Les objets religieux en provenance du château (Part 1)

En décembre dernier, nous avions publié un article sur les objets religieux en provenance du château  , retrouvés à partir des dessins d’ A. BOUNEAULT.

Grâce aux recherches effectuées par notre ami Remy BILLAUD nous sommes en mesure d’apporter plus de précisions sur ces magnifiques objets:

En effet ces objets ont été présentés lors de

 l’Exposition de l’Art Sacré en Deux – Sèvres ,en 1999 Année du Patrimoine.

Ils figurent dans le catalogue  édité par les Musées de Niort et le Conseil Général des D-S :  Orfèvreries religieuses du XVIe – XVIIIe siècle Tome 1.

  Revenons tout d’abord sur le plateau et ses deux burettes.

Burettes sur leur plateau provenant de la chapelle du château de Pugny

Ces  pièces d’orfèvrerie ont été fabriquées à Paris au XVII ème siècle (1665-1670) par un maitre orfèvre aux initiales  « CD ».

Elles sont en argent martelé repoussé, ciselé, estampé et doré.

Les dimensions de ces objets sont :

– pour le plateau : L : 29,2 cm – l: 21,5 cm – H : 1,8 cm

-Pour les burettes : H : 12,5 cm – diamètre du pied 5,1 cm

Comme nous pouvons le voir sur la photographie ci-dessus sur le plateau sont gravées les armoiries composées de deux écus. Le premier concerne les familles de Sainte Maure, duc de Montausier et de Châteaubriant, le second concerne les familles d’Angennes, marquis de Rambouillet et de Vivonne.

Bien que protestant à l’origine Charles de Sainte-Maure, Baron de Salles puis Marquis de Montausier, seigneur de Pugny et de Châteauneuf en Largeasse, Maréchal au régiment du camp d’Angoumois, gouverneur des provinces de Saintonge et Angoumois, se convertit au catholicisme en 1645 afin de pouvoir épouser Lucie, Julie d’Angennes.

Charles de Sainte-Maure est Pair de France, responsable de l’éducation du grand dauphin, il jouit à ce titre d’une belle fortune et ces objets iront embellir la chapelle de son château de PUGNY.

Ils rejoindront par la suite l’église du Breuil-Bernard et sont aujourd’hui parmi les collections du musée  Agesci de Niort

 

«  » » Sur les objets :

Le plateau ovalaire correspond à un modèle connu au XVII° siècle. Il s’orne sur le pourtour d’une bande de feuilles triples, repoussées, ciselées et découpées à l’extérieur, présentant une ove au centre. La liaison entre ce motif et le marli est marqué par une moulure d’oves et rais de cœur estampée et soudée. La dépression centrale porte dans la réserve argent et dans un cercle, les armes d’alliance finement gravées par les mêmes mains et déjà décrites sur les autres pièces de cet ensemble.

Les deux burettes, identiques, ont la forme réduite des aiguières à l’antique: corps ovoïde sur piédouche à bordure ajourée de feuilles et col à bec très important, largement échancré. les couvercles à charnière ont disparu. Les anses rappellent un modèle répandu déjà sous la Renaissance avec leurs courbes en S, ornées de feuillages, perles et une tête de personnage terminant en fait la gaine de feuillage intérieure.

L’historique de cet ensemble porté sur la fiche de classement, mentionne que les deux burettes étaient présentes en 1889, mais que l’une d’entre-elles avait été perdue lors du classement en 1901. On ne sait pour quelle raison l’auteur de la note ajoute qu’une copie aurait ensuite été exécutée, car les deux burettes que nous avons trouvé en 1983 sont incontestablement du XVII° siècle dans leur dorure d’origine portant aussi les mêmes armoiries gravées par la même personne. Il faut en déduire que l’exemplaire manquant a dû être retrouvé à une date inconnue sans qu’il n’en ait été fait mention.

Leur identification par les poinçons:

Pour le plateau :

1/ maitre orfèvre: Sous le plateau, poinçon sous une couronne, elle même surmontant une fleur de lis, deux grains de remède, les initiales C et D de part et d’autre du différent qui semble être une lampe de  sanctuaire. Ce détail indiquerait la spécialité du maitre en orfèvrerie religieuse. Le rattachement à Paris nous semble d’autant plus logique que les pièces de l’ensemble ciboire calice patène auquel appartient le plateau avec ses burettes sont eux-même parisiens.

2/ traces d’un poinçon au même endroit laissant deviner une palmette pratiquement non identifiable.

Pour les burettes :

Aucun poinçon n’y est visible. En réalité le marquage avait dû être pratiqué sur les couvercles articulés qui ont été arrachés

 

Sources: catalogue  édité par les Musées de Niort et le Conseil Général des D-S :  Orfèvreries religieuses du XVIe – XVIIIe siècle Tome 1. 1999