Révolte de 1792 : lettre Marcollay à la garde nationale de Parthenay

Transcription de la page 10 de la liasse  AN F7 3690/1-6. Archives départementales de Vendée extraits des  Archives Nationales concernant les guerres de Vendée

Copie de la lettre du sieur Marcolay fils au sieur Biget commandant de la garde nationale de Parthenay en date du 21 de ce mois.

A la Chaberandière le 21 aout 1792.

Monsieur et cher ami,

Je m’empresse de vous donner avis que tous les aristocrates de ce pays vont dans toutes les maisons pour emmener tout le monde par force au château de Pugny, et mon papier vous prie en conséquence d’envoyer le plus tôt possible des forces pour s’opposer aux trames de ces gens. Je vous prie de m’excuser si je ne vous en dit pas d’avantage.

Je suis avec respect, Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur,

Ainé Marcolay (il s’agit sans doute d’une erreur de transcription pour Aimé Marcollay)

Nota : L’auteur de cette lettre est maintenant détenu au château de Pugny ayant été pris le jour d’hier avec son frère.

Pour copie conforme signé Bonnin

Extrait de la la lettre Marcollay

Le destinataire de cette lettre : Jacques Nicolas Biget (1729-1811)

Né et décédé à Parthenay. Issu d’une famille de commerçants et d’artisans identifiée à Parthenay dès le XVIème siècle.

Il fut reçu maître orfèvre à Parthenay en décembre 1756, et se maria à Marie Anne Bernard en l’église Saint-Laurent le 14 février 1757.

Juré garde en 1784, puis lieutenant de la milice bourgeoise en 1785-1789. Premier capitaine dans la compagnie des grenadiers de la garde nationale de Parthenay, il la commandait  en 1792, avant de démissionner en mars 1793.

Nommé juge de paix en 1795. En mai 1796, il déclare « qu’il est père de dix enfants dont six ont volé au secours de la patrie; qu’il les a habillés plusieurs fois à ses dépens ; qu’il a été pillé par les brigands qui l’ont forcé à quitter son domicile pendant plusieurs mois et que son revenu ne consiste qu’en une petite métairie de peu de valeur ».

L’auteur de la lettre : Louis Aimé Marcollay (1767-1847)

Né à La Chapelle Aux Lys (85), décédé à l’Absie

Issu par son père Pierre Jacques d’une famille de marchands et de marins rochelais. Sa mère, Marie Anne Vandé de Billière, était la fille du régisseur des biens de l’abbaye de l’Absie. Les parents de Louis Aimé ont acheté le domaine de la Chabirandière à Largeasse en 1788.

Officier de santé, chirurgien, Louis Aimé Marcollay s’est marié en 1800 à Largeasse à Henriette Pavin

Membre de la société de vaccine en l’an 13 (1805). Mentionné en 1811 pour avoir vacciné gratuitement.

Il fut maire de la Chapelle Seguin de 1805 à 1815.

Il existe trois autres frères Marcollay qui ont joué un rôle notable en cette période troublée. Nous ignorons lequel fut emmené par les insurgés avec Louis Aimé au château de Pugny :

Pierre Henry (1766-1846). En 1792, il était vicaire constitutionnel de Largeasse. Défroqué en 1793, il fut maire de Largeasse pendant plusieurs dizaines d’années.

Louis Marcollay (1769-1849) fut également officier de santé et chirurgien.

François (1772-1814). Gendarme. Notamment impliqué en 1808 lors d’une opération à Scillé contre des réfractaires à la conscription.

Il est également à noter que le curé constitutionnel de Largeasse en 1792 était Louis Vandé, oncle des frères Marcollay.

Le logis de la Chabirandière, demeure en 1792 de la famille marcollay                                            Photo du site www.culture.gouv.fr

Merci à M. Albéric Verdon, dont le blog gatine-parthenay.pagesperso-orange.fr m’a fourni des informations essentielles sur Jacques Nicolas Biget et Louis Aimé Marcollay.

Merci à Nadine Raffin et Raymond Deborde dont les blogs m’ont permis de compléter ces biographies en recoupant des informations

J-P. Poignant

Lettre Marcollay AD85

http://gatine-parthenay.pagesperso-orange.fr/personnes/b/biget.html

http://gatine-parthenay.pagesperso-orange.fr/personnes/m/marcollay.html

http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2016/03/26/33456284.html

https://arbredenosancetres.wordpress.com/2018/01/11/equipee-sauvage-dans-le-bocage/