942 a lieu la grande rafle du  vel d’hiv qui voit l’arrestation de 13 000 hommes, femmes et enfants juifs. Eva Fradin va organiser avec le médecin Léon Chertok le transfert de 7 enfants juifs et d’adultes qui seront recueillis par les Fradin. Leur arrivée s’étale de  juillet 1942 à la fin de 1943.

Les enfants sont scolarisés à l’école publique de Pugny, dans la classe de Madame Limeuil.

Noémie Fradin réussit à berner la Gestapo

Le 12 avril 1944, arrivent au Noirvault trois hommes dans une traction avant. Ce sont deux inspecteurs allemand de la Gestapo et leur traducteur. Ils recherchent  Noémie Fradin, qui a été dénoncée, et qui heureusement est partie voir son médecin à Moncoutant.

Grâce à la solidarité de tous, les enfants ( qui sont ce jour là à l’école à Pugny) et adultes juifs comme tous les réfractaires peuvent se cacher et sont pris en charge par la résistance.

Photo de l’école publique de Pugny en 1943 extraite du livre « Les enfants cachés de la résistance » de Jean Marie Pouplain. 6ème à partir de la droite au fond, Thomas Kasman. 3ème à partir de la droite au rang du milieu, Paulette Braun

Mais Noémie Fradin est convoquée à la Kommandantur de Niort. Elle ne peut pas y échapper sans faire peser sur tout le village le risque de lourdes représailles.

C’est donc vêtue de ses plus vieux habits que Noémie Fradin prend  le train pour Niort. Pendant plusieurs jours, elle résiste aux interrogatoires allemands, ne parlant que poitevin et passant pour une vieille folle. Lassés des propos incohérents de cette femme stupide, les allemands la relâchent sans l’inquiéter.  Noémie a réussi à berner la Gestapo !

Le fils de Noémie déporté en Allemagne 

Après le débarquement en Normandie le 6 juin 1944, un immense espoir de libération a parcouru le pays. Mais les troupes alliées ont du se battre avec acharnement pendant 2 mois avant de percer le front allemand. Nantes n’est par exemple atteinte par les américains que le 7 août. Le sud de la Loire est encore aux mains des allemands. La résistance organise alors de nombreuses actions de harcèlement pour empêcher leur retraite. Dans ce cadre, Daniel Fradin et plusieurs maquisards du bocage bressuirais se rendent en juillet 1944 dans la Vienne.

Daniel Fradin , en uniforme d’élève mécanicien de l’armée de l’air à Rochefort. Photo CRRL

Le 4 août, ce groupe de maquisards attaque une colonne allemande dans la forêt de Lussac des Châteaux. Daniel Fradin est fait prisonnier, envoyé à la prison de Poitiers, torturé puis déporté le 18 août vers l’Allemagne.

A la libération, le Noirvault devient un refuge pour les collabos

Fin août 1944, les allemands quittent enfin le bocage après plus de 4 ans d’occupation. Dans leur retraite, ils incendient Cerizay le 25 août et procèdent à de dernières exécutions à Montravers.

Mais après la liesse, la libération est aussi le temps des règlements de compte. Noémie Fradin, indignée par certains  comportements de vengeance, donne alors l’asile au Noirvault à deux femmes qui ont été tondues et un vieil officier qui avait trop de sympathie pour les allemands.

Cet acte relève bien les exceptionnelles qualités morales de Noémie Fradin. Alors que son fils a été fait prisonnier et est parti en déportation, elle protège de représailles des personnes qui auraient pu la dénoncer aux allemands quelques mois avant !

Daniel Fradin meurt en camp de concentration

Le destin ne va pas récompenser la grandeur d’âme de Noémie Fradin.  Son fils a été envoyé au camp de concentration de Buchenwald puis dans les mines de sel du camp de Neu-Stassfurt. Il y meurt de maladie et d’épuisement le 1er avril 1945.

Noémie Fradin récompensée à titre posthume comme « Juste parmi les nations ». 

Après la guerre, Noémie continua à entretenir des relations avec ceux qu’elle avait protégés. Camille Fradin est décédé au Noirvault en août 1960. Noémie l’a rejoint en octobre 1971. Ils sont enterrés au cimetière protestant de la Cournolière de Moncoutant.

Médaille des justes parmi les nations

Le 10 octobre 1985, à la demande des enfants juifs que Noémie Fradin avait sauvés, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem lui a décerné  le titre de « Juste parmi les nations », la plus haute distinction civile de l’état d’Israël.

Depuis juin 2011, un square porte son nom à Moncoutant.

J-P Poignant

Merci à Rémy Billaud qui m’a confié sa collection d’articles de journaux pour découvrir et reconstituer ces événements

Merci au pasteur Denis Vatinel qui m’a communiqué l’état civil de la famille Fradin.

Merci au Centre Régional « Résistance et liberté » et au Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres de Thouars dont les sites internet www.crrl.fr  et conservatoiredelaresistance.vpweb.fr fournissent une prodigieuse documentation.

Je me suis également servi des informations du site de l’AJPN

En lien ci-dessous les articles confiés par Rémy Billaud et les pages internet CRRL, Conservatoire de la résistance. et AJPN www.ajpn.org

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Noirvault-Courrier-de-louest-16-11-78.jpg

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Nivault-Courrier-de-lOuest-5-Juin-1998.jpg

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Noirvault-Courrier-de-lOuest-2-11-1998.jpg

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Noirvault-Courrier-de-lOuest-suite-du-2-11-1998.jpg

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/NoirvaultCourrieer-de-louest-27-4-2001.jpg

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/062011.jpg

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Au-Noirvault-062011.jpg

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Au-Noirvault62011.jpg

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Rotation-of-Au-Noirvault0005.jpg

http://www.crrl.fr/module-Contenus-viewpub-tid-2-pid-236.html

https://conservatoiredelaresistance.vpweb.fr/r-gion-de-bressuire

http://www.ajpn.org/juste-Noemie-Fradin-1127.html

Un premier roman

Une fois n’est pas coutume, nous signalons la sortie prochaine du premier roman de notre ami Richard Lueil, fondateur du blog  » Chemins Secrets »

Le souterrain au trésor

«  » » Quand ils ont fait l’acquisition de cette ancienne bâtisse dans le Bocage bressuirais, Jérôme et Aurélie ne s’attendaient certainement pas à vivre une telle aventure. Ses murs vont leur révéler une histoire trouble et mystérieuse qui trouve son origine 200 ans plus tôt dans une Vendée rebelle non encore totalement pacifiée et qui rêve d’un retour à ses valeurs traditionnelles.

Entraînés sous terre entre peur et excitation, ils vont découvrir avec leurs amis un monde secret, à la recherche d’un trésor qui fera remonter à la surface des événements violents, parfois macabres.

L’enthousiasme généré par leur quête va très vite s’obscurcir d’inquiétude car ils se sentent surveillés, épiés. Par qui ? pourquoi ? Et puis, il y a ce spectre balafré qui apparaît régulièrement à la nuit tombée, quand se déchaînent les éléments… » » »

A paraître le 30 novembre.

Liste des points de vente et dédicaces sur le site de l’éditeur : Le lys et le lin