NOÉMIE FRADIN ET LES ENFANTS JUIFS CACHÉS PRÈS DE PUGNY DE 1942 À 1944.

Pendant la guerre 1939-1945, le village du Noivault de Moncoutant, proche de Pugny, a été le refuge d’enfants juifs, de réfractaires au STO (Service du travail obligatoire en Allemagne) et de maquisards poursuivis par les nazis.   Les derniers acteurs locaux de cette sombre partie de notre histoire étant décédés, cet article a pour objectif de  rendre hommage à leur dévouement et à leur courage.

Noémie Fradin : une paysanne protestante  

Noémie Bénetreau est née au Noirvault de Moncoutant en 1889 dans une famille de paysans protestants. Le 20 juillet 1912, elle s’est mariée à Moncoutant à Camille Fradin, né en 1887 à Amailloux, qui habitait à Chateauneuf de Largeasse. Le jeune couple s’est alors installé au Noirvault pour ne plus le quitter.

Noémie Fradin Photo du site ajpn.org

Deux enfants sont nés de cette union : Eva en 1913 puis Daniel en 1920. Entre temps, Noémie a du tenir la ferme seule avec les anciens du villagependant toute la guerre 14-18.  Comme tous les hommes valides de sa génération, Camille Fradin a été mobilisé dès août 1914. Cavalier dans un régiment de cuirassiers, il y a fait toute la guerre en échappant à la mort et aux blessures. Il n’a été démobilisé qu’en mars 1919.

En 1942, le Noirvault devient un refuge 

Pendant la seconde guerre mondiale, 10 familles habitent le Noirvault. L’entraide et la solidarité s’y pratiquent au quotidien. A partir de 1942, le village va devenir un refuge pour tous ceux qui sont recherchés par les allemands.

En 1942, Eva, la fille des Fradin, est institutrice à Paris. Elle a des amis juifs dans la résistance qui commencent à être pourchassés par les allemands et la police de Vichy. En juillet 1942 a lieu la grande rafle du  vel d’hiv qui voit l’arrestation de 13 000 hommes, femmes et enfants juifs. Eva Fradin va organiser avec le médecin Léon Chertok le transfert de 7 enfants juifs et d’adultes qui seront recueillis par les Fradin. Leur arrivée s’étale de  juillet 1942 à la fin de 1943.

Les enfants sont scolarisés à l’école publique de Pugny, dans la classe de Madame Limeuil.

Noémie Fradin réussit à berner la Gestapo

Le 12 avril 1944, arrivent au Noirvault trois hommes dans une traction avant. Ce sont deux inspecteurs allemand de la Gestapo et leur traducteur. Ils recherchent  Noémie Fradin, qui a été dénoncée, et qui heureusement est partie voir son médecin à Moncoutant.

Grâce à la solidarité de tous, les enfants ( qui sont ce jour là à l’école à Pugny) et adultes juifs comme tous les réfractaires peuvent se cacher et sont pris en charge par la résistance.

Photo de l’école publique de Pugny en 1943 extraite du livre « Les enfants cachés de la résistance » de Jean Marie Pouplain. 6ème à partir de la droite au fond, Thomas Kasman. 3ème à partir de la droite au rang du milieu, Paulette Braun

Mais Noémie Fradin est convoquée à la Kommandantur de Niort. Elle ne peut pas y échapper sans faire peser sur tout le village le risque de lourdes représailles.

C’est donc vêtue de ses plus vieux habits que Noémie Fradin prend  le train pour Niort. Pendant plusieurs jours, elle résiste aux interrogatoires allemands, ne parlant que poitevin et passant pour une vieille folle. Lassés des propos incohérents de cette femme stupide, les allemands la relâchent sans l’inquiéter.  Noémie a réussi à berner la Gestapo !

Le fils de Noémie déporté en Allemagne 

Après le débarquement en Normandie le 6 juin 1944, un immense espoir de libération a parcouru le pays. Mais les troupes alliées ont du se battre avec acharnement pendant 2 mois avant de percer le front allemand. Nantes n’est par exemple atteinte par les américains que le 7 août. Le sud de la Loire est encore aux mains des allemands. La résistance organise alors de nombreuses actions de harcèlement pour empêcher leur retraite. Dans ce cadre, Daniel Fradin et plusieurs maquisards du bocage bressuirais se rendent en juillet 1944 dans la Vienne.

Daniel Fradin , en uniforme d’élève mécanicien de l’armée de l’air à Rochefort. Photo CRRL

Le 4 août, ce groupe de maquisards attaque une colonne allemande dans la forêt de Lussac des Châteaux. Daniel Fradin est fait prisonnier, envoyé à la prison de Poitiers, torturé puis déporté le 18 août vers l’Allemagne.

A la libération, le Noirvault devient un refuge pour les collabos

Fin août 1944, les allemands quittent enfin le bocage après plus de 4 ans d’occupation. Dans leur retraite, ils incendient Cerizay le 25 août et procèdent à de dernières exécutions à Montravers.

Mais après la liesse, la libération est aussi le temps des règlements de compte. Noémie Fradin, indignée par certains  comportements de vengeance, donne alors l’asile au Noirvault à deux femmes qui ont été tondues et un vieil officier qui avait trop de sympathie pour les allemands.

Cet acte relève bien les exceptionnelles qualités morales de Noémie Fradin. Alors que son fils a été fait prisonnier et est parti en déportation, elle protège de représailles des personnes qui auraient pu la dénoncer aux allemands quelques mois avant !

Daniel Fradin meurt en camp de concentration

Le destin ne va pas récompenser la grandeur d’âme de Noémie Fradin.  Son fils a été envoyé au camp de concentration de Buchenwald puis dans les mines de sel du camp de Neu-Stassfurt. Il y meurt de maladie et d’épuisement le 1er avril 1945.

Noémie Fradin récompensée à titre posthume comme « Juste parmi les nations ». 

Après la guerre, Noémie continua à entretenir des relations avec ceux qu’elle avait protégés. Camille Fradin est décédé au Noirvault en août 1960. Noémie l’a rejoint en octobre 1971. Ils sont enterrés au cimetière protestant de la Cournolière de Moncoutant.

Médaille des justes parmi les nations

Le 10 octobre 1985, à la demande des enfants juifs que Noémie Fradin avait sauvés, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem lui a décerné  le titre de « Juste parmi les nations », la plus haute distinction civile de l’état d’Israël.

Depuis juin 2011, un square porte son nom à Moncoutant.

J-P Poignant

Merci à Rémy Billaud qui m’a confié sa collection d’articles de journaux pour découvrir et reconstituer ces événements

Merci au pasteur Denis Vatinel qui m’a communiqué l’état civil de la famille Fradin.

Merci au Centre Régional « Résistance et liberté » et au Conservatoire de la Résistance et de la Déportation des Deux-Sèvres de Thouars dont les sites internet www.crrl.fr  et conservatoiredelaresistance.vpweb.fr fournissent une prodigieuse documentation.

Je me suis également servi des informations du site de l’AJPN

En lien ci-dessous les articles confiés par Rémy Billaud et les pages internet CRRL, Conservatoire de la résistance. et AJPN www.ajpn.org

http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Noirvault-Courrier-de-louest-16-11-78.jpg

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http://chateaudepugny.fr/wp-content/uploads/2018/09/Rotation-of-Au-Noirvault0005.jpg

http://www.crrl.fr/module-Contenus-viewpub-tid-2-pid-236.html

https://conservatoiredelaresistance.vpweb.fr/r-gion-de-bressuire

http://www.ajpn.org/juste-Noemie-Fradin-1127.html

Un premier roman

Une fois n’est pas coutume, nous signalons la sortie prochaine du premier roman de notre ami Richard Lueil, fondateur du blog  » Chemins Secrets »

Le souterrain au trésor

«  » » Quand ils ont fait l’acquisition de cette ancienne bâtisse dans le Bocage bressuirais, Jérôme et Aurélie ne s’attendaient certainement pas à vivre une telle aventure. Ses murs vont leur révéler une histoire trouble et mystérieuse qui trouve son origine 200 ans plus tôt dans une Vendée rebelle non encore totalement pacifiée et qui rêve d’un retour à ses valeurs traditionnelles.

Entraînés sous terre entre peur et excitation, ils vont découvrir avec leurs amis un monde secret, à la recherche d’un trésor qui fera remonter à la surface des événements violents, parfois macabres.

L’enthousiasme généré par leur quête va très vite s’obscurcir d’inquiétude car ils se sentent surveillés, épiés. Par qui ? pourquoi ? Et puis, il y a ce spectre balafré qui apparaît régulièrement à la nuit tombée, quand se déchaînent les éléments… » » »

A paraître le 30 novembre.

Liste des points de vente et dédicaces sur le site de l’éditeur : Le lys et le lin

La Guibaudière

Le hameau de la Guibaudière  n’est plus habité aujourd’hui. S’il reste bien les anciennes maisons d’habitation elles ne sont plus occupées depuis de nombreuses années.

la guibaudière
la guibaudière cadastre napoléonien

Pourtant si l’on examine les recensements de 1872 à 1906, 2 familles vivaient dans ce hameau.

Recensement La Guibaudière
Nom Prénom Age ou date de naissance Lieu de naissance Etat
1872 Naus

(Neau, Naud))

Pierre 17 septembre 1809 Pugny (Bois Chanteloup) bordier
Drillaud épse Naus Marie-Louise 3 avril 1806 Pugny (la Guibaudière) épouse
Godrie Louis François 3 septembre 1839 Largeasse (haut plessy) domestique
Vidal épse Godrie Céleste Atanase 20 mai 1844 Moncoutant (gierche) épouse
1886 Naud Pierre 17 septembre 1809 Pugny (Bois Chanteloup) cultivateur
Drillaud épse Naud Marie-Louise 3 avril 1806 Pugny (la Guibaudière) épouse
Godrie Louis François 3 septembre 1839 Largeasse (haut plessy) chaisier

 

Vidal épse Godrie Céleste Atanase 20 mai 1844 Moncoutant (gierche) épouse
Godrie Marie Célestine Léonie 3 avril 1869 Pugny (la Guibaudière) fille (tuilière)
Godrie Louis Célestin 5 juillet 1874 Pugny (la Guibaudière) fils
1891 Godrie Louis François 3 septembre 1839 Largeasse (haut plessy) chaisier
Vidal épse Godrie Céleste Atanase 20 mai 1844 Moncoutant (gierche) épouse
Godrie Louis Célestin 5 juillet 1874 Pugny (la Guibaudière) fils ( chaisier)
Neaud Pierre 17 septembre 1809 Pugny (Bois Chanteloup) cultivateur
1901 Godrie Louis François 3 septembre 1839 Largeasse (haut plessy) cultivateur
Vidal épse Godrie Céleste Atanase 20 mai 1844 Moncoutant (gierche) épouse
Godrie Louis Célestin 5 juillet 1874 Pugny (la Guibaudière) fils (chaisier)
Geffard épse Godrie Marie Célestine 22 février 1880 Pugny (la Forge) Belle-fille
Coulay Henri Lorent 6 janvier 1868 Pugny (la Forge) cultivateur
Godrie épse Coulay Marie Célestine Léonie 3 avril 1869 Pugny (la Guibaudière) épouse
Coulay Marie Célestine Angéline 20 mars 1892 Pugny (la Guibaudière) fille
Coulay Rachel Angéline 31 août 1897 Pugny (la Guibaudière) fille
1906 Godrie Louis François 3 septembre 1839 Largeasse cultivateur
Vidal épse Godrie Céleste Atanase 20 mai 1844 Moncoutant épouse
Godrie Louis Célestin 5 juillet 1874 Pugny (la Guibaudière) chaisier
Geffard épse Godrie Marie Célestine 22 février 1880 Pugny (la Forge) épouse
Godrie Hubert Jules Louis 23 avril 1901 Pugny (la Guibaudière) fils
Godrie Marie-Ange Madeleine 13 juillet 1903 Pugny (la Guibaudière) fille

En 1872, 2 couples résident dans le hameau :

le couple Naus : Pierre, bordier, originaire du bois chanteloup à Pugny et son épouse Marie-Louise née Drillaud originaire de la Guibaudière (63 et 66 ans respectivement) et le couple Godrie : Louis François, 33 ans, originaire de Largeasse (haut plessy) domestique au château de Pugny et son épouse Céleste Atanase née Vidal, 28 ans, originaire de Moncoutant (gierche).

14 années plus tard lors du recensement de 1886 le couple Naus (77 et 80 ans) est toujours présent. Le couple Godrie est recensé avec 2 enfants nés à la Guibaudière:  Marie Célestine Léonie 17 ans (tuilière) et Louis Celestin 12 ans. Le père exerce désormais la profession de chaisier.

En 1891 Pierre Naus (82 ans),est veuf depuis 3 ans.  Dans la famille Godrie 3 membres sont présents les 2 époux et le fils Louis celestin (17 ans) , chaisier également.

Lors du recensement de 1901, nous retrouvons la famille Godrie, le père Louis François est devenu cultivateur,  et Marie Célestine Geffard (21 ans), originaire de pugny ( la forge) épouse du fils Louis Celestin vit désormais avec eux.

Leur fille Marie Célestine Léonie est revenue vivre depuis 1892 à la Guibaudière avec son époux  Coulay  Henri Lorent 33 ans, originaire de Pugny (la forge) cultivateur, et de leurs 2 filles Marie Célestine Angéline, 9 ans, et Rachel Angéline, 4 ans nées toutes deux  à la guibaudière

Enfin au recensement de 1906, il reste le père (cultivateur) et la mère Godrie (67 et  62 ans) ainsi que la famille du fils Louis celestin : son épouse Marie Célestine, et 2 enfants nés à la Guibaudière : Hubert Jules Louis (5 ans) et Marie-Ange Madeleine (3 ans).

 

LAVAUD, VITICULTEUR À PUGNY, UNE PERSONNALITÉ LOCALE ?

Au mois d’ Août dernier, nous avons publié un article concernant un certain LAVAUD, viticulteur, commerçant vendant carottes et asperges, publiant des articles sur les campagnols dans le Poitou  ou recevant le mérite agricole.

LAVAUD, VITICULTEUR À PUGNY, UNE PERSONNALITÉ LOCALE ?

Nous avions lancé une recherche sur ce curieux personnage. Christian BOCHE nous apporte une réponse grâce à ses recherches:

Dans un article récent, Eric demandait qui était ce Lavaud dont on vantait les productions viti et vinicoles ainsi que les asperges dans les journaux. A la question posée sur le forum de RFG, Michèle B., que nous remercions, nous a aiguillés vers Ferdinand Jean Laveau instituteur à Pugny, (il porte le nom de Laveau et non Lavaud) né à Frontenay Rohan-Rohan le 11/1/1863 à midi, fils de François (cultivateur) et Eugénie Coirier.

Nous connaissions Ferdinand Laveau pour l’avoir croisé lors de l’article sur l’école publique de Pugny, sans penser que l’instituteur pouvait être aussi viticulteur.

Il se marie à la Chapelle St Laurent le 21/6/1898 avec Victorine Ambroisine Ernestine Berton née à la Chapelle St Laurent le 11/12/1867 à 3 heures, fille de Emmanuel Pierre (négociant) et Victorine Girard.

Lors de son mariage les parents de Ferdinand habitent rue de la Huchette à Bressuire où son père est cafetier.

Les témoins de Ferdinand sont :

Lavaud Abel, frère du marié, cabaretier à Bressuire

Palluau Daniel, ami du marié, imprimeur à Loudun

Les témoins de l’épouse sont :

Berton Ernest, frère de la mariée, négociant à la Chapelle St Laurent

Girard Firmin, oncle de la mariée, propriétaire à Parthenay

Un contrat de mariage a été passé le 1/6/1898 devant Me Desnoux notaire à la Chapelle St Laurent.

Le couple Laveau vit à Pugny où Ferdinand exerce la profession d’instituteur, Eugénie, Fernande, Ernestine naît le 15/5/1899 à 16H au domicile des parents de l’épouse à la Chapelle St Laurent. Eugénie se marie le 3/5/1920 au Vanneau (79) avec Félicien FABIEN, cultivateur au Vanneau, elle décède le 5/10/1999 à Tours. Ferdinand Laveau est commerçant et domicilié à Niort quand sa fille Eugénie se marie (Acte de mariage communiqué par R. Deborde).

Une 2ème fille, Suzanne, Lydie, Léone naît le 3/9/1900 à 15H à Pugny (le témoin est Zéphirin Mottard boisselier à Pugny); elle se marie le 4/8/1923 à Niort avec Fernand DEBORDE, elle décède le 9/8/1979 à Chatelaillon-Plage.

En 1905, lorsque Ferdinand déclare le décès de son beau-père (E. Berton) à la Chapelle St Laurent, il est domicilié à Pugny où il est encore instituteur.

Le 28 août 1907, il a 44 ans lorsqu’il déclare le décès de sa mère à Bressuire, il vit à Pugny où il est toujours instituteur.

Nous n’avons pas retrouvé les dates et lieux de décès de Ferdinand Laveau et de son épouse.

Gallica mentionne qu’au Journal Officiel du 30 août 1908, Ferdinand Laveau a été nommé au grade de Chevalier du mérite agricole par le ministère de l’agriculture, il est précisé qu’il est instituteur et viticulteur.

 photos du couple Laveau à l’école de Pugny.

Vers 1900 Mme Lavaud femme de l’instituteur de Pugny

 

Le hameau de La Garenne

De ce lieu dit il ne reste aujourd’hui plus aucune trace, il a totalement disparu dans la première moitié du 20eme siècle.

D’après les recensements ce hameau a abrité jusqu’à 2 familles à partir de 1886 et ce, au moins jusqu’en 1906.

Ce hameau figurait déjà sur le cadastre napoléonien en 1812

la garenne

Ce hameau a eu plusieurs noms : la Garenne (1812, 1878,1882) , La Guérène (1872), La guérenne (1874), les garennes…

Recensement La Garenne (la Guérenne)
Nom Prénom Age ou date de naissance Lieu de naissance Etat
1872 Coulais Pierre Joseph 17 Septembre 1835 Chanteloup (Garçay) journalier
Pineau épse Coulais Marie-rose Joséphine 08 Mai 1843 Clessé (Lizardière) épouse
Coulais Alexandre Joseph 25 Janvier 1868 Pugny (La Garenne) fils
Coulais Marie-Elise 18 Avril 1872 Pugny (La Guérène) fille
1876 Coulais Pierre Joseph 41 Chanteloup (Garçay) domestique
Pineau épse Coulais Marie-rose Joséphine 33 Clessé (Lizardière) épouse
Coulais Alexandre Joseph 8 Pugny (La Garenne) fils
Coulais Marie-Elise 5 Pugny (La Guérène) fille
Coulais Clémentine  Louise 14 Décembre 1874 Pugny (La guérenne) fille
1886 Coulais Pierre Joseph 51  Chanteloup (Garçay) domestique
Pineau épse Coulais Marie-rose Joséphine 41 Clessé (Lizardière) épouse
Coulais Marie-Elise 13  Pugny (La Guérène) fille
Coulais Clémentine  Louise 10  Pugny (La guérenne) fille
Coulais Jean Baptiste Joseph 28 Octobre 1878  Pugny (  La Garenne) fils
Bernard Augustin 15 Octobre 1846  Pugny (Le bourg) charpentier
Ménard épse Bernard Hortense 20 Janvier 1848 La Chapelle Saint-Laurent (chapiagnière) épouse
Bernard Gédéon Emile « Octave » 04 Avril 1873   Pugny (Le bourg) fils
Bernard Marie Lucie 16 Février 1882 Pugny (La Garenne) fille
Bernard Marie Angélina 26 Avril 1884  Pugny (La Garenne) fille
1891 Coulais Pierre Joseph 55   Chanteloup (Garçay) domestique
Pineau épse Coulais Marie-rose Joséphine 45  Clessé (Lizardière) épouse
Coulais Marie-Elise 19 Pugny (La Guérène) fille (couturière)
Coulais Clémentine  Louise 15  Pugny (La guérenne) fille
Coulais Jean Baptiste Joseph 13   Pugny (  La Garenne) fils
Vergneaut Frédéric Alexandre 1er Janvier 1860  Pugny (le bois chanteloup) domestique
Vendet épse Vergneaut Rosalie Célina 17 Janvier 1867  Courlay (La cabange) épouse
Vergneaut Georgette Henriette 05 Décembre 1887  Pugny (La forge) fille
1901 Vergneaut Frédéric Alexandre 40   Pugny (le bois chanteloup) cultivateur
Vendée épse Vergneaut Rosalie Célina 34   Courlay (La cabange) épouse
Vergneaut Alice Thérèse 19 Septembre 1898  Pugny (La garenne) fille
Verdon Auguste Henri François 22 Octobre 1871  L’absie (Grand Freignié) cultivateur
Berthelot épse Verdon Marie célestine Célina 08 mai 1873  Pugny (la forge) épouse
Verdon Henri Auguste Louis 26 Mars 1897   Pugny (la forge) fils
Verdon Auguste Pierre Henri 03 Décembre 1899  Pugny (la garenne) fils
1906 Vergneaut Frédéric Alexandre 1860 Pugny (le bois chanteloup) domestique
Vendée épse Vergneaut Rosalie Célina 1866   Courlay (La cabange) épouse
Vergneaut Alice Thérèse 1898  Pugny (La garenne) fille
Caduc Louis Jacques 16 Avril 1871 Moncoutant (la braudière) meunier (domestique)
Cogny épse Caduc Marie Hortense 25 Octobre 1881 Pugny (la coulaisière) épouse

Coulais joseph, domestique (1868, 1891), journalier (1872) était originaire de Chanteloup (Garçay), avec son épouse originaire de Clessé (Lizardière) ils résident déjà à la garenne en 1868 à la naissance de leur fils  Alexandre Joseph. Ils auront 3 autres enfants à la garenne : Marie-Elise (1872), Clémentine  Louise (1874), et Jean Baptiste Joseph (1878), Ils quitteront la garenne entre 1891 et 1901.

A partir de 1880, ils sont rejoints par la famille Bernard, composée du père Augustin, charpentier, originaire de Pugny (le Bourg), de son épouse Hortense, née Mesnard, originaire de La Chapelle Saint-Laurent (chapiagnière) et de 3 enfants: Gédéon Emile « Octave » né au bourg en 1873, et de 2 filles Marie Lucie et Marie Angelina nées à la Garenne respectivement en 1882 et 1884. Il est à noter qu’un fils Auguste Arthur né au bourg le 21 mars 1875 et pourtant en vie lors du recensement, ne réside pas avec sa famille. La famille Bernard résidera à la garenne au moins jusqu’en 1887.

En 1891, la famille Coulais réside toujours à la garenne avec la même composition dans ses membres.  La famille Bernard a été remplacée par la famille Vergneaut. Le père Frédéric Alexandre, originaire de Pugny (Le bois chanteloup) est domestique, son épouse Rosalie Célina née Vendet est originaire de Courlay (La cabange). Ils vivent dans le hameau avec leur fille Georgette Henriette âgée de 4 ans née à Pugny (La forge).

Lors du recensement de 1901, la famille Coulais est partie. Le couple Vergneaut est présent avec une seule fille Alice Thérèse âgée de 2 ans, née à Pugny (la garenne). La famille Verdon est arrivée. Elle se compose du père Auguste Henri François, cultivateur originaire de L’absie (Grand Freignié), la mère Marie célestine Célina née Berthelot , originaire de Pugny (la forge). Le couple vit à la garenne avec 2 fils Henri Auguste Louis, 4 ans né à Pugny (la forge) et Auguste Pierre Henri 2 ans né à la garenne.

Enfin au recensement de 1906, la famille Vergneaut est présente avec la même composition qu’en 1901. Quant à la famille Verdon elle a été remplacée par le couple Caduc composé du mari Louis Jacques ,35 ans, meunier, originaire de Moncoutant (La braudière), et son épouse Marie Hortense née Cogny, 25 ans originaire de Pugny (La coulaisière).

 

1906 : les inventaires d’église à Pugny et ses environs (1ère partie)

Texte de la carte : Réunion de la jeunesse catholique à Pugny, canton de Moncoutant, dans le bocage vendéen

Le 1er avril 1906, un grand rassemblement de 2000 hommes a eu lieu à Pugny. Organisée par l’union catholique cantonale de Moncoutant, cette grande réunion militante a marqué la vive opposition de la population locale aux inventaires d’église en 1906. Cet événement illustré par une carte postale s’est situé dans un contexte historique particulier que nous allons raconter ci-dessous.

La séparation de l’église et de l’état

A la fin du XIXème siècle, les dirigeants successifs de la troisième république, qui étaient pour la plupart athées et opposés à la puissance de l’église catholique, mirent en oeuvre diverses lois pour en limiter l’importance.

En 1905, l’homme politique Aristide Briand défendit au parlement la loi de séparation de l’église et de l’état qui avait pour objectif de supprimer le concordat entre la France et le Vatican établit en 1801 par Napoléon. Les prêtres étaient à l’époque salariés par l’état qui possédait et entretenait tous les édifices religieux.

Cette loi fut votée le  3 juillet  1905 par 341 voix contre 233 à la chambre des députés , et le 6 décembre 1905 par 181 voix pour contre 102 au Sénat. Elle fut promulguée le 9 décembre 1905 pour entrer en vigueur le 1er janvier 1906.

Le problème des inventaires

La loi est alors rejetée par le Vatican et les autorités catholiques. Dans les faits, ce sont les inventaires conduits par les autorités républicaines pour décrire et évaluer les biens meubles et immeubles des églises (décret du 29 décembre 1905) qui vont provoquer des mouvements de résistance et des troubles graves.

La plupart des catholiques pensent que l’opération des inventaires est une profanation et une spoliation. En effet, suite aux saccages et démolitions de la période révolutionnaire ce sont les fidèles catholiques qui ont pris en charge la remise en état des églises : reconstruction, réparation, cloches, vitraux, mobilier…

Le 2 février 1906, une circulaire aux fonctionnaires des Domaines contient une phrase provocatrice  : « les agents chargés de l’inventaire demanderont l’ouverture des tabernacles », ce qui est pour les croyants un sacrilège.

Les violences dans le bocage autour des inventaires

Dans le nord des Deux-Sèvres et la Vendée, les inventaires provoquent des manifestations importantes de résistance active. Les fonctionnaires chargés des opérations doivent être accompagnés de gendarmes ou de l’armée. 

Nous avons pu retrouver des informations sur les événements suivants :

  • Le 10 février 1906, l’inventaire de Moncoutant s’effectue au petit jour en présence du préfet et du sous-préfet et d’une nombreuse troupe à laquelle résiste 700 à 800 paroissiens mobilisés depuis 2 jours. Les gendarmes doivent se saisir d’un bélier pour défoncer la porte de l’église. A la même date, la même scène à lieu à Chanteloup.

  •  Le 13 février à Rorthais, M. Ameteau, agent des domaines,  a failli être lynché quand il a voulu procéder à l’inventaire.
  • Le 14 février, l’inventaire de Chatillon sur Sèvre (Mauléon) nécessite l’intervention des soldats du 77ème RI de Cholet. La porte de l’église de Saint Jouin sous Châtillon est défoncée avec un tronc de peuplier abattu par la troupe.

  • Le 15 février 1906, les gendarmes font de même avec la porte de l’église des Aubiers. 
  • A Terves, l’agent des domaines a été repoussé par la population et il s’est enfui sous les huées et les cris. Le 1er mars,  il a fallu l’intervention de cent gendarmes et 150 soldats du 77e R.I de Cholet pour finalement procéder à l’inventaire.
  • Le 2 mars, à Saint Amand sur Sèvre, les fidèles réussissent dans un premier temps à repousser les hussards. Puis les gendarmes chargent sabre au clair ! Quand ils attaquent enfin la porte de l’église, une pluie de pierres tombe du clocher. Trois gendarmes sont grièvement blessés à la tête et le sous préfet a bien failli lui aussi être assommé par deux pierres.
  • Le 5 mars il faut au Breuil Chaussée 120 soldats et 80 gendarmes, pour faire l’inventaire. 6 manifestants sont arrêtés et jugés le soir même, avec des peines variant de 10 jours à deux mois de prison !
  • Le 7 mars ont été brisées à coups de hache les portes des églises d’Argenton-Château, d’Étusson, de Saint-Maurice-la-Fougereuse. (extrait « Maraichine normande » Etusson : inventaire 7 mars 1906)
  • Certaines localités réussissent à empêcher la « profanation » de leurs églises. Ainsi, l’inventaire de Pugny, Largeasse, La Chapelle Saint Laurent, le Breuil-Bernard, Trayes, la Chapelle Saint Etienne  sera  repoussé de quelques mois, une fois les esprits un peu moins échauffés.

 

Ailleurs en France, les inventaires font 2 morts.

Le phénomène de résistance active touche de nombreuses régions françaises. En Auvergne et dans le Nord, les incidents vont tourner au drame.

Le 3 mars 1906 à Montregard en Haute Loire, les gendarmes blessent gravement un manifestant (il mourra trois semaines plus tard).

Le 6 mars un père de trois enfants est tué par les gendarmes à Boeshepe dans le Nord. Ces terribles événements font tomber le gouvernement le 7 mars.

Clémenceau, l’athée anticlérical,  calme l’agitation.

L e nouveau gouvernement institué le 14 mars a pour ministre de l’intérieur Clémenceau, vendéen d’origine protestante très anticlérical.  Mais celui ci se rend vite compte que la situation est absurde et que les inventaires ne doivent pas provoquer de violence. Dès le 16 mars 1906, une circulaire aux préfets ordonne de  suspendre les opérations d’inventaire si elles doivent se faire par la force.

Clémenceau en 1906

Le 20 mars, alors qu’il ne reste plus que 5 000 édifices religieux à inventorier sur 68 000, Clémenceau déclare à la Chambre des députés  : « Nous trouvons que la question de savoir si l’on comptera ou ne comptera pas des chandeliers dans une église ne vaut pas une vie humaine».

Cette décision pragmatique se fait dans un contexte dramatique. Le 10 mars 1906, avant la formation du nouveau gouvernement, un coup de grisou dans la mine de Courrières (Pas de calais) a fait 1099 tués. Il s’agit de la plus grande catastrophe minière jamais connue en Europe. Des grèves et des troubles très graves ont lieu ensuite dans le nord de la France. Clémenceau fait la paix avec les catholiques pour garder des troupes disponibles pour maintenir l’ordre…

La réunion de Pugny : une démonstration de force.

La réunion de 2000 hommes organisée le 1er avril 1906 à Pugny par les autorités catholiques se fait donc alors que la tension religieuse est en train de retomber. Il s’agit d’une démonstration de force qui vise à maintenir la mobilisation.

Article de la revue « Annales de la jeunesse catholique » du 1er mai 1906

Est-ce par coïncidence  ou par choix que cette manifestation  militante s’est produite à Pugny ? C’est en effet là que lors  de la révolte d’ août 1792 des milliers de paysans s’étaient rassemblés, premières étincelles des guerres de Vendée…

L’histoire ne se reproduit pas. La révolte de 1792 avait notamment pour cause les maladresses et le dogmatisme des nouvelles autorités  républicaines. En 1906 l’explosion de violence a été évitée par le pragmatisme du plus républicain des vendéens…

Mais l’affaire n’est pas terminée. la suite dans un prochain article…

J-P Poignant

Merci à Bernadette et Rémy pour l’abondante documentation qu’ils ont mis à ma disposition.

Pour cet article, je me suis documenté :

Bilan de la catastrophe du 1er avril 2018

Pour mémoire, dans la matinée du dimanche 1er avril, le linteau intérieur en bois d’une gerbière  située au dessus du porche d’entrée du château  a cédé.

Une des fermes en chêne prenait appui sur ce linteau. Cette ferme se trouvant ainsi déséquilibrée, la toiture s’est effondrée à l’intérieur du bâtiment, entraînant d’énormes dégâts et nécessitant une intervention  avec de gros moyens.

La toiture vue de l’intérieur du château
Les dégâts vus de l’intérieur.

Un formidable élan de solidarité s’est mis en place:

La première phase de déblaiement et de tri des gravats a débuté:

Christian, Gilles et Marc-André en plein effort.
Natou, Francis et Eric entament l’enlèvement des tuiles restantes

La ferme en chêne qui était à terre était impossible à remettre en place, il fallait  une grue avec une flèche d’au moins 30 mètres.

Prochaine étape : remise en place de la ferme avec un camion grue.

En attendant de trouver une grue, des poutrelles de chêne ont du être mises en place pour soutenir la ferme sur son nouvel emplacement

Natou assure les niveaux des attaches des madriers porteurs
Les madriers sont montés par Thierry au volant de son télescopique
Les madriers de renfort sont en place

Nous avons eu un mécénat d’entreprise avec la société CMI de Louin qui a mis à notre disposition sa grue et son chauffeur

Gilles assure la liaison avec Reynald.
La grue télescopique vu de la cour haute
A l’intérieur , les bénévoles fixent la ferme sur son nouvel emplacement, ainsi que les premiers éléments de charpente.
La nouvelle charpente est mise en place à l’aide de pièces de l’ancienne charpente et de nouvelles pièces financées par l’A.C.P
Les arases des murs sont faites ainsi que les parties de maçonnerie tombées.

Pendant ce temps les membres de l’ACP sont à la recherche de tuiles qui permettront de refaire la toiture dans les mêmes tons que le prolongement du bâtiment.

Le bâtiment fin octobre :

Nous tenons à remercier l’ensemble des bénévoles, mécènes, donateurs qui ont permis la réalisation de ce chantier.

Le porche du 16éme siècle sera ainsi protégé des intempéries de l’hiver.

REMERCIEMENTS : 

Colette et Christian BOCHE, Nathalie et Francis  BODIN,  Marie-jo et Gilles BOISSONNEAU,  Christian ROY,  Marc André BISLEAU, la municipalité de Pugny, le gaëc de l’écluse, la société CMI de Louin, M et Mme GUILLOTEAU, David TELFER, M et Mme PIDOUX.