Le château à travers les esquisses et dessins d’A. BOUNEAULT (4ème partie)

Nous poursuivons notre étude des objets en provenance du château à travers les dessins d’A. BOUNEAULT

Cette partie répertorie les objets en cuivre.

Page 113 du répertoire ref 1357:  Château, plaque de cuivre ayant servi d’écumoire, avec inscription datée et blason gravé du colonel marquis de Mauroy,  XVIII° s.

écumoire

Page 63 du répertoire ref 813 : Coll. PUICHAUD, blason gravé sur cuivre des Mauroy en champagne (?), provenant du château de Pugny

verso

LES OBJETS RELIGIEUX EN PROVENANCE DU CHÂTEAU (PART 3)

Après l’étude du plateau avec ses burettes  et du calice , nous terminons cette rubrique consacrée aux objets religieux en provenance du château avec le ciboire.

Ciboire

Cet objet a également été présenté lors de

 l’Exposition de l’Art Sacré en Deux – Sèvres ,en 1999 Année du Patrimoine.

Il figure dans le catalogue  édité par les Musées de Niort et le Conseil Général des D-S :  Orfèvreries religieuses du XVI – XVIIIe siècle Tome 1.

Cette  pièce d’orfèvrerie a été fabriquée à Paris au XVII ème siècle (1665-1666) par un maître orfèvre anonyme.

Elle est en argent repoussé, ciselé, doré, cuivre repoussé, gravé, soudé et doré.

Les dimensions de ce ciboire sont :

– H : 25 cm – diamètre du pied: 13,5 cm – diamètre de la coupe: 13,5 cm

Poinçons : 

Les poinçons sont difficilement lisibles

1/ Maître orfèvre : sous le pied, sous le couvercle, la coupe FB (?) avec 2 grains de remède au dessus de part et d’autre d’une fleur de lis montée sur un piétement et surmontée d’une petite couronne ouverte, maître parisien non identifié.

2/ Poinçon de jurande de paris :  V couronné avec les branches barrées pour la période  15 juin 1665 au 21 juin 1666.

Bien qu’appartenant à un modèle largement répandu au XVII ème siècle, le ciboire, rare à cette époque dans nos régions, présente ici un intérêt exceptionnel en raison du décor très particulier et fort soigné dont il a fait l’objet. En effet, si le pied à larges feuilles nervurées de perles présente aussi une moulure classique d’oves , les deux collerettes à godrons remplacent les habituelles bagues de perles. Le nœud en poire renversée, largement évasé, s’orne de trois têtes d’angelots en décors d’applique et en très fort relief alternant avec des chutes de fruits.

Le couvercle assez aplati présente, à son sommet, un mamelon où alternent feuilles nervurées amaties et cabochons ovales brunis, le tout sommet d’une croix vissant par une douille filetée, avec collerette à godrons plantée d’une croix;

Tout ce décor serait classique si l’ensemble du vase, pied, coupe et couvercle, n’avait été enrichi d’une très délicate décoration, en applique, de motifs symétriques végétaux découpés, volutes, fleurons et galons, en cuivre rouge, entièrement rehaussé de gravure et doré.

Ce procédé de décoration utilisé aussi systématiquement, vise le même effet  que les guipures, broderies  ou applications de dentelles de la même époque. il se remarque aussi, sur les deux autres pièces ayant fait partie du même ensemble à l’origine (Calice , patène, ciboire) et désormais partagé entre deux églises de paroisses voisines. Leur  contemporanéité est attestée par la présence du même poinçon de maître-orfèvre avec un décalage d »un an seulement entre la fabrication du ciboire (lettre V pour Paris 15 juin 1665 au 21 juin 1666) et celle du calice (lettre X pour 1666 – 1667). Par ailleurs calice et ciboire portent, comme le plateau qui les accompagne avec ses burettes, les mêmes armoiries d’alliance. Celles-ci sont finement gravées sur une réserve du fond argent du pied du calice le reste du vase étant totalement doré.

Il reste à savoir comment ce décor exceptionnel a pu être fixé sur les 2 vases et la patène du calice.

Aucune soudure par apport de métal n’est visible et ce procédé est à exclure compte tenu du travail énorme et pratiquement irréalisable qu’il aurait nécessité pour apporter le matériau de soudure tout au long des motifs découpés. Le rivetage n’aurait pas mieux convenu. En fait, un examen très poussé permet de constater que cette décoration est exécutée en une seule pièce découpée dans le cuivre, ce qui constitue déjà une véritable prouesse mais permet d’assurer avec succès l’opération suivante la mise en forme sur le vase. Cette dernière consiste à faire épouser parfaitement à l’ensemble des motifs, solidaires, le galbe du vase par simple pression et léger martelage. Il reste alors à fixer définitivement ce décor sur le support d’argent. La seule hypothèse qui, à nos yeux du moins, puisse expliquer la perfection de l’adhérence de l’un sur l’autre, et en tous points, serait la suivante : c’est par la couche de dorure finale que s’opère la soudure en chauffant la pièce à orner par dessous ce qui suffit à fixer du même coup, par la fusion de la très faible couche d’or, les motifs de cuivre conducteur de la chaleur. Cette opération ne présente aucune complication particulière puisqu’elle exploite tout simplement le procédé courant de la dorure au mercure. Celui-ci consiste précisément dans le fait de frotter l’ensemble des surfaces à dorer avec des boulettes d’amalgame d’or et de mercure et de fixer l’or sur le métal support en chauffant. Il semble donc que ce procédé permette aussi de souder uniformément un décor d’applique.

Ce type de vase correspond à un modèle largement répandu dans l’orfèvrerie française du XVII ème siècle jusque dans la première moitié du siècle suivant. Son décor unique lui donne ici un intérêt particulier.

Les armoiries d’alliance sont pour l’une : parti en un De Sainte Maure et en deux de Chateaubriand et pour l’autre partie en un d’Angennes et en deux de Vivonne. Elles sont figurées sur un manteau de pair de France, sommées d’une couronne ducale et entourées des colliers des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit.

Pied du ciboire et ses Armoiries

 

Les travaux de l’A.C.P : nettoyage de la tour Sud

Cet été les membres de l’ A.C.P ont décidé de nettoyer l’intérieur de la tour sud qui se situe à gauche à l’entrée du château. Cette partie de batiment devrait être ouverte pour les prochaines Journées du Patrimoine. La première partie du chantier consiste à nettoyer l’intérieur de la salle ronde situé au niveau -1 de la tour

Francis est le maître d’œuvre de ce chantier.

Avec l’aide de Christian B, de Gilles B, Franck et Eric, Francis  tente de découvrir la destination originelle de cette salle.

Cette salle circulaire se situe au premier niveau de cave par rapport au niveau actuel de la route

Emplacement salle basse

On y accède à  l’intérieur du château par une petite porte cintrée

Entrée de la salle ronde

Actuellement les marches sont recouvertes de terre, due au remblai accumulé à l’extérieur (le niveau a été rehaussé de plus d’un mètre cinquante pour l’exploitation du premier niveau de la tour en étable).

Un premier nettoyage a été fait au printemps pour enlever les bâches plastiques et bouteilles de verres qui recouvraient le sol.

Les murs sont faits en schiste roux et jointés en terre. Le dôme a très certainement été jointé à la chaux durant la dernière exploitation agricole.

Cette salle, partie intégrante de l’ancienne tour sud, date de la fondation du château originel (fin 1400). Elle se trouvait intégrée à la muraille de défense. Son utilisation initiale n’est pas encore connue.

Selon les informations recueillies auprès des anciens habitants du site, elle aurait toujours été appelée « la prison », mais à ce jour nous n’avons que ces témoignages oraux pour conforter cette hypothèse. Plus concrètement, cette salle a servi au 20 ème siècle de poulailler ou de fosse à purin. La présence de latrines deux niveaux plus haut amène également l’hypothèse que cette salle ait pu être la fosse de récupération. Nous n’avons pas découvert en l’état de sortie de latrines dans la salle.

Samedi dernier, le chantier a débuté par l’enlèvement de la couche de terre intérieure afin de trouver le niveau réel du sol et dégager les marches pour accéder à la salle.

Le sol est recouvert d’un amalgame d’environ 60 cm composé de sable, de chaux et de glaise. Cette matière provient du remblai extérieur que les pluies ont charrié au cours des dernières décennies.

Vue de l’entrée depuis l’intérieur
Le dégagement des marches
Dégagement du remblai .
A l’extérieur, Gilles et Christian évacuent le remblai
Vue du chantier en fin de matinée

 

Le dégagement total du remblai nécessitera encore deux ou 3 matinées de travail. Les  bénévoles désireux de participer à ce chantier peuvent se faire connaitre auprès de Francis : fbchateau.pugny@orange.fr

PIERRE SAVIN, SOLDAT DE LA GRANDE ARMÉE DE NAPOLÉON MORT À 20 ANS

Fusiliers de l’infanterie impériale française vers 1810

Sur les  registres d’état civil  de la commune de Trayes en date du 15 février 1812, on relève l’enregistrement du décès le 8 décembre 1811 de Pierre SAVIN, à l’âge  de 20 ans. Ce jeune soldat est décédé à l’hôpital militaire de Hambourg, en Allemagne du nord, à 1300 km de son foyer.

Extrait du décès de Pierre Savin AD 79 Trayes 1812

Ce Pierre SAVIN était :

  • le fils de François SAVIN (1744-1820) domestique,  et  de Perrine CHAIGNEAU (1752-1812), de Trayes
  • le petit-fils de Pierre SAVIN (1726-1781) et de Marie CHARRIER (1723-1783), de Largeasse
  • le neveu de Pierre SAVIN (1766-1841), combattant vendéen, et de Marie-Louise POIGNANT (1768-1836) de Pugny

On trouve son signalement sur  le « Registre des matricules de l’armée napoléonienne »  (garde impériale et infanterie de ligne) pour la période 1802-1815 » (source internet).

Fiche militaire de Pierre Savin

Ce conscrit, simple domestique,  a été recruté à Moncoutant, par le tirage au sort du n°20. Il était brun,  plutôt grand pour l’époque : 1m 70. Il a été affecté au 17ème régiment d’infanterie de ligne, 1erbataillon, 2ème compagnie.

Lui qui était né en 1791 dans une famille ensuite très impliquée dans les guerres de Vendée n’avait pas eu d’autre choix que de servir dans l’armée impériale de Napoléon. Les tirages au sort des conscrits dans le bocage étaient alors très encadrés par la gendarmerie, suite à des troubles à Courlay en 1806. Les réfractaires étaient alors inlassablement pourchassés et leur famille condamnées à de lourdes amendes.

Incorporé le 7 juin 1811, Pierre Savin  est mort le 8 décembre d’une forte fièvre à l’hôpital d’Hambourg. Le document ne précise pas si elle est la conséquence d’une blessure ou d’une maladie.

Pourquoi  Hambourg ?

Cette importante ville libre portuaire de la Hanse a été occupée par les français en 1806 au moment de la défaite des prussiens face à Napoléon. Comme elle avait des relations commerciales historiques avec l’Angleterre, l’arrivée des français a entrainé une vive hostilité de la population.  C’est pour mieux contrôler ce territoire que Napoléon l’a transformé le 1er janvier 1811 en département français à part entière, celui des «  Bouches de l’Elbe ». Napoléon estimait pouvoir construire à Hambourg plus de vingt-cinq bateaux de guerre par an, objectif jamais atteint.

Carte de l’empire français en 1811. http://www.napoleon-empire.net

A cette période l’empire français comptait 130 départements et comprenait l’Allemagne du nord et de l’ouest, la Belgique et les Pays-Bas, la Catalogne et une partie de l’Italie jusqu’à Rome. Le département des Bouches de l’Elbe, le plus au nord de l’empire, a existé jusqu’à la défaite de Napoléon et son abdication le 6 avril 1814. Les troupes françaises ont dû  affronter à Hambourg une révolte en mars 1813 et ensuite un siège de 6 mois des armées prussiennes, russes et suédoises à partir de décembre, pour finir par être évacuées en mai 1814.

Donc, si le régiment de Pierre Savin a été envoyé à Hambourg  en 1811, ce n’est pas pour y faire la guerre (on était alors en paix) mais pour maintenir l’ordre dans une région hostile à l’invasion française.  Il est à noter que le 17ème régiment d’infanterie à ensuite participé à la campagne de Russie en 1812, et que ses survivants ont combattu en Allemagne en 1813. Des compagnons de régiment de Pierre Savin, il en est donc bien peu qui ont survécu et sont revenus dans leur foyer.

Le résumé de la vie de Pierre Savin, c’est sa petite enfance dans un bocage dévasté par la guerre civile et les exactions des armées républicaines ; le retour à la paix et la reconstruction ; l’adolescence vécue dans un bocage surveillé par les gendarmes qui pourchassent les jeunes réfractaires à l’armée et les prêtres dissidents ; un tirage au sort malheureux ; l’inquiétude et les larmes de sa famille ; l’incorporation et de longues marches épuisantes ; un grand dépaysement dans un pays occupé froid et inhospitalier ; sans doute bien des souffrances avant d’expirer dans un hospice militaire sordide…

L’information de son décès mettra plus de 2 mois à parvenir dans les Deux-Sèvres. A peine trois mois après l’annonce de la mort de son fils, sa mère décédera à Largeasse le 11 mai 1812.

Merci à Bernadette et Raymond pour leurs recherches qui ont permis de faire revivre le terrible destin de ce malheureux jeune homme.

Intervention de la grue télescopique.

Après plusieurs journées de préparation, l’intervention de la grue pour la remise en place de la ferme tombée lors de la catastrophe d’avril dernier a pu se faire le 31 mai .

Avec le soutien de plusieurs membres de l’ACP l’opération de mise en place , de fixation de la ferme et des gros éléments de charpente a été une réussite.

Cette intervention a été réalisée grâce au mécénat de la société CMI (CHAUDRONNERIE MAINTENANCE INDUSTRIELLE) sise Za les plantes, 79600 Louin que nous tenons à remercier vivement pour leur générosité.

Nous transmettons également tous nos remerciements aux employés de la CMI : Dominique  pour la réalisation du projet et à Reynald qui a effectué l’intervention de levage.

Arrivée de la grue de la CMI sur site
Reynald commençant la manœuvre.
Gilles assure la liaison avec Reynald.
Déploiement de la flèche télescopique
Christian, Reynald et Gilles lors du positionnement de la ferme sur son nouvel emplacement.
Positionnement des pannes.
Préparation de la pose de la poutre faîtière.
David et Eric posent la poutre faîtière
La grue télescopique vu de la cour haute
La grue quitte le château

Un grand merci aux bénévoles de l’ACP: Christian R, Christian B, David T, Gilles B, Natou B

Une vue des principaux métiers des pugnaciens en 1906

Christian nous propose de nous arrêter un instant sur le recensement de 1906 à PUGNY, Il en a dégagé les principales professions exercées par les habitants de l’époque.

Lors du recensement de 1906 de la commune de Pugny, on dénombrait 106 ménages soit 413 habitants répartis dans 100 maisons,
Auguste Bilheu en était le maire.
La population était constituée de 87 artisans, commerçants, cultivateurs, curé, enseignants (voir listing ci-dessous, individus mentionnés en tant que patron)
mais aussi d’une majorité (92) d’ouvrières, ouvriers et domestiques agricoles travaillant chez les artisans ou chez les cultivateurs de la commune ou des communes voisines.

D’après le recensement de 1906 (Archives Départementales 79) de Pugny