Un recours au conseil d’état du sieur PUICHAUD, propriétaire du château.

Dans  le Recueil des arrêts du Conseil d’État du 28 juillet 1899 on trouve page 548 dans la rubrique « cours d’eau non navigables » l’épilogue d’une requête de M PUICHAUD, alors propriétaire du château et des terres en dépendant.

En 1896, le sieur PUICHAUD  est assujetti aux taxes pour le recouvrement des frais des travaux de curage de la rivière l’Ouine, exécutés dans les communes de Largeasse et de Pugny.

L’Ouine séparant les communes de Pugny et Largeasse

Le recours de M PUICHAUD portait contre un arrêté du 5 mars 1897 par lequel le conseil de la préfecture des Deux-Sèvres a rejeté sa demande en décharge des dites taxes.

La réponse du conseil d’état est la suivante :

«  » » – Vu les lois des 12-20 août 1790 et 14 floréal an XI.

1- En ce qui concerne la légalité des arrêtés préfectoraux, en date du 27 septembre 1892, en exécution desquels ont été établies les taxes contestées:

Considérant que, si en l’absence de règlements anciens  et d’usages locaux, il n’appartient pas aux préfets de réglementer à titre permanent le curage des cours d’eau non navigables, ni flottables, ils peuvent néanmoins, en vertu des pouvoirs qui leur sont conférés par les lois des 12-20 août 1790 et 14 floréal an XI, prescrire par un arrêté spécial et temporaire le curage de ces cours d’eau toutes les fois qu’ils le jugent nécessaire, que c’est dans la limite de ses pouvoirs que les arrêtés dont s’agit ont été pris par le préfet du département des Deux-Sèvres, à l’effet de faire procéder du 1 er au 25 octobre 1892 au curage de la rivière de l’Ouine.

2- En ce qui concerne de 50 francs 50 ct afférente aux travaux exécutés au droit des parcelles 250 et 337 et des parcelles 33 et 34  (section C ) du plan cadastral de la commune de Largeasse;

Considérant  que l’arrêté du préfet ordonnait le curage à vieux fond et à vieux bords de la rivière l’Ouine  et qu’il résulte de l’instruction que les travaux exécutés au droit des parcelles dont s’agit n’ont eu pour but que de rétablir dans leur largeur et dans leur profondeur naturelles deux parties de ladite rivière, dont le sieur PUICHAUD avait opéré le redressement en donnant au lit nouveau une largeur moindre que celle de l’ancien, que dans ces circonstances, le requérant n’est pas fondé à se plaindre que les frais de ces travaux aient été mis à sa charge.

3- En ce qui concerne la taxe de 86 fr 50 afférente aux travaux exécutés au droit des parcelles N° 341, 362, 364 (section D) du plan cadastrale de la commune de Largeasse: – considérant qu’il résulte de l’instruction notamment du procès-verbal de récolement qui a été dressé les 17 septembre, 8,9,10 et 11 octobre 1894, que le sieur PUICHAUD n’avait pas exécuté au droit desdites parcelles le curage de l’Ouine dans le délai qui lui était imparti et n’avait fait procéder qu’à des opérations de faucardement au droit de la parcelle N° 341, que, si le sieur PUICHAUD contredit les énonciations du procès-verbal de récolement, il n’apporte à l’appui de ses allégations aucun commencement de preuve, et qu’en admettant qu’il n’ait pas été informé de l’époque des opérations du récolement, qui, cependant, ainsi qu’il résulte de la présence à ces opérations de divers propriétaires riverains ou de leurs représentants, ont reçu une certaine publicité, il n’est pas fondé à se prévaloir de cette circonstance pour contester l’exactitude de constatation auxquelles aucune disposition de loi ni de règlement ne prescrit de donner un caractère contradictoire, que, dès lors, c’est avec raison que sa demande en décharge des frais des travaux effectués au droit des parcelles dont s’agit a été rejeté par le conseil de préfecture.

4- En ce qui concerne la taxe de 141 fr 90 afférente aux travaux exécutés au droit des parcelles N° 41, 58, 59 et 82 (section E) du plan cadastral de la commune de Largeasse : Considérant qu’il résulte de l’instruction, notamment du plan des lieux, que le fossé ou canal bordant les parcelles dont s’agit n’est pas un simple fossé de clôture, servant uniquement à l’écoulement des eaux pluviales, mais un débouché auxiliaire de la rivière de l’Ouine, qu’ainsi il constitue une dépendance de ce cours d’eau et que c’est régulièrement que les travaux de curage nécessaires pour le rétablir dans sa largeur naturelle ont été exécutés; que, d’autre part, ces travaux ont été effectués dans les conditions prévus par l’arrêté préfectoral susmentionné; qu’il n’a notamment pas été abattu d’autres arbres que ceux qui pouvaient constituer un obstacle au libre écoulement des eaux et dont l’article 3 de l’arrêté préfectoral prescrivait l’enlèvement; que dès lors, le sieur PUICHAUD n’est pas fondé à demander décharge de la taxe afférente à ces travaux … (Rejet)

LAVAUD, viticulteur à PUGNY, une personnalité locale ?

En parcourant les journaux du début du 20 ème siècle, il n’est pas rare de tomber sur des articles concernant un certain LAVAUD viticulteur à PUGNY.

Ce dénommé LAVAUD vend des plants de vignes, ou est intermédiaire dans la vente d’une propriété de cent hectares en 1903.

Il est le rédacteur d’un article sur les campagnols dans le Poitou dans La Gazette du village : journal républicain, politique et agricole du 03 janvier 1904.

En 1907 il propose à la vente : des solanum commersonii      , des héliantis  , ou encore des carottes noires du Maroc.

En 1908 il reçoit le mérite agricole. 

Enfin on le retrouve en 1911 vendant des asperges.

Rien ne nous permet de dire que ces articles ne s’appliquent pas à plusieurs membres d’une même famille, mais il demeure que dans les divers recensements de Pugny, on ne trouve aucun Lavaud !! ni même dans les recensements des communes alentours.

Il s’avère qu’il s’agissait au travers des articles d’une famille de commerçants agricoles dont l’activité professionnelle se trouvait à PUGNY.

Quelqu’un a t il des informations sur cette famille LAVAUD de Pugny ?

merci de nous apporter vos lumières sur notre adresse mail:

fbchateau.pugny@orange.fr

 

 

La Gazette du village : journal républicain, politique et agricole du 04 janvier 1903

La Gazette du village : journal républicain, politique et agricole du 03 janvier 1904

La Gazette du village : journal républicain, politique et agricole du 06 janvier 1907

 

l’agriculture nouvelle du 5 septembre 1908
rubrique du mérite agricole
Lavaud, à Pugny

 

Une de l’intransigeant du 02 mai 1911
l’intransigeant 02 mai 1911

 

l’intransigeant 12 mai 1911

 

vente d’asperges

1792-1794 : Pugny brûle-t-il?

Pugny brûle-t-il ? (1792-1794)

Photo www.expertise-sinistre.fr

Si l’insurrection de 1792 était le prélude des guerres de Vendée qui ont débuté en mars 1793, pour Pugny, l’incendie de son château était également le premier d’une longue série.  Le bourg et la plupart des villages ont été détruits par les exactions des armées républicaines sur une période qui semble avoir duré plus de deux ans.

Nous exploitons ici des documents accessibles aux archives départementales de Niort sous la référence 1 M 600 et 606 que notre ami Raymond Deborde a bien voulu nous faire parvenir. Il s’agit des demandes d’indemnisation de propriétaires de Pugny pour  faire face aux frais de reconstruction de leurs propriétés détruites pendant les guerres de Vendée.

Chronologie des destructions :

Août 1792 : Pugny a la particularité d’avoir subi une des toutes premières destructions des guerres de Vendée par l’incendie de son château lors de l’insurrection  de Moncoutant -Châtillon – Bressuire le 24 ou le 25 août 1792 par les troupes de la garde nationale de Pouzauges, La Chataigneraie et Fontenay le Comte  commandées par le maire de Pouzauges Josse.

Octobre 1793 : Sur le registre des reconstructions de 1811, il est mentionné qu’un ensemble de  bâtiments dont Pierre Louis Puichaud Girard est propriétaire, « ayant été incendiés dans le courant d’octobre 1793 par un détachement commandé par le général Desmars, commandant d’armée qui était alors à Bressuire pour marcher sur Châtillon ».  Il s’agit de  la maison du « colon », de ses toits aux bestiaux et du « grand grenier », ensemble qui semble correspondre aux différentes ailes du château, ainsi que les maisons du gardien de la Rue, et de la Morinière.

Extrait du courrier d’indemnisation Puichaud Girard mentionnant octobre 1793

C’est donc lors de l’attaque concentrique des armées républicaines contre l’armée vendéenne qui a abouti à la grande bataille de Cholet le 17 octobre 1793 que les dépendances du château de Pugny et des métairies environnantes ont été incendiées.

Le détachement républicain est bien identifié car il s’agit de celui de l’Adjudant Général Desmares (ou Desmarres). A cette période des unités républicaines provenant de La Chataigneraie et Parthenay ont ravagé le sud du bocage Bressuirais pour faire fuir les troupes vendéennes et la population vers Châtillon (Mauléon) et Cholet. Lors de ce mouvement de troupes, les châteaux de la Forêt sur Sèvre, ainsi que ceux de la Fenestre et d’Etrie à Chanteloup ont été incendiés. Toujours dans cette commune, le château de Lavau-Richer a vu son mobilier pillé.

L’Adjudant Général Desmares a commandé les troupes républicaines basées à Bressuire après la bataille de Cholet. Il fut battu par une bande vendéenne à Jallais (49) le 7 décembre 1793. De ce combat est né le mythe de l’enfant soldat  républicain Joseph Bara. Après cette défaite Desmares fut démis de ces fonctions, jugé pour trahison et guillotiné à Angers le 31 janvier 1794.

La mort de Joseph Bara (Tableau de J-J Weerts 1880) Photo Wikipédia Il est possible que le jeune héros républicain ait en fait été un des incendiaires de Pugny

 

Avril 1794 : La demande d’indemnisation de 1811 de René Fradin qui a sa maison dans le bourg de Pugny précise que l’ensemble de ses bâtiments a été « en totalité incendié en le courant du mois d’avril 1794 ». 

Extrait de la demande d’indemnisation de René Fradin

Le bocage bressuirais a été ravagé à partir de janvier 1794 par les colonnes infernales mises en place par le général en chef Turreau. Aucun des documents en notre possession ne mentionne de destructions à Pugny par ces unités. En revanche, il est certain que les premiers mois de 1794 sont marqués dans le nord Deux-Sèvres par la reprise des combats avec les retours d’outre Loire de La Rochejaquelein, de Stofflet et de Marigny. Les paysans soldats vendéens de Pugny y ont activement  participé. Le 18 avril 1794, jour du vendredi saint, une colonne républicaine a été mise en pièce par les hommes de Marigny à Boismé. On peut imaginer que des représailles ont été effectuées par les républicains d’où ces nouvelles destructions.

Octobre 1794 : la demande d’indemnisation de 1811 de Pierre Thibaudeau qui a lui aussi sa maison dans le bourg de Pugny précise que son bâtiment a été incendié « au cours d’octobre 1794 ».

Nous savons par un acte de baptême du 1er octobre 1794 de la paroisse de Mauléon établi par un prêtre réfractaire  que des habitants de Pugny s’y étaient réfugiés « à cause de la proximité de l’ennemi ». 

Extrait de baptême Mauléon 1er octobre 1794. (AD 79 BMS 1794-An X vue 2/85)

Au cours de l’été 1794, dans le cadre d’une stratégie d’encerclement des zones impossibles à contrôler, l’état major républicain a fait construire au sud de Largeasse un camp retranché où campent plusieurs centaines de soldats.

La correspondance de l’armée de l’ouest avec le comité de salut public nous précise que le 20 octobre 1794, lors d’une sortie, la garnison du camp de Largeasse a essuyé une fusillade d’une heure avec 500 brigands, 40 ont été tués contre 7 morts côté républicain.

Extrait Combat de Largeasse du 20 octobre 1794. (AD 85 Archives militaires de la guerre de Vendée conservées au Service historique de la Défense (Vincennes) SHD B 5/10-73, vue 8/14)

On ignore le lieu exact de ce combat. mais c’est probablement dans ce contexte que le bourg de Pugny a été incendié une nouvelle fois.

A notre connaissance,  il s’agit des dernières destructions d’une commune martyre qui en deux ans a perdu du fait de la guerre presque la moitié de sa population et dont bien peu de constructions sont demeurées intactes.

J-P Poignant

Grille en forme de sacré coeur vendéen du tabernacle de l’église de Pugny détruite elle aussi en 1793 ou 1794.

Merci à Raymond Deborde qui m’a fait parvenir les documents d’indemnisation, à Michel Chatry, Richard Lueil et Pascal Paineau dont les informations m’ont permis de rédiger cet article. J’ai notamment utilisé les éléments de Richard sur le choc de Largeasse publiés sur son blog « Chemins secrets » en juin 2017. http://chemins-secrets.eklablog.com/le-choc-de-largeasse-a130382128

 

Inventaire historique des lieux dits de Pugny

Petite histoire des lieux-dits de Pugny

Carte de la commune située dans le bourg avec les lieux dits actuels

Le dictionnaire topographique des Deux-Sèvres rédigé par Belisaire Ledain paru en 1902

En 1990 l’ UPCP Geste paysanne a renouvelé l’édition. C’est un répertoire des noms de villes ,villages, hameaux et lieux-dits des Deux-Sèvres.

Parmi les 357 pages de l’ouvrage on trouve quelques informations concernant les lieux-dits de Pugny, en particulier l’évolution des noms et les dates les plus anciennement connues.

Nom actuel                             nom ancien                                         date

La Baraudière………………….La Barrondière………………………1435

Le Bois-Chanteloup ………………………………………………………….1379

La Chagnaie.…………………….La Chagnaye…………………………………..

La Coulaisière………………….La Coloysière………………………..1402

…………………………………………….La Couloizière …………………….1439

……………………………………………Les Coulaizières…………………………….

(fin 1800 début 1900 le village de la coulaisière comptait 75 habitants, ref:  Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies. 2, C-D / publié sous la direction de Paul Joanne, Editeurs Hachette (Paris), Date d’édition : 1890-1905.

Courberive  ……………………..Corberive ……………………………..1402

……………………………………………Courbrive………………………………………..

La Gaudinerie ………………..La Godinière……………………………………

Le Gâts …………………………….Le Gast……………………………………………..

La Maupetitière……………La Maupetitère…………………………1433

Montifault……………………..Montifau…………………………………………….

La Poterie ……………………… Four à pots…………………………………………

La Rue……………………………La Ruhe  ……………………………………..1435

Le Prieuré fait l’objet d’une notice plus complète :

« Le Prieuré de Pugny qui dépendait de l’abbaye de Nouaillé Maupertuis depuis l’origine et qui était une annexe de la paroisse du Breuil Bernard fut érigé en paroisse par décret de l’évêque de Poitiers du 28 août 1776 »

 

Dans son livre «  Pugny en Poitou »  Etienne Mulon cite page 26 : «Le Parquet» où siégeait le procureur, actuellement « Le Logis ».

 

Au fil du temps certaines maisons ont disparu dont celle de « La Garenne » (voir cadastre napoléonien) ; d’autres ont été construites : « Le chant des Sources », et  plus récemment une petite nouvelle dans le Vallon .

la garenne