Les travaux de l’ACP – Printemps 2019 (3eme partie)

Avec un temps estival, l’équipe de bénévoles de l’ACP s’était donnée rendez-vous, pour débroussailler le dessus des ancienne cuisines du château.

Les anciennes cuisines du château, se trouvent dans le premier niveau de caves et jouxtent la maison « Roy ». Afin de protéger la voute des cuisines, une toiture en tuiles a été faite il y a quelques dizaines d’années.

Lors de l’achat du château par son nouveau propriétaire en 2015, cette toiture était entièrement recouverte de végétation ainsi que les petits appentis construits perpendiculairement, et qui vont être totalement enlevés pour redonner au château sa forme initiale.

La toiture des cuisines en 2015

 

 

 

 

 

 

Les appentis en 2015

 

 

 

 

 

 

La toiture et les appentis aux JEP 2018.

 

 

 

 

 

Les bénévoles de l’ACP se mettent au travail

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le résultat 2 heures plus tard, la toiture est entièrement débarrassée des ronces et du lierre, la toiture des appentis a été enlevée pour permettre leur démolition.

 

 

 

 

 

 

Un grand bravo aux bénévoles.

 

Si vous souhaitez rencontrer les bénévoles et les membres de l’ACP, si vous souhaitez participer à cette aventure de découverte d’un patrimoine local, de son histoire et de ses mystères, venez nous rencontrer lors du forum des associations qui se tiendra le samedi 15 juin de10 heures à 13 heures dans un périmètre autour de la salle des fêtes Bel Air, des stades, des salles de la Chênaie à Moncoutant sur sèvre. Nous vous y attendons !

Vers 1090 : testament du seigneur de Pugny Gautier le Fort

Je complète ici un article déjà publié en 2016 en y apportant quelques précisions. 
Le document que vous pourrez découvrir en lien est un extrait du Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest du 1er trimestre 1908.

L’auteur est Léon Levillain (1870-1952) grand historien spécialiste du haut moyen âge qui a enseigné à Poitiers de 1900 à 1908.

Levillain y retranscrit un parchemin en latin du XIème siècle (entre 1077 et 1091) qui est le testament de Gautier le Fort (Gauterius cognomento fortis), seigneur de Pugny.

Chapiteau roman de l’abbaye de Nouaillé (Vienne) où le testament a été rédigé et déposé.
Photo site art-roman.net

Ce parchemin décrit la donation à l’abbaye  de Nouaillé (Vienne) « … de la moitié de l’église Saint Pierre de Pugny (aecclesiae sancti Petri dicate in villa que Pugnis), des droits de chapellenie, de la moitié de la dîme de tous les biens, une manse de terre libre de toute coutume pour y établir un bourg…  » .

Tombeau de Philippe 1er (1052-1108) roi de France à l’époque de Gautier le Fort.
Abbaye de Saint Benoit sur Loire. Photo Wikipédia

D’après l’histoire de Pugny par l’abbé Mulon (1980), cette donation fait suite à une première moitié actée en 1038 par Tetmar le Fort, fils de Garnier, père ou grand père de Gautier.  Cet article évoque donc le deuxième plus ancien texte qui mentionne l’existence de Pugny.

Bonne découverte.

J-Philippe Poignant

Testament de Gautier le Fort

La maison de la famille ROY au début du 20éme siècle.

A partir des plaques de verre issues de la collection de  Mr Thomas, pharmacien à Parthenay et qui se trouvent désormais aux Archives Départementales des Deux-Sèvres, nous avons pu obtenir une image de la maison occupée par la famille ROY, jusqu’à la fin des années 70.

maison ROY début 20° siècle

Pour mémoire cette habitation a été édifiée dans les restes de l’ancienne tour carrée Est du château.

Ne pouvant dater avec précision la prise de vue, il est possible qu’au moment du cliché la maison était habitée par la famille Boissonneau (partie en 1919).

La maison ROY de nos jours

la maison ROY en janvier 2015
La maison ROY en septembre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à Rémy BILLAUD, et Raymond DEBORDE pour les plaques de verre.

Dernières traces de l’incendie de Chateauneuf en octobre 1793

Un de mes cousins qui a passé toute sa vie à Chateauneuf de Largeasse m’avait indiqué il y a quelques années qu’une porte d’un grenier y gardait les traces d’un incendie des guerres de Vendée.

Lors de ma dernière visite à Chateauneuf, le propriétaire du grenier et des restes du château,  a bien volontiers voulu me montrer ce dernier témoignage d’un terrible passé.

Grâce aux documents d’indemnisation de 1811 conservés aux archives départementales, nous avons pu reconstituer les circonstances de l’incendie.

En 1811, Napoléon 1er décidât d’accorder une aide financière aux propriétaires des bâtiments détruits ou endommagés lors des guerres de Vendée 17 ou 18 ans plus tôt. L’objectif était de faire disparaître les vestiges de cette abominable guerre civile, d’encourager la reconstruction et sans doute aussi … de faire des propriétaires  indemnisés des soutiens du régime impérial.

Photo du village de Chateauneuf au début du XXème siècle. Collection privée

 

Ces aides ont été répertoriées par communes et on y retrouve à Largeasse un détail intéressant en ce qui concerne Châteauneuf, propriété avant la révolution, comme le château de Pugny, du marquis de Mauroy :

  • « … tous lesquels bâtiments ont été incendiés dans le courant d’octobre 1793 par un détachement de l’armée qui alors était en station à Bressuire, et commandé par le général Desmare qui fut présent à l’incendie. »
Demande d’indemnisation de 1811 pour destruction d’un immeuble pendant les guerres de Vendée. Les conditions de l’incendie de Chateauneuf y sont très nettement décrits. Ref 1 M 604 AD 79

C’est ce même détachement qui incendia les communs du château de Pugny, le village de la « Rue », les châteaux de la Forêt sur Sèvre, ainsi que ceux de la Fenestre, de Lavau-Richer et d’Etrie à Chanteloup.

Au début octobre 1793, les armées républicaines parties de Niort, Parthenay et la Châtaigneraie effectuaient un mouvement concentrique du sud-est vers le nord ouest pour bousculer les armées vendéennes vers Cholet. Elles pratiquaient la politique de la terre brûlée pour terroriser les populations et ainsi encombrer l’armée vendéenne de dizaine de milliers de réfugiés. Châteauneuf est l’un des points les plus au sud des destructions effectuées.

L’adjudant général Desmares ne tarda pas à payer ses méfaits. Commandant les troupes républicaines basées à Bressuire d’octobre à décembre 1793, il fut sévèrement battu par une bande vendéenne à Jallais (49) le 7 décembre 1793. De ce combat est né le mythe de l’enfant soldat  républicain Joseph Bara, jeune protégé du général, glorifié par Robespierre et envoyé au Panthéon (et qui serait donc un des incendiaires de Châteauneuf et de Pugny!). Mais après sa défaite, Desmares fut démis de ces fonctions, jugé pour incompétence et trahison puis  guillotiné à Angers le 31 janvier 1794.

Porte de grenier de Chateauneuf qui garde des traces de l’incendie de 1793.

Voici comment la grande histoire rejoint la petite histoire d’une vieille porte de grenier…

J-Philippe Poignant

Une pensée pour Maurice Bordeau, décédé en 2017, qui m’a fait connaitre cette histoire de porte.

Merci à Raymond Deborde qui sait si bien retrouver des documents exceptionnels.

Merci à Pascal Paineau et Richard Lueil, qui m’ont informé des destructions du détachement Desmares.

Merci enfin à Monsieur Louis Berteaux, qui m’a ouvert sa porte,  pour sa gentillesse et sa bienveillance.